Le privilège de la liberté financière

Ce matin j’ai lu un nouvel article de Becoming Minimalist qui parle d’argent.

En 2014, c’est ma garde-robe qui m’a fait découvrir et explorer le mouvement minimaliste, mais c’est les finances qui m’ont fait rester. De manière définitive.

Ces temps-ci je me trouve stressée. J’ai fait beaucoup de changements à mon budget après ma rencontre avec ma conseillère financière, début mai. Je venais de finir de payer ma carte de crédit et j’ai augmenté mes versements de CÉLI et mes versements sur mon prêt, que je vais finir de payer d’ici la fin de l’année, soit deux ans avant sa date d’échéance.

Pendant environ trois semaines j’ai vécu un entre-deux financier où j’avais vraiment trop d’argent. Depuis septembre, je mettais tout mon argent supplémentaire sur mon solde de carte de crédit; je prévoyais les dépenses des deux semaines suivant la paie selon mon budget et je mettais le reste sur la Visa, presque sans exception. Je me gardais de petits montants de côté pour quelques dépenses supplémentaires nécessaires, mais c’est tout. En mai, quand mon solde est tombé à zéro, soudainement, j’avais tout cet argent qui dormait dans mon compte et qui me dérangeait.

Yup. Ça me dérangeait d’avoir autant d’argent.

Ça me dérangeait parce que j’avais vraiment envie de le dépenser. Soudainement, après huit mois de frugalité, je me suis trouvé des besoins non satisfaits. J’ai même fait une liste de choses que je voulais acheter depuis quelques mois, mais que je ne pouvais pas me permettre: des nouvelles lunettes, du matériel de camping, une nouvelle brassière de sport…

Pourtant, j’ai une catégorie « dépenses personnelles » dans mon budget. Mais chaque semaine, je vidais mon montant alloué en sorties au restaurant, au bar, au café et en achats d’expériences (billets de spectacle, voyages). Je n’accumulais pas. Il était là pour être dépensé alors je le dépensais sans réfléchir, jusqu’à épuisement.

C’est tout de même un pas vers l’avant. Avant, je n’avais pas de budget alloué à mes dépense personnelles. Mon budget, c’était la limite de ma carte de crédit. (Ouch.)

Mais quand même. Cet argent-là, je l’ai dépensé. Je me suis acheté des accessoires pour mes cours de baladi, des vêtements pour l’été, du matériel de camping. Des choses utiles, qui vont être utilisées et que je ne regrette pas.

Mais soudainement, mes nouveaux termes de paiement ont commencé et la source d’argent supplémentaire s’est tari. En seulement trois semaines. Et pourtant, en trois semaines, j’avais déjà recommencé à prendre des habitudes de consommation d’avant-minimalisme; magasinage en ligne, listes d’achats futurs, stress, et frustration de ne pas pouvoir tout acheter.

C’est facile de voir sur le court terme. Je veux ça maintenant, mais je ne peux pas, alors je suis frustrée. Pourtant, j’accumule mon CÉLI comme jamais auparavant. Dans trois ans, je vais avoir assez pour une mise de fonds sur une maison. Et si je dois attendre quelques mois avant de m’acheter une nouvelle brassière de sport, ben, tant pis.

Même chose pour mon prêt. Je m’en débarrasse rapidement. En décembre, il va disparaître. Et je vais revenir à ma position du mois de mai – plein d’argent, soudainement. Mais maintenant, je sais comment y faire face.

Les trucs pour ne pas dépenser inutilement l’argent « supplémentaire »

