J’ai réduit ma consommation d’alcool et je n’en souffre pas

Un des chapitres de Lean Habits traite des « gâteries » alimentaires, soit les aliments frits, sucrés et l’alcool.

En règle général, à l’exception de mes deux-trois jours de SPM, je n’ai pas de problème avec les aliments frits ou sucrés. J’en mange très rarement à la maison, et je ne les choisis pas systématiquement au restaurant. L’alcool, par contre…

Je tombe dans une espèce de catégorie hybride bizarre d’alcoolique pas alcoolique. Quand je ne bois pas, je n’ai pas vraiment envie de boire. Ça m’arrive parfois quand je vais moins bien ou que je veux décompresser, mais en règle générale, je gère très bien. Par contre, quand je commence à boire, ça devient exponentiellement plus difficile d’arrêter. Surtout quand c’est gratuit et disponible en grande quantité. Avoir trois bouteilles de vin à la maison, ou des tickets-boisson illimités au party de job.

Parlant de ces partys, ils sont fréquents et bien arrosés par tradition; je me suis donc rapidement bâti, comme d’habitude, une solide réputation de fêtarde. Réputation qui me faisait honte. Mais je faisais honneur à mes origines. Tout le monde sait que les nord-côtières savent boire comme cinq (j’étais rendue à six, je ne savais plus boire, mais c’est un détail).

Pendant longtemps j’ai repoussé l’idée de réduire ma consommation. J’ai bien fait quelques défis du genre trente jours sans alcool, et j’avais effectivement réduit, consciemment ou pas, la fréquence de ma consommation; mais les quantités demeuraient les mêmes, soit trop. Toujours trop.

Lorsque je me suis remise de ma chirurgie de janvier dernier, j’ai décidé de faire quelques recherches et de trouver un système qui fonctionnerait pour moi. Je n’avais pas envie de rendre mon chum/amis/collègues responsables de ma consommation en leur demandant de me watcher à tout bout de champ. Je voulais me responsabiliser.

Alors je me suis imposé une limite de deux consommations par semaine.

Et… c’est ça. Ça fonctionne. Je pensais que j’allais me rebeller contre la « règle », que ce serait invivable dans les partys. Mais je l’ai commencé en plein milieu de la Revengeance des duchesses, dont la majorité des activités se déroulent dans des débits de boisson, et je n’ai pas eu moins de plaisir.

Le truc, c’est que je planifie d’avance. Comme je suis une personne très peu sociable, je prévois généralement mes sorties à l’avance. Donc, quand l’occasion de boire se présente, je passe par deux réflexions:

1- Arrêter l’automatisme de disponibilité: est-ce que ça me tente de boire? Si oui, passer au deux:

2- Planifier: est-ce que j’ai prévu de boire une autre fois cette semaine? Si oui, je décide de soit ne pas boire du tout, soit seulement une consommation et d’en garder une « en réserve » pour l’autre événement.

Par exemple, je sortais prendre un verre avec un ami vendredi dernier (ce qui a fini en repas au resto à la place). Ça été prévu une semaine à l’avance. Le mercredi d’avant, je soupais au 47e Parallèle avec une amie pour son anniversaire, avant d’aller au théâtre. Ça, c’était prévu depuis genre novembre. Résultat, mercredi soir, une seule coupe de vin en soupant, et vendredi soir, une autre seule coupe de vin en soupant.

Est-ce que j’ai eu moins de plaisir? Non. Est-ce que je me suis sentie privée? Non. Est-ce que je vous ordonne de faire la même affaire? Si c’est ce que tu penses, tu me comprends mal en tabarouette depuis plusieurs années.

C’est comme une réalisation trop tardive que plus d’alcool ne signifie pas nécessairement plus de plaisir. Et même si l’alcool m’aide en situation sociale, je ne veux pas non plus qu’il devienne une béquille sans laquelle je suis incapable de parler aux gens ou d’être drôle. Je ne veux pas associer impérativement l’alcool avec la détente ou le plaisir. J’ai trouvé d’autres moyens de relaxer le vendredi soir, et j’ai décidé que je n’étais pas obligée de boire du vin avec mes sushi, ou de prendre deux pintes quand je sors à la micro.

Peut-être que cette ligne de conduite ne tiendra pas. Pour le moment, elle me convient… et je suis bien contente de me débarasser de l’étiquette de grande buveuse qui finit toujours ses soirées malades et/ou à brailler toute seule dans les rues sombres de Saint-Roch.

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