Quoi de neuf: des non-résolutions pour 2017 et autres mises à jour

Bonjour mes amis.

2016 s’est terminé dans le calme et le sommeil, 2017 a commencé dans le calme et le sommeil. Dormir, quelle paix.

Après mes péripéties mentales désagréables de décembre, j’ai passé un temps des fêtes relativement tranquille, loin des soucis. Je les ai enterré sous la neige. J’ai dormi. J’ai mangé, genre, vraiment trop de dessert. J’ai réfléchi, j’ai fait le point. Je suis passée par toute la gamme habituelle, le Cycle Émotionnel Joannie. J’ai également lu un livre sur les états limites (mon diagnostic de 2007), et ça m’a poussé à en réserver d’autres à la bibliothèque pour essayer de peut-être me comprendre un peu mieux.

Le 31 décembre, j’étais au chalet, complètement vidée de mon énergie. Sereine. À vingt heures je dormais. Fuck minuit. J’ai dormi presque douze heures et j’ai accueilli 2017 dans le silence du Grand Nord.

Depuis, ça été retour à Québec, retour au travail, retour à la routine. J’ai bu quelques verres depuis, avec modération, quand j’en avais envie. Ça a bien été de ce côté-là. Outre l’envie de me calmer l’alcool, je n’avais pas de résolution pour 2017. Ça fait plusieurs années que je n’en fais plus (la dernière fois étant en 2011, je crois) et je ne considère pas mon voeu de modération alcoolisée comme telle – c’est plus un défi personnel, en fait. Un autre de mes virages santé. Boire plus que deux verres ne me correspond plus vraiment.

J’ai continué à lire mes blogues habituels et je me rappelle avoir lu quelque chose qui m’a marqué. Un homme expliquait que, au lieu de faire des résolutions, il se donnait deux ou trois projets majeurs sur lesquels il voulait travailler (et, probablement, compléter) dans l’année. Ça lui donnait une ligne directrice pour douze mois et lui permettait de prendre ses décisions par rapport à cette ligne. J’ai trouvé l’idée intéressante et j’ai décidé de me donner des buts pour 2017.

Premier but: éliminer complètement ma dette

En ce moment, ma dette se compose de deux choses: un solde sur ma carte de crédit (sur lequel je place tout mon argent supplémentaire depuis que j’ai à nouveau un emploi) et un prêt se terminant en décembre 2019, pour lequel je fais des virements mensuels automatiques à montant fixe.

Normalement, j’aurais déjà terminé de payer tout ça. Mais la vie étant ce qu’elle est, et avec tout ce qui est arrivé l’été dernier (me retrouver soudainement seule, déménager de Saskatchewan à Québec, être sans emploi pendant sept semaines et tous mes problèmes d’automobile), la carte de crédit a mangé une claque (ou mille). Je n’ai pas eu le choix. Mais je rembourse.

De ce fait, je n’achète pas grand-chose de superflu. C’est sur que je pourrais couper encore davantage, mais j’ai établi pour moi-même une limite que je considère comme confortable (et que je révise constamment). Selon mes calculs, au rythme où je vais et sans compter mon retour d’impôt du printemps, je devrais terminer de tout payer vers la fin de l’automne. Sans compter les imprévus… je réajusterai au besoin.

Donc, je vais tenir cette ligne directrice en compte pour mes agissements de 2017. Peut-être que je pourrais me passer de sorties au restaurant un peu plus. Aller voir un concert de moins. Prioriser les activités gratuites. En ce moment, je n’achète que très peu de biens de consommation tangibles – mais mon argent supplémentaire est surtout flambé dans les « expériences » (théâtre, musée, spectacles, sorties…). Difficile de résister quand on habite Québec!

Deuxième but: continuer à être active

Je ne mets pas « me remettre en forme » ni « perdre dix livres » parce que ce n’est pas ça que je veux, en fait. Je sais que les buts sont sensés être SMART mesurables et blabla, mais…

Je pratique, depuis quelques années, des habitudes de « plus possible ». Je bouge le plus possible quand c’est permis. Au lieu de concentrer toute ma dépense d’énergie dans une heure épuisante au gym, j’essaie de bouger au cours de ma journée. Je vais voir mes collègues au lieu de leur envoyer un Skype ou de les appeler. Je marche jusqu’au travail, et je prends des marches tranquilles le soir et la fin de semaine. Je vais encore au gym trois fois par semaine, mais c’est surtout pour faire ce que j’adore y faire – sans contredit de la muscu! Je remarque un certain relâchement (comme à chaque hiver) depuis quelques semaines. C’était facile de sortir et de bouger quand j’étais seule dans mon deux et demi, mais depuis que je suis souvent au condo de mon chum, avec son divan confortable et sa télévision… c’est plus facile d’être lâche, mettons.