  1. Avoir un fond d’urgence. Depuis presque deux ans j’ai mis mille dollars de côté dans un compte épargnes pour, comme le nom le dit, les urgences. Je l’ai utilisé seulement deux fois – presque en entier, l’été passé, quand je suis revenue au Québec, et une autre fois quand j’avais mal calculé une dépense et que j’ai eu besoin d’un deux cent dollars rapidement. Je le rembourse dès que possible, c’est-à-dire que c’est ma priorité numéro un lorsque j’en ai besoin. Mille dollars, ce n’est pas beaucoup – mais je n’ai pas beaucoup d’obligations financières non plus. Si vous êtes propriétaire, si vous avez une voiture, si vous avez d’autres dettes, il faut évidemment qu’il soit plus élevé. La majorité des conseillers financiers disent que le fond d’urgence devrait totaliser trois mois de dépenses.
  2. Monter un budget réaliste et le respecter. Plus facile à dire qu’à faire, je sais. J’ai un budget depuis dix ans, mais j’ai commencé à le respecter pour-de-vrai-de-vrai seulement à l’automne 2015, quand je me suis retrouvée seule au monde en Saskatchewan, avec une auto à payer, une carte de crédit encore pleine et mon prêt qui continuait très tranquillement à descendre. Outre les obligations financières (loyer, cellulaire, assurances, internet, prêt), j’y ai inclus un budget pour les dépenses courantes comme l’épicerie, le chat (sa bouffe coûte cher!), l’entretien de la maison, l’autobus et le lavage. Il est très important d’inclure un montant pour « dépenses personnelles », que j’utilise pour les vêtements, les sorties, le restaurant et les achats de ce genre. À chaque semaine, je le mets à jour et je planifie mes dépenses hebdomadaires. Si je sais que j’ai une sortie au restaurant dans deux jours, et qu’il me reste vingt-cinq dollars alloués à cette dépense, alors j’arrive préparée et c’est plus facile de dire non à une bière ou au dessert!
  3. Peser chaque achat. Pas littéralement, mais mentalement. Quand je vais magasiner, ou que je pense à acheter telle ou telle chose, j’y réfléchis sérieusement. Est-ce que j’en ai besoin? Est-ce que ça vaut la dépense? Pour les plus gros achats, il peut être intéressant de calculer combien d’heures de travail je dois faire pour me le permettre. Lorsque j’achète des vêtements, je prends mon temps et je m’assure de vraiment aimer le morceau avant de passer à la caisse. Je tiens aussi une garde-robe plutôt minimaliste et passe-partout pour éviter les achats superflus. Ça ne s’applique pas seulement aux objets matériels – je me pose également la question avant une sortie au restaurant, un café, une bière dans un bar, un voyage de fin de semaine.
  4. Savoir où son argent s’en va. Le budget aide, évidemment, mais les catégories fourre-tout comme « dépenses personnelles » peuvent s’assécher rapidement sans qu’on ne comprenne trop pourquoi. En fin de semaine dernière, après avoir stressé sur mon supposé « manque d’argent », j’ai décidé d’analyser mes dépenses des deux derniers mois. J’ai découvert à ma grande surprise que je suis allée au restaurant beaucoup plus souvent que je le pensais (sans compter toutes les fois où c’est mon chum qui payait, pas bon pour ma ligne). C’est à cause de ces sorties que je ne peux pas m’acheter une nouvelle paire de souliers pour l’été, du moins pas tout de suite, et que j’endure les miens qui tombent en morceau.
  5. Faire une liste de ses priorités de vie. Si ma priorité est de m’amuser et d’être épicurienne, alors je vais prioriser les achats qui vont dans ce sens. Toutefois, ce n’est pas ma priorité (en théorie, pas encore en pratique, c’est difficile à implanter!), et donc je dois garder mes vraies désirs en tête quand je suis prête à dépenser. Je veux m’acheter une bonne paire de souliers de randonnée, parce que je veux faire beaucoup de randonnées cet été, autant au Québec qu’aux États-Unis. Ce n’est pas une envie soudaine – j’ai toujours adoré la randonnée mais je me suis toujours retenu d’en faire des plus difficiles/longues parce que je n’avais pas les bons souliers. Par contre, pour pouvoir acheter lesdits souliers, qui sont une priorité, je vais devoir diminuer mes dépenses hors-priorités, comme les sorties au restaurant. Le truc, en gros, c’est de comprendre nos revenus et de choisir nos dépenses. Il est beaucoup plus facile de diminuer ses dépenses que d’augmenter ses revenus.

Avez-vous déjà eu le même sentiment de ne pas avoir suffisament d’argent? Comme y avez-vous remédié?

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