Êtes-vous tannés des élections?

Parce que moi pas, ou peut-être que j’essaye de m’en convaincre.

Toujours est-il que j’ai assisté à mon premier débat électoral à vie hier soir, organisé par Voix Citoyenne, un regroupement contre la conversion des terres agricoles de la ville en projets immobiliers (ils ont évidemment mon appui).

Dimanche, j’ai appris que le PLQ et la CAQ ont décidé de ne pas se pointer. Même si le débat est organisé depuis mai. Même s’ils avaient le choix d’envoyer n’importe quel candidat du territoire de la ville pour représenter leur parti. Bref, on n’était pas assez importants pour eux, j’imagine. Même si on a fait salle comble à l’ENAP.

Le débat en tant que tel était vraiment intéressant. Après l’introduction des cinq candidats, représentant (de gauche à droite à la table) le Parti Québécois, le Parti Vert du Québec, Québec Solidaire, le Nouveau Parti Démocratique du Québec et le Parti Conservateur du Québec, la première partie comportait six questions composées par le comité, sur les thèmes de l’économie, de la santé et de l’éducation, sous un angle plutôt environnemental. Cette partie s’est bien déroulé. De manière générale, les candidats étaient courtois, clairs et concis malgré le léger empiètement des trente secondes allouées par réponse. (Ils en avaient, des choses à dire!)

C’est à la deuxième partie que ça s’est corsé, non pas pour eux, mais avec un public ma foi très émotif… le fonctionnement était le suivant: une question était pigée au hasard dans celles soumises par le public avant le début; un candidat au hasard était sélectionné pour répondre en trente secondes; il avait l’option de relancer un seul des autres candidats pour répondre à la question. Assez clair merci, non? On nous l’a même expliqué deux fois. Avez-vous compris la consigne?

Eh bien, quand le candidat du PCQ a répondu à une question et a ensuite lancé à la blague, comme d’autres l’ont fait avant lui, qu’il hésitait entre relancer la CAQ ou le PLQ (absents, je vous le rappelle), une des spectatrices a juste complètement pété les plombs, alléguant d’un ton outragé qu’il ne « jouait pas le jeu » et qu’il devait absolument relancer un des partis présents! (Not?) S’ensuit un brouhaha désagréable et incompréhensible avant qu’un homme à parapluie quitte la salle en bougonnant. Huh?

De plus, chaque fois que le candidat (et chef) du PCQ prenait la parole, les gens dans la salle avaient tendance à émettre des petits sons désabusés et moqueurs, des rires gratuits. Perso, je ne suis d’accord avec à peu près aucune des idées et des principes des conservateurs, mais de là à manquer de respect pendant un débat, c’est une autre histoire. Tout à son honneur, monsieur Pouliot est resté calme et posé et a bien défendu ses idées devant un public de toute évidence très peu ouvert d’esprit.

Le Parti Vert s’est bien défendu malgré un manque flagrant d’expérience. J’ai été surprise que le candidat, de ma circonscription, soit natif de Baie-Comeau. Represent! Il fallait pas mal de courage pour participer à un tel débat avec de tels candidats, mais il s’en est bien sorti malgré un manque de profondeurs et de concret dans les propos.

Le Parti Québécois m’a traumatisée avec ses longues phrases vides de sens – une parfaite langue de bois – je me sentais revenue à mes cours universitaires en littérature. De beaux grands mots, oui, mais plusieurs nuages ont été pelletés. Je n’ai pas apprécié leur argument selon lequel l’incinérateur était là parce qu’il y avait une demande des citoyens (qui produisent des déchets) et que c’est à eux de changer leur demande pour instaurer le changement. Moui… je vous rappelle cet article et le test par lequel j’ai découvert que les impacts sociétaux (donc les choses sur lesquelles j’ai le « moins » de contrôle) est l’une de mes deux catégories poches d’impact environnemental.

Ça, ça veut dire le gouvernement, la municipalité, les choses qui ne découlent pas de ma seule et unique décision.

Attendre que les citoyens changent leur demande, ça revient à s’asseoir sur ses lauriers, les bras croisés, en regardant le monde grouiller autour sans rien faire. Ils m’ont vraiment déçu sur ce point.

J’ai beaucoup apprécié le NPD et les réponses très efficaces du candidat: précises, to the point, compréhensibles. Par contre, c’est évidemment Québec Solidaire (en bonne gogauchiste 🙂 ) qui a, selon moi, le mieux répondu aux questions et qui a la meilleure plateforme, autant au niveau provincial qu’au niveau de la Ville de Québec. Et ce, malgré leur séparatisme (ce que je ne suis pas du tout) et leurs réponses parfois un peu populistes-simplistes, par exemple sur la question de la hausse du salaire minimum (pour que les gens puissent acheter des cadeaux de Noël, vraiment?).

Une belle participation citoyenne et une salle très mixte en âges, peut-être pas autant en termes de milieux de vie (majoritairement des gens de la classe moyenne-inférieure qui habitent au centre-ville, selon ma brève analyse) mais tout de même un débat extrêmement intéressant qui a permis de consolider le dernier 5% de doute qu’il me restait quant à mon choix du premier octobre.

Knowledge is power. Et si ça aura pris deux heures d’un lundi soir de septembre pour m’informer comme il faut et finaliser ma décision, je pense que c’est peu cher donné pour faire un choix éclairé et participer à ce que la vie démocratique a de meilleur: le choix.

On est chanceux de vivre en démocratie. Et si tout le monde prenait le temps, juste un peu, si tout le monde se posait des questions, assistait à un débat et oubliait le carcan du « faux choix », on aurait un si beau gouvernement équitable et vraiment démocratique. Mais je vis sûrement en Utopia…

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