Je me force à écrire

Avec l’automne vient souvent ces pénibles pressentiments que

  • je n’ai rien à dire
  • je ne fais rien de ma vie
  • je ne vais nulle part

Alors aujourd’hui, après des semaines à écrire une ou deux phrases avant de supprimer le brouillon, je me force à écrire. Même si je n’ai rien à dire. Même si je ne fais rien de ma vie. Même si je ne vais nulle part.

Car c’est faux. J’ai toujours des idées d’articles qui surgissent dans mon esprit à tout moment et comme je ne les note jamais, je finis par les oublier. Je devrais constamment avoir un crayon et un calepin dans les mains pour écrire des brouillons. Je devrais avoir un enregistreur dans ma sacoche pour faire comme dans les films et me prendre au sérieux avec mes idées.

Ces temps-ci j’ai plutôt tendance à laisser les mots s’écraser dans mon journal personnel. Depuis cet été je n’écris plus tous les jours – je n’y trouvais plus de joie – mais plutôt quand j’en ressens le besoin et l’envie. Une ou deux fois par semaine, je vide mon trop-plein dedans. Je réfléchis sur papier. Ça fait du bien.

Mes dernières réflexions portent sur la simplicité. Un récent article de Leo Babauta m’a fait réfléchir à la « vie idéale ». Quand je l’imagine, je mène une vie d’ermite dans les bois du Nord. (Que voulez-vous, je suis une éternelle romantique.) Évidemment, ça n’arrivera pas.

Alors, pour moi-même, je me suis décrit cette vie simple, idéale, dans le bois, et je me suis demandé qu’est-ce que ça voulait dire, au fond, tout ça.

La vie dans les bois nous force à remettre en question la façon dont nous utilisons la technologie et l’électricité (parce qu’il n’y en a pas/peu); la façon dont nous passons le temps; ce que nos choisissons de faire. Il fait noir de bonne heure. Il est plus difficile de se déplacer. Les ressources sont moins aisément disponibles. Je ne peux pas aller au Thaïzone quand je n’ai pas envie de cuisiner.

Alors j’en suis venue à ces conclusions: ma vie idéale est simple, évidemment.

  • Je mange des repas très simples, faciles à faire, nourrissants, qui recquièrent peu d’outils et de précision. De la cuisine de poêle à bois et de barbecue.
  • Je passe beaucoup de temps à l’extérieur. Je m’adapte aux conditions extérieures au lieu de me battre contre elles. Je profite de ce que la nature offre. Randonnées, kayak, nage, marche, raquette ou même simple observation depuis la galerie ou le bord du lac.
  • Je consomme et je produis de la littérature. S’il y a bien une constante dans ma vie, c’est celle-là. Je lis énormément. Pas dans le seul but de lire, mais parce que ça apporte quelque chose d’extraordinairement grand à ma vie. Ça me donne envie d’écrire et de partager, aussi. D’où le blogue, entre autres. J’essaie de faire des efforts pour écrire davantage, hors-blogue et hors-journal.
  • Je me repose. Je m’écoute. Quand je vais au chalet, je me couche relativement tôt et je me lève relativement tôt aussi, pour profiter de la lumière du jour au maximum. Mais, parfois, j’ai besoin de dormir douze heures, et je le fais. Parfois, j’ai besoin de rester assise une demi-heure de plus, et je le fais.
  • Je médite, je réfléchis, je philosophe. Avec la lecture, c’est de cette façon que je préfère faire travailler mon cerveau. Étudier la nature, intégrer des connaissances, tout remettre en question; ça me garde alerte et vivante.

Après avoir sorti cette liste, j’ai réalisé que je pouvais facilement l’appliquer à la vie urbaine, que je n’avais pas besoin de m’exiler pour vivre de cette façon. Il suffit de changer ses habitudes. Faire l’épicerie différemment. Faire du sport différemment. Penser différemment.

Depuis quelques mois donc, j’amène beaucoup de petits changements dans ma vie. J’ai laissé tomber le gym le matin. C’était de plus en plus difficile pour moi de me lever et de m’habiller immédiatement pour partir au gym, avec à peine une demi-heure pour me préparer, faire mon déjeuner et aller à l’arrêt d’autobus. Alors au lieu de me battre chaque matin pour finir par me recoucher et me trouver vraiment poche, j’ai changé mon habitude. Je vais au gym après le travail, vers 16h30. Je suis des programmes condensés en efficacité (trois ou quatre exercices différents qui utilisent les grands groupes musculaires) alors j’y suis environ une demi-heure incluant mes étirements. À dix-sept heures quinze, je suis prête à partir chez moi. J’organise mon horaire en conséquence. Et depuis, je me lève plus régulièrement à six heures du matin, sans trop de difficulté, pour prendre le temps de méditer, lire un peu, déjeuner tranquillement. Et je suis de meilleure humeur toute la journée.

Ce n’est qu’un exemple. Je trouve relativement important de régulièrement repenser nos valeurs, nos habitudes, nos façons de faire, notre routine. De ne pas s’en vouloir. De se pardonner. Ou de réaliser qu’il n’y a rien à pardonner. Ce n’est pas grave, si je ne me lève pas pour aller au gym. J’irai plus tard, ou je n’irai pas. Je n’en mourrai pas. Je devais juste remanier mes journées. Et je me suis évidemment demandé si j’aimais encore ça, aller au gym. J’aurais pu décider de ne plus y aller. Mais les bénéfices sont trop grands pour que j’arrête. Ce n’est pas toujours facile. Mais une fois que j’y suis, que je suis en train de soulever, pousser ou tirer des poids, je suis bien contente d’y être.

Pour l’écriture, j’ai décidé cette année de reparticiper à NaNoWriMo, soit écrire 50,000 mots du 1er au 30 novembre. Je n’ai aucune idée de ce que je vais écrire, et je vais probablement décider sur le tas, le 1er novembre au matin. On verra où ça me mène. J’ai bien hâte, pour être honnête. Pour recommencer à réellement écrire, on dirait que j’avais besoin d’un cadre officiel, d’une raison valable, plus que « j’en ai un peu envie ». Je fais tellement de choses que c’est facile de repousser l’écriture comme étant secondaire, étant donné qu’elle ne fait pas partie de ma routine régulière.

Le froid arrive, et les toits étaient recouverts de neige ce matin. C’est un peu tôt dans l’année pour ça, j’essaie de ne pas anticiper ni projeter. Ce n’est que de la neige. Au pire, j’irai faire de la raquette plus tôt dans l’année. Un dicton norvégien dit qu’il n’y a pas de mauvaise température, juste de mauvais vêtements. Je vais garder ça en tête cette année.

Fait que je me force à écrire. J’ai pas grand-chose à dire et ma vie va très mollo, mais j’écris, j’écris.

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