Les tests de personnalité ne sont pas toujours cons

Il y a longtemps de cela – okay, peut-être juste un an ou deux – j’avais rempli un « échantillon de test » sur un site quelconque. Le test en question s’appelle le test de l’Ennéagramme et il vous donne votre personnalité, du type 1 au type 9. Voici le lien en anglais et le lien en français.

 

Je me rappelle lorsque je l’avais rempli, dans le temps, j’avais été assez estomaquée par les résultats, en ce sens qu’ils décrivaient exactement qui j’étais. Mais pas dans le sens « c’est tellement général que ça pourrait s’appliquer à n’importe qui », plutôt dans le sens « ils t’ont suivi pendant trois mois et ils ont décrit comment tu vivais ta vie ».

 

Je suis un type quatre, c’est-à-dire, le type « sensible et retiré »: expressif, dramatique, intériorisé et irritable (je vous vois déjà sourire…). Ma peur fondamentale est de ne pas avoir d’identité ou d’importance, et mon désir de base, de me trouver et me trouver une raison d’être (soit, me créer une identité).

 

Étrangement le thème de l’identité, qu’elle soit individuelle ou de groupe, m’a toujours passionnée. J’ai flirté avec les sciences humaines au secondaire et au cégep pour cette unique raison; et lorsque, à l’université, pour le cours de Méthodologie et recherche en études littéraires (passionnant, je sais), la grosse dissert’ finale était sur Voyage en Irlande avec un parapluie, de Louis Gauthier, où le thème de l’identité est extrêmement présent, au contraire des autres élèves,  j’étais assez heureuse.

Ma thèse était la suivante: « Après une lecture analytique du roman, nous déduisons qu’il est en plein quête identitaire, perdu et confus entre son statut d’écrivain, les normes sociales qui régissent son comportement et une peine d’amour qui ne le quitte pas. Par contre, ce voyage ne lui permet pas d’atteindre son but, soit de se débarrasser de son identité afin de s’en approprier une autre. »

 

J’ai obtenu 89%.

 

Trêve de vantardises, j’ai récemment refait le test, et j’ai évidemment obtenu le même résultat, type quatre. Je suis classifiée, peut-être que ça m’aide dans ma quête identitaire (ha, ha). Je l’ai refait il y a une semaine, et ça m’a beaucoup fait réfléchir. Le site anglais donne une description beaucoup plus élaborée, j’ai donc pris la peine de vous en traduire quelques extraits…

 

« Les types quatre sentent qu’ils sont différents des autres êtres humains et, en conséquence, que personne ne peut les comprendre ou les aimer adéquatement. Ils se voient souvent comme possédant un talent spécial, une habileté hors du commun, mais aussi comme des êtres désavantagés et imparfaits d’une manière unique. »

« Les types quatre rapportent souvent se sentir comme s’il manquait quelque chose en eux, tout en ayant de la difficulté à identifier ce que ce « quelque chose » est […] traits qu’ils voient dans les autres, en apparence abondamment. […] Ils sentent qu’ils sont en manque d’une identité claire et stable »

« Les types quatre ont typiquement des problèmes d’image de soi négative et d’estime de soi chroniquement basse. Ils essaient de compenser cela en cultivant un Moi Fantastique – une image de soi idéalisée qui est bâtie principalement dans leur imagination. » (Particulièrement vrai de mes années d’adolescence…)

« Au cours de leurs vies, les types quatre vont essayer plusieurs identités, les basant sur des styles, des préférences, ou des qualités qu’ils trouvent attirantes dans les autres. Mais sous la surface, ils se sentent encore incertains à propos de qui ils sont. Le problème est qu’ils basent leur identité principalement sur leurs émotions. »

 

Je pourrais vous bâtir ici une liste des identités que j’ai essayées; elle serait ennuyante. Certains pourraient me croire hypocrite, double-face; pourtant chaque fois que j’ai changé, j’ai toujours cru que c’était moi, et non un masque; je n’ai jamais eu l’impression d’un double moi – un public et un privé, par exemple – parce que je n’ai jamais rien caché à personne.

Partant de ces descriptions il est difficile de dire si un jour je me « trouverai », parce qu’il est difficile de savoir si ce que je crois être est vrai ou pas. Tout ça explique probablement pourquoi mes projets changent de façon si constante, pourquoi je change toujours d’idée et pourquoi ce qui me plaisait la veille, me répugne aujourd’hui.

 

Depuis une semaine je fais des cauchemars horribles chaque nuit, et je les oublie au réveil. Je dors mal, et je n’ai aucune idée pourquoi. Mes mauvais rêves ont souvent les mêmes thèmes; en général, je me fais poursuivre et je suis traquée par un individu ou un groupe; à cela s’ajoute souvent ma propre mort (au terme de laquelle je me réveille), ou la mort d’un proche. Tout ce que je peux dire, c’est que toutes les nuits, cette semaine, j’ai rêvé d’impuissance absolue, et je me suis réveillée avec un mal dans tout le corps, autant physique que moral.

 

Peut-être est-ce pour cela que j’ai toujours cru ne pas pouvoir être en couple. (Hypocrite, venant d’une fille qui est en couple non-stop depuis 2008.) Comment être heureuse à deux si je ne sais même pas qui je suis? J’ai souvent eu des problèmes d’identifications avec mes ex, comme si je me perdais en eux en leur donnant tout, comme si je devenais eux. Quand je suis déménagée ici, je me rappelle m’être ordonnée de ne plus le faire, et je constate que je ne le fais pas. Peut-être est-ce pour ça que c’est si difficile.

 

Bon, c’était pas trop-trop léger et je m’en excuse. J’espère que vous remplirez le petit questionnaire… ce n’est pas long, partagez vos résultats, je suis curieuse.

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Une réponse à Les tests de personnalité ne sont pas toujours cons

  1. Maria dit :

    Bonjour Wumpa,
    Je trouve cet article très intéressant car il met le doigt sur la question de l’identité, telle que nous l’appréhendons selon notre état de conscience : suis-je moi en fonction de mon corps ? (oui mais il change au fil des ans), suis je moi en fonction de mes croyances ? (ben si je suis ouverte d’esprit, elles vont aussi changer au fil des ans), suis-je moi en fonction de mes goûts ? (ben là aussi, je plains celui qui a gardé les mêmes préférences – qu’elles soient culinaires, littéraires, musicales etc…tout sa vie).
    Bref, on peut essayer de s’accrocher à toutes sortes d’identifications mais tôt ou tard, elles s’effondrent, et je dirais que c’est tant mieux, car cela nous ouvre la voie à une compréhension plus profonde de l’identité véritable.
    Et là on bascule dans la spiritualité, elle aussi pleine de pièges, car si c’est pour retomber dans les croyances, on est de retour au point de départ … 🙂
    Bref, j’ai moi aussi traversé cette quête identitaire, et j’ai décidé de la retracer sur mon site, au cas où cela pourrait vous intéresser (je parle notamment de l’Ennéagramme, du MBTI et du Big Five). Pour l’instant je n’ai posté que le contenu sur la partie psychologique, mais je mettrai mes expériences concernant la spiritualité plus tard.

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