Qu’est-ce qui est important pour toi?

Récemment j’ai pris une décision qui va entraîner des changements dans ma vie au cours de l’été. C’était il y a une semaine. Et la semaine passée, je suis devenue complètement folle.

Quand je deviens complètement folle, je fais des listes, je bâtis des fichiers Google Sheets, je calcule, je réfléchis, je me projette à 110%. Puis je retombe et ça fait toujours un peu mal. Ça, c’était vendredi. Grosse crise d’angoisse qui s’étire sur des heures.

Hier j’ai lu cet article qui m’a fait du bien. Qu’est-ce qui est important pour toi?

Le plus difficile avec cette question, c’est qu’il faut constamment se la poser. Genre, presque quotidiennement. Parce que chaque choix devrait être régi par cette question-là. Et chaque choix reflète en quelque sorte une réponse, parfois erronée.

Si je fais le choix de manger un sac de chips au complet, c’est parce que le plaisir sensoriel des chips est plus important pour moi, que l’éventuel impact sur ma santé. Etc.

Ça s’applique très bien au mouvement minimaliste dont je suis une fervente adepte depuis presque deux ans maintenant. J’ai trébuché quelques fois. On trébuche toujours. Mais je me relève. Et je vis encore la vie que je veux vivre.

Mais de me débarrasser d’une immense dette la semaine dernière m’a comme donné envie de dépenser. Soudainement, je me retrouve avec plein d’argent en surplus. Je n’ai toujours pas réussi à contacter ma conseillère financière pour appliquer cet argent-là sur mon prêt, alors il dort dans mon compte. (Je les rappelle demain, je promets.) Il est là et il m’énerve. Et depuis la semaine dernière j’ai plein d’idées sur la façon de dépenser ce surplus-là. Équipements de camping. Un nouveau tattoo. Des vêtements de gym. Et des choses que je dois acheter depuis longtemps – des lunettes et des broches (ainsi qu’un long et coûteux traitement dentaire pour arrêter d’avoir mal aux dents).

Alors j’ai fait une liste. Je l’ai ordonnée. Et je me suis assise. Je l’ai regardée. Et j’ai réfléchi.

Depuis que ma situation s’est stabilisée l’automne dernier, je suis très loin de vivre mal. J’ai un toit et amplement de nourriture. En fait, je sors trop au restaurant. J’ai des loisirs. Je lis des livres (vive la bibliothèque gratuite!). Je prends des marches (du moins quand il fait beau, ce qu’il ne fait pas depuis, quoi, mille ans?), je vais au gym, j’ai une vie sociale active. Et je n’achète pas de bébelles.

Je n’ai même pas l’impression de me priver. Je suis heureuse. Alors pourquoi vouloir plus?

Peut-être parce que soudainement c’est devenu important pour moi. Okay, j’ai vraiment envie de faire du camping cet été. Pas juste une fin de semaine. Plus cinq-six fins de semaine. Je n’en ai pas fait depuis 2014 et ça me tue. Mais je n’ai pas non plus envie d’emprunter une tente pour cinq-six fins de semaine en été. Donc j’ai pesé la dépense, j’y ai réfléchi, j’ai magasiné en ligne, voir les prix approximatifs. J’ai évité les pièges marketing. Et j’ai décidé de m’acheter une tente.

J’ai vraiment envie d’un nouveau tattoo. Depuis des années. Et chaque fois je me disais que je me le payerais quand je le pourrais. Devine quoi? Je peux! Mais le timing est hyper nul, parce qu’un nouveau tattoo ne doit pas être exposé au soleil et devinez quoi, c’est le printemps et ensuite l’été. Donc ça ira à l’automne. Qui sait? Peut-être que l’envie me passera d’ici là. (Elle ne m’a pas passé en cinq ans, donc je pense pas.)

Ça me prend des nouvelles lunettes. J’ai un rendez-vous chez l’optométriste dans deux semaines parce que ça fait trois ans que je n’y suis pas allée. Oops. Mes lunettes me donnent mal à la tête. Mais je ne tomberai pas dans le piège des montures designer à quatre cent piaces. J’ai magasiné les lunetteries et ça va me coûter une centaine de dollars pour une nouvelle paire bien ajustée.

Et ça me prend absolument des broches. J’ai un rendez-vous chez le dentiste en septembre et je vais commencer à magasiner un chirurgien après. Là, on parle de plusieurs milliers de dollars, couverts à 0% vu que je n’ai pas d’assurance dentaire. Mais je suis écoeurée d’avoir mal aux dents. Je vais me faire casser la mâchoire. Ugh. Et payer pour en plus. Re-UGH. Ça sonne tellement con. Avoir des broches à 27 ans. Peut-être que ça va faire disparaître mes cheveux blancs?

Qui sait. On fait des choix. J’ai décidé de ce qui était important pour moi. Est-ce que ça tombe nécessairement dans la définition classique du minimalisme? Sûrement pas. Est-ce que je m’en fous? Je devrais, non? Facile à dire. Mais je suis championne dans le mettage de pression sur soi-même. C’est facile de me dire que je dois couper plus, que je dépense trop, que je ne suis pas assez ci et ça. Que j’aime trop la couleur, pas assez le noir et blanc, que je vais trop au restaurant, que je ne mange pas assez végétalien. Et bla, et bla, et bla.

Mais au final si je suis passablement heureuse depuis l’automne, c’est que j’en fais assez, non?

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