Donc, je remets le cap sur le mouvement. Parce que ça me fait me sentir bien. Parce que je me prouve à moi-même que je ne suis pas peureuse. Ce n’est pas tout le monde qui est game d’aller prendre une marche à moins vingt-cinq, mais j’aime bien le froid revigorant, quand je suis bien habillée. Et puis la tasse de thé que je sirote après coup est nécessairement meilleure. Yum.

Troisième but: développer mon bien-être mental

On met souvent l’emphase sur le bien-être physique. Être en forme, perdre du poids, mieux manger. Qu’en est-il de notre bien-être mental?

Ça fait longtemps que je me dis que je devrais faire ci et ça, mais je ne le fais jamais. Pourquoi? Multiples raisons: la peur, la paresse… même si on me considère plutôt fonceuse et effrontée dans mes agissements (déménager en Saskatchewan, genre), quand il est question du mental, mes yeux s’agrandissent d’effroi et je recule en secouant la tête, terrifiée.

Même lire ce livre sur les états limite a été difficile. Le commencer, surtout. Parce que je ne savais pas trop ce que j’allais y découvrir. Après mon diagnostic, en 2007, je n’ai pas eu de suivi approprié. J’ai vu un pédo-psychiâtre quelques fois, mais juste pour les urgences. On m’a casé avec une travailleuse sociale qui ne savait pas trop quoi faire de moi (et j’étais aussi désemparée qu’elle), puis plus rien. Depuis ce temps, c’est le néant.

Je n’ai pas envie de me définir par ma maladie, ni d’en faire le point de mire de ma vie. C’est peut-être pourquoi j’ai peur d’en parler et de m’informer sur le sujet. Et si je devenais obsédée? Et si j’excusais tous mes agissements en me disant « c’est correct, c’est ta maladie »? Pourtant j’ai cette volonté de m’améliorer, d’aller mieux, voire de guérir. De changer. Je déteste mes crises, je déteste ce volet qui se ferme dans mon cerveau et qui m’empêche d’être raisonnable. Je déteste être comme ça et donner cette image d’être… well, folle.

Je n’ai pas les fonds pour consulter un psy, malheureusement, et l’état ne va pas m’en fournir un, ne jugeant pas mon état suffisamment urgent. Alors je vais lire. C’est ce que je fais de mieux, ça, lire. Et j’ai les capacités mentales pour assimiler ce que je lis et l’appliquer à ma situation. Depuis quelques années, les ouvrages sur le trouble de personnalité limite foisonnent. Je devrais pouvoir trouver quelque chose de potable.

Outre ma maladie, je veux aussi approfondir ma pratique de la méditation. Qui, depuis cet été, a à peu près disparu. C’est une des habitudes que je veux reprendre, et rapidement. Même si c’est juste dix minutes le matin, ça me faisait un bien fou. Comme mon gym trois fois par semaine, et mon yoga tous les soirs. Ce n’est pas ça qui va bourrer mon horaire, mais les bénéfices sont immenses. Un réel investissement temporel.

Okay, mais… ça sonne pas mal comme des résolutions, ça.

C’est vrai. Je te l’accorde.

Selon le Larousse, une résolution est l' »acte par lequel, après réflexion, on décide volontairement d’accomplir quelque chose » et un but, une « préoccupation, objectif majeurs qui guident les actions de quelqu’un ; idéal, objectif ». Dans mon cas, je crois que le mot « but » s’applique davantage. De toute manière, rendue où j’en suis, la définition importe peu; et que je prenne ces décisions maintenant, ou dans six mois, ou que je les aie prises l’automne passé, la seule différence est temporelle. Le reste n’est qu’action et résultats. Ou absence de.

Avez-vous pris des résolutions pour la nouvelle année? Avez-vous des buts? Quelle est votre opinion sur le sujet? Je suis curieuse.

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3 réponses à Quoi de neuf: des non-résolutions pour 2017 et autres mises à jour

  1. Marie dit :

    Je compte bouger aussi, alors vivement nos moments de marche, à pied ou en raquettes! Comme tu dis, pas pour perdre du poids, mais plus pour profiter du grand air, s’activer pour aérer notre cerveau!

  2. Josée dit :

    Je suis contente de ton cheminement et je te félicite et t’encourage pour tes « objectifs » de 2017

  3. Gérald dit :

    Bravo Joannie pour la rigueur de ton raisonnement! Je t’admires pour la lucidité avec laquelle tu analyses tes tendances, tes comportements, mais aussi tes besoins et tes aspirations! Ta maturité m’épate au plus au point.
    J’aime te lire et j’ai déjà hâte au prochain chapitre. xxx

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