Special K Nourish, ou le marketing nutritionnel puissance 15

Disclaimer: je ne suis pas nutritionniste et je ne suis aucunement qualifiée pour donner des conseils en nutrition. Ce que je sais, je l’ai appris par le biais de ma nutritionniste, en lisant des résultats de recherche et des articles sur la science de la nutrition, mais pas en l’étudiant moi-même dans un établissement qualifié. C’est juste mon opinion, chill.

Tout le monde mange. C’est littéralement requis pour rester en vie. Et les compagnies qui produisent de la bouffe l’ont bien compris.

Autre chose que tout le monde veut: perdre du poids et être en santé. Surtout les femmes. Et ça, Kellogg’s l’a bien compris.

Vous savez sur Facebook parfois des publicités apparaissent sur votre fil d’actualité? Récemment il y en a une de Special K qui m’a vraiment fait grincer des dents:

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Outre leur nouvelle campagne marketing fatigante #ownit, deux choses m’énervent dans ce qu’ils ont écrit. Premièrement, « des ingrédients réels » (nous allons y venir). Deuxièmement, « que vous pouvez vraiment manger ». News flash, Special K: je peux aussi manger des « ingrédients faux », peu importe ce que ça veut dire. Je ne vais pas en crever ni prendre dix livres si je consomme du colorant alimentaire jaune 5 sur un cupcake de l’épicerie. J’aime mieux miser sur la modération que sur le tout-ou-rien (et cela est pour un article prochain).

Real ingredients. Des vrais aliments. Vraiment? Je ne m’attarderai pas sur la définition de ce que ça pourrait être, parce que ce n’est pas vraiment clair. Dans un but de simplicité, disons que des aliments « réels », ce sont des aliments minimalement transformés. Par exemple, une pomme, c’est réel, et une tarte aux pommes, un peu moins.

Sur le site web de Kellogg’s on trouve la liste des ingrédients:

Blé entier, grappes de céréales granola (avoine entière, sucre, sirop de maïs, son d’avoine, riz, miel, amidon de maïs modifié, semoule de soya, mélasse, dextrine de blé, arôme naturel, farine de maïs, gomme d’acacia, sel, protéines de soya, fibres de bale d’avoine, sirop de canne à sucre séché, extrait de maïs et d’orge maltée, monoglycérides, colorant, farine de sésame, BHT, vitamines et minéraux [fer, niacinamide, oxyde de zinc, d-pantothénate de calcium, chlorhydrate de thiamine, chlorhydrate de pyridoxine, acide folique]), riz, sucre, pommes déshydratées (pommes, sulfites), amandes, farine de quinoa, farine de blé entier, framboises lyophilisées, farine de riz, dextrine de blé, son de blé, sirop de cassonade, sel, farine d’avoine entière, extrait de maïs et d’orge maltée, farine de maïs, amidon de maïs, arôme naturel, phosphate tricalcique, amidon de maïs modifié, purée de pommes concentrée, fraises, bleuets, carbonate de calcium, gomme de guar, acide citrique, vitamines et minéraux: fer, niacinamide, chlorhydrate de thiamine, d-pantothénate de calcium, chlorhydrate de pyridoxine, acide folique.

Une règle générale de ma nutritionniste est qu’un aliment sera considéré comme « transformé » à partir de cinq ingrédients. Comptant la liste ci-haut, il y en a 51. Et qu’on s’obstine à savoir si on compte « grappes de céréales granola » comme un ou 23 ingrédients, bon, il y en a quand même pas mal.

Pourtant, ça commence bien. Blé entier. Nutritionnellement parlant (et à mes goûts aussi), le blé entier est préférable au blé transformé. Plus de fibres, plus de nutriments, etc. Mais à partir du deuxième ingrédient ça se dégrade déjà. Grappes de céréales granola, dont le deuxième ingrédient est du sucre. Saviez-vous que les listes d’ingrédients sont en ordre de pourcentage du volume? Donc plus on avance dans la liste, moins il y en a. Du sucre en troisième ingrédient, ça fait beaucoup plus dessert que déjeuner à mon humble opinion.

Sirop de maïs: haute teneur en fructose. Et puis on rajoute du miel parce que pourquoi pas encore plus de sucre. Mélasse… sirop de canne à sucre séché… ça commence à sonner gâteau!

Avançons un peu plus dans la liste. Ah, tiens, encore du sucre. Enfin, les fruits arrivent! Suivis par du sirop de cassonade, pour la belle touche finale.

Bon. Tout ça, ça sonne vraiment critique. C’est certain que, si on compare cette liste-là avec d’autres types de céréales (par exemple, je ne sais pas, des Fruit Loops), Special K Nourish est la meilleure option. Mais voici l’autre option: pas de céréales pentoute!

Le matin, je mange du gruau. Pendant huit mois à peu près, du gruau chaud, et pendant les quatre mois plus chauds, du gruau froid. Oui, ça sonne dégueu, mais en fait, c’est plutôt bon. J’achète des flocons d’avoine de blé entier, et je cuisine tout ça avec ce que j’ai sous la main – habituellement, des fruits congelés, des graines de chia (calcium, acides gras oméga-3), du lait de soya, du beurre d’arachides ou d’autres noix, de la cannelle. Quand c’est prêt, j’ajoute des coeurs de chanvre (acides gras oméga-3 et oméga-6, protéines complètes) et parfois un peu de sirop d’érable. Yum.

