Un peu de bonheur. Paix Sur Terre et autres pensées.

Six heures. Snooze. Six heures neuf. Continuation de mon rêve alors que je titube vers le cadran. Mon rêve qui m’explique sur quels boutons appuyer pour dormir encore une autre heure.

Réalisation soudaine que je viens juste de désactiver mon alarme et que je dois me lever pour vrai. (Remettre une alarme? Pas une possibilité, apparemment.)

J’ai bien rit ce matin dans repensant à tout ça, mais sur le coup, j’étais comme engluée, déjà, dans une frustration sévère, à peine trente secondes après mon (deuxième) réveil. Poche façon de commencer la journée.

Toilettes, puis divan. L’écran du cellulaire faible luminosité. Y a un adapteur automatique à la lumière ambiante, dans ce truc. Application. Choisir une méditation guidée. Depuis quelques jours, je fais des méditations de gratitude tous les matins, ça me rend positive.

Je médite. Douze minutes. J’ouvre les yeux. Il fait encore noir, le chat est rendu couché à côté de moi, il est peut-être six heures vingt-cinq. Encore une heure pour commencer ma journée en solitaire, dans le silence.

Toasts, banane, je lis un livre en mâchant. Verre d’eau. Douche. Quand je sors, voilà, le ciel est orange, rose, pourpre. Le soleil se lève, aucun nuage à l’horizon. Il va faire froid, aujourd’hui. C’est beau.

Je prends quelques minutes pour observer la ligne d’horizon, les silhouettes du centre-ville, la lumière changeante. Les piétons matinaux avec leurs chiens. Les maisons endormies, la rue recouverte de neige croustillante. Il fait vingt et un degrés dans le salon, j’ai monté le chauffage il y a deux jours. Je suis bien.

Miroir. Je me trouve belle. J’applique mon cache-cernes en dernier, histoire de voir de quoi mes yeux ont l’air sans. Boucles d’oreilles, brosse à dent. Un sourire.

Je choisis une playlist et je pars, carte d’autobus en main, l’air est vif, cristallin. Double capuchon sur la tête. Mes pauvres oreilles. Je vais devoir troquer mes gants pour mes mitaines bientôt. Le crissement de la neige. La soudaine surprise du soleil qui se pointe au loin, entre deux maisons, grosse boule orangée, jamais chaud en décembre, certes, mais toujours le bienvenu.

Je souris toujours.

J’attends l’autobus avec les mêmes visages, je m’assois, je regarde par la vitre avant qu’elle ne s’embue complètement. L’autobus se remplit au fil des arrêts, ma musique est bonne, l’homme qui partage mon siège ne prend pas trop de place, ne fait pas de manspreading, j’apprécie cette petite attention, trop rare. J’ai mal au dent, il y a beaucoup de traffic et le soleil m’aveugle quand on roule plein est, mais je me sens tellement bien.

En paix. Je suis en paix.

Paix Sur Terre, clament les chants de Noël. Gloire à Dieu. Il n’y a que les Douze Jours de Noël qui parle de matérialisme. Le reste parle d’amour. J’aime bien la musique de Noël. Ça aide que je ne fréquente pas les centres d’achats. Spotify a sorti ses playlists samedi dernier. Je ne décore plus depuis quelques années, mais j’aime bien les gros flocons qui tombent parfois.

Décembre a pourtant toujours été un mois stressant pour moi. Au travail et dans ma vie personnelle, avec la fin d’année, Noël, les visites, les cadeaux, le froid, les derniers miles avant des vacances pas tellement reposantes. Mais là… ben, ça va bien.

Les bienfaits de la gratitude

Je trouvais ça dont quétaine, la gratitude, avant. (Avant d’avoir compris c’était quoi?) Ben oui, je suis contente d’avoir un toit sur la tête pis des bébelles pis une job, mais j’ai pas besoin de me le rappeler chaque jour, non?

En fait, un peu, oui.

C’est facile de tomber dans le tourbillon du tout-va-mal. Tout va tout le temps mal pour tout le monde, c’est ça, l’affaire. Alors j’ai décidé que tout irait bien. Sans tomber dans le positivisme flafla poche qui ignore ses problèmes.

Les méditations de gratitude amènent souvent notre attention sur différents aspects de nos vies. Il y a les plus évidents, mon espace de vie, mon emploi, mes amis, ma famille. Après tout, je suis une jeune banlieusarde blanche de classe moyenne ( 🙂 ). Mais il y a les moins évidents, ceux auxquels on ne pense pas vraiment.

Ce matin, j’ai réfléchi sur mes qualités et mes traits de personnalités naturels. Mon ouverture, mon humour, ma compassion, mes talents. J’ai réfléchi sur tout ce qui était bien allé dans ma journée d’hier. Chaque petite chose. J’ai pensé à mon chat, mon lit, mon pays. À tout ce que mon corps me permet de faire. J’ai médité sur la méditation. Je me trouve chanceuse d’avoir tout ça. Je me trouve chanceuse de m’avoir, moi. Et tout ce qui vient avec. Même mes sautes d’humeur, mon insatisfaction chronique, mon impulsivité. Ma dépendance à la poutine. Parce que ça vient avec la poutine, et avec des leçons de vie, et avec la possibilité de s’améliorer.

Je pourrais faire une liste longue comme quinze bras de tout ce pour quoi je suis reconnaissante, juste aujourd’hui, de mon réveil à six heures neuf jusqu’à mon sommeil vers vingt-deux heures trente ce soir. Mes plantes, mon cours de danse, mon lunch. Les gens, en général. Des gens, en particulier. La vie.

Ce matin, je me sens en paix, je suis en paix, c’est agréable, c’est doux comme Noël. Paix Sur Terre.

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