J’ai (encore) fini de payer ma carte de crédit

J’ai eu ma première carte de crédit à dix-huit ans. Une carte Desjardins pour étudiant, avec 300 dollars de marge.

Depuis, ça a dégénéré un peu. À mesure que j’augmentais ma limite de crédit, j’augmentais mon solde dû. Je ne sais pas trop à quoi je pensais – en fait, je ne pensais pas du tout. Dans ma petite tête, c’était de l’argent, c’était pareil que d’utiliser ma carte de débit. Oops.

Je me suis endettée d’abord pour décorer mon nouvel appartement (et le premier qui était vraiment à moi), et pour les habituelles sorties étudiantes: bars, restaurants. Rendue à l’université, je payais le minimum dû chaque mois et je profitais presque immédiatement du comble pour atteindre ma limite à nouveau. J’ai reçu deux ou trois lettres parce que j’avais dépassé ma limite. Mais quand je descendais un peu mon solde, ils me l’augmentaient. Non, en fait, ils me proposaient de l’augmenter, ce que je faisais avec joie. Deux clics et j’avais accès à mille piaces de plus! Woohoo!

En 2014, après un coûteux voyage à Hawaii, chargé à 100% sur mon crédit, j’ai atteint un fond. J’ai fini par rencontrer un conseiller financier et j’ai concilié mes dettes. Exit le solde; ma carte de crédit est revenue à zéro, bam, comme ça.

Heu… pour quelques mois du moins.

Deux mois plus tard je suis déménagée en Saskatchewan et pendant quatre mois je n’ai pas eu d’emploi. J’ai travaillé à mon compte, faisant de la comptabilité pour quelques entreprises, mais ça me donnait à peine de quoi manger. Mon ex payait presque toutes nos dépenses mais j’étais en charge de l’épicerie et de mes dépenses personnelles, comme mon essence et mon cellulaire. Évidemment… tout s’en allait sur la carte de crédit.

En six mois j’avais de nouveau atteint ma limite, en plus de mon prêt pour conciliation de dettes. Oops.

À l’été 2015 j’ai commencé (enfin?!) à prendre mes finances en mains et à arrêter de dépenser. Dépenser était une sortie de secours. Quand j’avais le moral à terre, je me permettais une journée magasinage. Quand je voyais quelque chose en ligne dont j’avais envie, je l’achetais immédiatement, sans trop réfléchir. Des vêtements, des livres. Je me payais des sorties au restaurant, du vin, de la bière, des spectacles. Et rien de tout ça ne valait les intérêts de 10.95%.

J’ai découvert le mouvement minimaliste et j’ai commencé à revoir mes habitudes de consommation. Depuis, c’est un travail constant de questionnement, de réflexion, de ménage. Je ne vais pas vous surprendre en affirmant que nous vivons dans une société qui prône la (sur)consommation. Il faut tout faire et tout avoir pour être heureux, en 2017. Ça fait presque deux ans que je ne fais plus tout et que je n’ai plus rien, et j’en suis infiniment plus heureuse.

Ce matin, j’ai reçu ma paye. Ce matin, j’ai versé le solde complet dû sur ma carte de crédit pour la première fois depuis janvier 2015. Pour me faire plaisir, j’ai même coché l’option « solde dû ». J’ai confirmé d’un clic. Et j’ai sourit.

La seule dette qu’il me reste est ce prêt pour conciliation de dettes. Techniquement, je pourrais seulement continuer mes versements bihebdomadaires et en finir en 2019. Mais 2019 c’est trop loin, et le total des intérêts me fait grincer des dents, alors je vais continuer à vivre comme je le fais – en mettant tout mon argent supplémentaire sur le prêt, maintenant que la carte de crédit est terminée.

Et j’ai tout un plan pour la suite. Augmenter mon CELI (futur cashdown pour une maison), augmenter mes REER (parce que c’est pas très payant le RRQ). Cette semaine j’ai aussi commencé à mettre de côté de l’argent pour mon voyage en Irlande l’an prochain, par versements automatiques dans un compte épargne. Et ensuite? On verra.

Je n’ai même plus l’impression de me priver. Je vais encore au restaurant de temps en temps, je me paye des vêtements. Mais je le fais parce que j’en ai vraiment envie, parce que c’est réfléchi. Jamais impulsivement. Et jamais sur ma carte de crédit.

Ça va m’avoir pris presque sept ans à le comprendre, mais bon. Je ne reviendrais pas en arrière. Parce que j’ai appris une maudite bonne leçon. Je n’ai pas envie d’être endettée. Ça me pue au nez.

Share Button
Ce contenu a été publié dans Simplicité. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *