Le découragement écologique

Tout le monde est dont vert et éco, tout le monde recycle. Ma génération est dont conscientisée. On fait dont notre possible.

Oui et non, en fait. Collectivement, on est vraiment loin d’en faire assez. On tombe facilement dans le piège du découragement et de la déresponsabilisation. Ce n’est pas notre faute. C’est au gouvernement d’agir. Blâmons les grosses corporations. Ça ne changera rien, de toute manière. Il est trop tard.

Dans cette optique, arrêtons de faire des enfants et attendons de mourir.

Cette semaine j’ai lu Lettres à mes petits-enfants de David Suzuki. Mardi soir, après avoir lu une lettre particulièrement déprimante qui faisait état de tous les problèmes écologiques de la planète, je me suis sentie impuissante, démunie et extrêmement démoralisée. Hier soir, j’ai regardé la télé pendant deux heures. Pas très productif. Je suis allée me coucher en me sentant poche. Parce qu’au lieu de chercher ce que je pouvais faire, moi, j’ai regardé la télé pendant deux heures.

J’ai donc fait quelques recherches aujourd’hui. Je connaissais déjà le Global Footprint Network (j’en parle un peu plus loin), mais je suis retournée sur le site pour me rafraîchir la mémoire. Ensuite j’ai visité le site web de la Fondation David Suzuki: la section « Passez à l’action » est assez intéressante. J’ai décidé de réfléchir à ce que je faisais déjà et à ce que je pouvais faire. C’est certain que mon virage zéro déchet aide. Pratiquer les cinq R. Le minimalisme. Le transport en commun. Partager le mouvement le plus positivement possible. J’ai récemment décidé de me reconvertir au végétalisme (je suis pescétarienne depuis environ un an) pour des raisons d’éthique et d’écologisme.

Mais je tombe souvent et facilement dans le découragement. Dans le fond, qu’est-ce que ça change? Je me sens seule, malgré les commentaires positifs et les appuis de ma famille, mes amis et mes collègues. Quand on ne voit pas le résultat concret de ses actions individuelles, à part un tas de compost et un bac de recyclage moins plein, c’est difficile de conserver sa motivation.

C’est la raison pour laquelle je dois parfois me donner une petite claque en lisant des livres comme celui de David Suzuki, en regardant des documentaires, en réfléchissant à la question et à l’impact de notre société sur la Terre. Je n’exagère même pas en affirmant pleurer quand je pense aux images des coupes à blanc. Ça me fend le coeur, ça me traumatise. On devrait tous se sentir extrêmement responsables. Ensemble, on peut agir. Un tout est tellement plus important que la somme de ses parties. Un citoyen qui s’engage, c’est bien. Dix mille citoyens qui s’engagent, ça fait changer les choses en tabarnak.

Qu’est-ce qu’on peut faire? Voici quelques pistes de solutions proposées par le Earth Overshoot Day. Qu’est-ce que c’est? Cette date, calculée chaque année, représente la date à laquelle la demande humaine pour les ressources et services écologiques dans une année donnée excède ce que la Terre peut regénérer cette même année. En 2018, cette date est le 1er août. Donc, en sept mois, on utilise ce que la Terre peut regénérer en un an. Ouch, pas super efficient, l’Homme…

Les villes

Le transport personnel représente 14% de l’empreinte écologique de l’humanité. Sur le plan individuel, favoriser l’utilisation du transport en commun et les déplacements verts (la marche, le vélo, etc) sont d’excellentes initiatives. Sur le plan sociétal, le développement urbain joue un grand rôle. Regardez Neufchâtel, quartier super récent dans lequel j’habite: il est conçu pour favoriser l’utilisation de l’automobile. Le tracé des rues est inefficace (on doit en emprunter trois pour arriver à destination, par exemple), ça été pensé à la méthode tourbillon, où chaque ilot d’habitations est isolé des autres. Regardez Limoilou; ses rues en quadrilatère facilitent grandement les déplacements en transport en commun et à pied.

L’énergie

En gros: fuck le carbone. C’est prouvé (pas désolée, sceptiques du changement climatique), les émissions de gaz à effet de serre sont extrêmement nocifs pour la couche d’ozone et pour l’environnement. L’utilisation des énergies carbones contribuent pour 60% de l’empreinte écologique de l’humanité. Sur le plan individuel, il faut impérativement réduire notre utilisation de ces énergies (pétrole, charbon, tourbe et gaz naturel). Sur le plan sociétal, la demande, et donc l’offre, pour les produits de consommation qui utilisent des énergies vertes-renouvelables (par exemple, les véhicules électriques) doit augmenter; l’information concernant ces produits doit être facilement accessible; et les compagnies doivent constamment améliorer leur efficacité énergétique et diminuer leur impact environnemental.

La nourriture

Soit 26% de notre empreinte écologique. Ici, il y a des choix à faire, et de l’information à distribuer. La production de calories animales nécessite beaucoup plus de ressources que les calories végétales. Le gaspillage alimentaire contribue également au problème – un tier de la nourriture produite pour la consommation humaine sur Terre est gaspillé. Sur le plan individuel, favoriser un régime végétalien (heureusement de plus en plus accessible) ou du moins réduire sa consommation de produits du règne animal est un pas dans la bonne direction, comme l’achat local et le compostage. Sur le plan sociétal, les mentalités doivent changer et nous devons enrayer le gaspillage alimentaire du début à la fin de la chaîne de production en améliorant les processus en place.

La population

C’est un sujet délicat. Y a trop de monde sur la Terre. Personne ne veut se faire dire de faire moins d’enfants, et les gouvernements occidentaux capotent parce que leur population est en déclin. Faut faire autant de flos que les autres, ça l’air. En ce moment, il n’y a littéralement pas assez de Terre pour le nombre d’habitants qui s’y trouvent. Tout le monde a sa responsabilité. Si on diminuait la taille moyenne des familles de seulement ½ enfant, ça aiderait déjà. Sur le plan sociétal, les féministes doivent continuer à se battre pour que les filles et les femmes de partout aient plus d’opportunités et de possibilités; qu’elles aient d’autres options que de seulement faire des enfants. Nécessairement, il y en a qui vont tout de même faire ce choix; mais je vous garantis qu’elles ne le feront pas toutes, loin de là.


Malheureusement, leur site web est seulement en anglais, mais si ça vous intéresse, leur section Steps to MoveTheDate est très complète et concrète. J’aime beaucoup le Calculateur d’Empreinte (disponible en français!) et j’ai obtenu 1.4 planètes – ma date est le 24 septembre. Le test prend en compte les impacts personnels et sociétaux. Il me permet d’identifier deux catégories dans lesquelles je peux grandement m’améliorer: le transport et les services (les impacts sociétaux).

Les petits graphiques sont bien cool, mais il ne suffit pas d’absorber l’information – il faut y réfléchir et prendre action. C’est pourquoi je vous reviendrai avec un autre article sur le sujet.

Quels sont vos résultats?

Share Button
Ce contenu a été publié dans Éthique, Société. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.