Terre D’Or

Il fait chaud, ça fond, ça fond partout et la Saskatchewan révèle sa Terre D’Or.

 

Ça sent le printemps, printemps hâtif, pressé; l’hiver reprendra rapidement ses droits; on le sait tous. Et pourtant, je n’ai pas envie de penser à la météo de demain, je ne pense qu’à la météo d’aujourd’hui, le soleil flamboyant, le gravier constellé de glace, les lunettes de soleil. Je ne mets plus mon manteau d’hiver depuis une semaine, j’ai échangé mon foulard de laine contre un petit foulard léger, mes cache-oreilles sont rangés.

 

Petit détour à l’épicerie hier pour acheter de la nourriture; les félins s’affament. À la caisse, on me propose un bouquet de jonquilles, de petits boutons chétifs, pour la Société Canadienne du Cancer: pourquoi pas. Je les installe confortablement dans le seul vase que j’ai… bon, les trois premières fleurs; pour les sept autres, une bouteille d’eau fera bien l’affaire. Bien installée sur le rebord de la fenêtres, les boutons sont devenus fleurs éclatées en un après-midi.

 

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Je pense que Azrael perd du poids, même si ce n’est probablement qu’une triste illusion. Le peser me rend dépressive, alors je l’évite. Mais il bouge, il court, il s’amuse. Il dort encore la plupart de la journée, mais c’est un chat, et les chats, ça fait ça.

 

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Je n’ai pas pu résister et j’ai photographié mon plat de ce soir: un gros rôti de légumes; carottes, patates douces, oignons rouges et tomates cerise, parfumées à l’ail; avec vinaigrette aux câpres, le tout servi avec un bon steak croustillant de tofu.

 

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Tout est si simple ici que j’en pleurerais de joie. Le traffic se résume à un monsieur de soixante-quinze ans qui roule à quarante sur la Main (limite de cinquante); mes soirées sont divisées entre la cuisine, la lecture, les discussions et le thé. Le choix alimentaire est moins varié, parce que les épiceries sont plus petites et que ça ne vaut pas la peine de stocker ce qui ne se vendra pas; les produits locaux sont mis de l’avant, et on les achète, parce que beaucoup moins chers. Les gens se saluent quand ils se croisent dans la rue. Pas parce qu’ils se connaissent, mais parce qu’ils sont là. La preuve: ils me saluent, moi, et personne ne sait vraiment qui je suis. (Ou le savent-ils?)

On parle température, on parle des derniers événements; pas des nouvelles nationales, juste de ce qui se passe ici. On pourrait croire que c’est de la fermeture d’esprit, mais je pencherais plutôt pour un esprit de communauté que l’on retrouve, je crois, parmi les fermiers et qui est relativement unique à eux.

 

Premier mai, nous déménageons dans une farmhouse recluse, perdue (doublement), charmante. J’ai déjà hâte de m’y installer et de vous la montrer. Un loyer ridicule pour une maison de cette taille, à dix minutes en voiture de Langenburg, sans rien autour que des champs, quelques arbres, des voisins reculés, des bêtes.

 

J’ai surpris Azrael particulièrement pensif ce soir.

 

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Lorsqu’il n’y aura plus de neige, je photographierai la Terre D’Or, le blond des champs contre l’azur des cieux et je vous montrerai. Et j’espère m’extasier encore longtemps des petites choses de ce petit endroit qui font que j’ai envie de me lever le matin et de poursuivre ma voie. C’est si agréable.

 

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