L’art de ne rien faire

Je suis hyperproductive.

Je suis constamment en mouvement. J’accomplis une tâche et je passe à la prochaine. Je suis une machine, routinière, programmée et bien huilée. Je sais exactement dans quel ordre je fais le ménage de mon appartement et combien de temps ça me prend; je vérifie mon horaire hebdomadaire le dimanche soir afin de planifier ma semaine, mes loisirs, mes sorties et trouver une heure pour faire mon épicerie là-dedans. Je suis toujours à l’heure (plutôt dix minutes à l’avance) et efficace dans la gestion de mes ressources.

Parfois ça m’éclate au visage. Quand je rate l’autobus. Quand quelqu’un arrive en retard. Quand un imprévu regarde par la fenêtre. Quand la 138 est fermée pendant deux heures. Quand le cadran ne sonne pas.

Depuis l’été dernier, j’essaie de pratiquer l’art de ne rien faire. La farniente. Les italiens savent de quoi ils parlent. Je me garde des grands bouts de temps libres pour faire ce qui me tente. Et parfois, ça se résume à ne rien faire.

Même pas prendre une marche tranquille, même pas regarder un film. Non, juste rien. Je ne fais rien. Je me couche sur mon lit et je regarde le plafond. Je laisse mes pensées vagabonder sans essayer de méditer. Je flatte mon chat, je me couche en cuillère avec lui parce que c’est une grosse guidoune. Je ne vais nulle part. Je ne produis rien. Je ne fais rien.

Ça été difficile de passer à travers la culpabilité qui m’envahissait à chaque fois que j’essayais de ne rien faire – même cinq minutes. Tu dois faire la vaisselle! Brûler des calories! Brosser le chat! Lire! Méditer! Planifier!

Maintenant, ça me plaît de ne rien faire. Particulièrement après une journée stressante au travail. J’arrive chez moi, je pitche mes affaires sur la table, je me change en linge mou et je vais me coucher pour dix ou quinze minutes. Je décompresse en ne faisant rien. C’est agréable, et ça m’aide à me replonger dans le mode production pour le reste de la soirée. Sauf quand je continue de ne rien faire.

C’est difficile de trouver son équilibre, dans la vie. Je suis une Grande Déséquilibrée. C’est toujours trop ou pas assez. Alors me permettre de pratiquer un peu ce grand art sans tomber dans le piège de la procrastination intense a été plutôt difficile. Mais ça a valu la peine. Je suis moins stressée. Je respire mieux. Et je me sens tout aussi productive qu’avant.

Et vous, prenez-vous parfois le temps de ne rien faire?

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