Probablement que les céréales Special K Nourish goûtent bon. Mais, pour moi, à lire cette liste d’ingrédients, c’est un dessert, pas un petit-déjeuner. Quand je mangeais des céréales pour déjeuner, j’avais tout le temps faim pas longtemps après, j’avais de la misère à attendre jusqu’au dîner. Et manger une plus grosse portion ne règle pas le problème – la portion recommandée est de une tasse. Une petite tasse de céréales!  Pour 210 calories et 44 grammes de glucide – dont 10 grammes de sucre. Ouch… En décembre, j’ai fini ma dernière boîte et j’ai décidé de ne plus en racheter. Même si j’achetais ce qu’il y avait de « mieux » (des flocons d’avoine entière, super plates), il y avait quand même d’autres options qui goûtent aussi bon (sinon mieux), qui me nourrissent mieux et qui me donnent plus d’énergie.

Donc, ce qu’il y a à retenir de mon article, ce n’est pas que ces aliments-là sont mauvais. Ni que les aliments « réels », peu importe ce que ça veut dire, sont en tout temps supérieurs aux aliments « faux » ou transformés, comme ces céréales-là. Il faut juste utiliser une bonne balance. Oui, je mange du gruau pour déjeuner et je cuisine la majorité de mes plats à la maison avec une majorité d’ingrédients minimalement transformés, mais ça m’arrive encore de manger une pointe de tarte et de vraiment en profiter.

C’est vraiment difficile, en 2016, de savoir quoi faire pour « bien manger ». On se fait bombarder à tout bout de champ par des publicités comme celle de Kellogg’s, qui nous incite à croire qu’on va se sentir mieux, bien manger, et être plus badass si on mange leurs foutues céréales trop chères. Tout le monde mange des barres protéinées, des smoothies et des shakes, on achète les chips 50% moins de sel, du yogourt glacé à la place de la crème glacée et des petits sacs de biscuits à 100 calories par paquet en pensant que c’est là que réside la solution à nos problèmes de poids et de santé. Bah, non. Je ne suis pas nutritionniste, comme j’ai mentionné en début d’article, mais je connais les bases. Pourtant, ces bases-là sonnent trop simples aux oreilles de la majorité des gens, et ils préfèrent ce qui est compliqué. La prochaine diète miracle, le prochain régime en vogue, le prochain « super aliment » (je rajoute des graines de chia dans mon gruau pour leurs propriétés nutritionnelles, mais je suis bien consciente qu’elles ne vont pas me guérir potentiellement du cancer, me faire perdre du poids ou sauver le monde demain)…

Donc, quand vous êtes confrontés à une publicité tentante de ce genre-là, posez-vous des questions. Vérifiez les sources des études et des articles que vous lisez. Quand une étude « prouve » que les boissons gazeuses ne sont pas si pires que ça pour la santé, mais que Coca-Cola sponsorise l’étude en question, c’est douteux. Favorisez des aliments peu ou pas transformés, achetez dans le périmètre de l’épicerie (fruits et légumes, produits laitiers, viande) plus souvent que dans les allées. Allez-y graduellement, et n’associez pas d’étiquette « bon » ou « mauvais » aux aliments. Faites vos choix selon vos buts. Moi, j’ai choisi d’être en bonne santé, alors je me nourris en conséquence.

Par exemple, hier, je me suis fait un plat de pâtes. À la base, les pâtes, c’est un aliment transformé. Est-ce que ça veut dire que je vais les bannir? Non. Mais je les choisis, si possible, faites de blé entier. Honnêtement, celles que j’ai utilisé hier ne l’étaient même pas. C’est pas trop-trop populaire, le blé entier, dans mon petit village. Est-ce que j’allais me passer de mon plat de pâtes pour autant? Non. Mais j’ai ajouté des légumes frais sautés dans l’huile d’olive (champignons, oignon, poivrons vert et jaune), et j’ai fait un pesto à partir d’épinards frais, de tomates séchées au soleil et d’ail. J’ai rôti des pois chiches au four. Et c’était délicieux, ça m’a pris vingt minutes et j’ai eu des restants pour mon dîner aujourd’hui.

Alors, arrêtons de compliquer les choses et de tomber dans le piège des campagnes marketing trop bien pensées pour nos pauvres esprits confus de consommateurs qui n’ont pas le temps d’étudier la nutrition. Si vous voulez des céréales, mangez-en. Ce n’est pas moi qui vais vous en empêcher. Mais il faudrait que le monde arrête de se plaindre de prendre du poids et d’être en mauvaise forme si ils continuent à manger des foutus Special K Nourish tous les matins, avec un shake à poudre pour dîner et une lasagne congelée pour souper.

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Une réponse à Special K Nourish, ou le marketing nutritionnel puissance 15

  1. mikmik dit :

    Je ne vois pas trop l’interêt de cet article, si ce n’est de cracher encore et encore comme bon nombre d’autres articles du genre sur ces sujets. Ces céréales je les ai bien analysées aussi, et contrairement aux autres les qualités nutritionnelles ne sont pas négligeables si l’on observe les glucides et la teneur « dont sucre » qui y est présente ; bien moins élevée que toutes les autres céréales que j’ai pu tester jusqu’à aujourd’hui.
    Ensuite, tout le monde n’a pas le temps de se préparer un petit déjeuner « sain », acheter des graines de chia et tout le tralala bio et compagnie (qui d’ailleurs coutent une blinde).
    Alors oui, il y a du sucre, oui il y a 51 ingrédients et oui les pubs des marketings sont fatigantes (mais c’est ainsi et ça l’a toujours été, il faut bien vendre) mais de là à en faire tout un speech… Bref, ce n’est que mon avis aussi.

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