Politique de cours de récré

Quand j’étais jeune ado, je suis tombée dans le même piège que la majorité des jeunes ados: la politique m’emmerdait, je l’ignorais royalement et je répétais à qui mieux-mieux que « anyway, c’est toute des crosseurs », ce grand classique québécois.

Heureusement j’avais quatorze ans et pas encore le droit de vote.

J’ai voté pour la première fois aux provinciales de 2008. Pendant plusieurs années, j’ai systématiquement voté PQ et BQ, en indépendantiste passionnée mais mal pas du tout informée. J’ai voté aux fédérales en Saskatchewan en 2015. À vingt-cinq ans, c’était la première année où je prenais vraiment la peine de faire mes recherches. Parce que je ne pouvais pas voter BQ. Non seulement ils n’avaient plus vraiment rapport, mais j’avais trois choix de candidats: libéraux, conservateurs et NPD. (Comme toujours, les conservateurs sont entrés en force à Langenburg, ma petite commune fermière de mille âmes.)

Avec le temps, mes priorités et mes valeurs ont changé. Je ne peux pas me vanter de lire l’entièreté des programmes électoraux de chaque parti, alors je mise sur ce qui m’interpelle le plus: l’environnement, les enjeux sociaux et l’art. Je suis une irréductible gauchiste, j’ai la foi.

Par contre, avec chaque élection qui passe, avec chaque année, chaque Tweet, chaque article dans Le Soleil, je me sens m’enliser doucement dans une spirale de négativisme et de défaitisme. Dans le « anyway, c’est toute des crosseurs ». Ça me fait de la peine.

Cette année ne fait pas différence. Les candidats s’insultent les uns les autres sur Facebook et Twitter. Je n’ai presque pas entendu parler des mesures de chaque parti – juste de qui a tenu les propos les plus racistes et qui s’est à moitié excusé. C’est désolant, parce que c’est comme l’huile sur l’eau: ça flotte sur le dessus et c’est juste ça qu’on voit. Je n’y échappe pas, peu importe à quel point je Unfollow tout sur Facebook, peu importe à quel point j’ignore le journal dans la cafétéria du bureau, peu importe à quel fréquence je change le poste de radio dans l’auto.

Le vote est un devoir citoyen, mais les gens n’aiment pas faire leurs devoirs. Je ne peux pas vraiment les blâmer. On me considère comme assez crinquée de prendre de mon temps personnel pour faire des recherches et décider pour qui voter au lieu de toujours aller vers le même parti sans trop me demander pourquoi. Même si au final, ça doit prendre peut-être trois ou quatre heures de mon temps, sur quoi, deux mois? Mettons que j’écoute un peu moins la télé et que je lis quelques articles de blogue en moins, c’est pas cher payé pour ce que ça donne.

Imaginez si tout le monde faisait ça. On n’aurait sûrement pas les gouvernements qu’on a présentement.

C’est dommage que ce qui soit couvert, lancé à tous vents et étendu sur la corde à linge ne soit presque jamais pertinent. C’est sûr que j’aime ça être informée quand un candidat potentiel, qui pourrait se ramasser à nous représenter officiellement, tient des propos racistes contre les autochtones. Mais ça ne devrait pas être juste ça, une campagne électorale. Okay, je ne voterai pas pour celui qui est raciste. Mais qu’en est-il des trois ou quatre autres choix? Vous me promettez quoi, à moi?

Pour le savoir, faut que j’aille creuser loin. C’est pas en lisant le Soleil ou mon fil Facebook que je vais le savoir, cette année.

Qu’en pensez-vous?

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Altruisme hypocrite

En tant que bouddhiste (et pas obligée d’être bouddhiste pour ça, évidemment), l’altruisme fait partie intégrante de ma vie. C’est l’une de mes principales valeurs et je m’efforce de l’appliquer dans tous mes gestes, toutes mes paroles. J’y médite, j’y réfléchis et j’en discute. Je m’intéresse particulièrement à la psychologie de l’altruisme.

Pendant longtemps, j’ai cru que j’étais une altruiste hypocrite parce que, quand je faisais du bien aux autres, j’en ressentais moi-même. Non pas que je voulais nécessairement souffrir pour que les autres ne souffrent pas, mais parce qu’il me semblait que pour qu’un acte soit véritablement altruiste, ses effets ne devaient être positifs que pour autrui. Tout au plus je devais demeurer neutre dans mes sentiments.

J’ai lu un nouvel article de Matthieu Ricard ce matin dans lequel il explique que ce que je ressentais est normal, commun, mais erronné; que de ressentir du bien-être après un acte altruiste était positif, voire souhaitable.

Dans le fond, comme on dit quand on reçoit un cadeau poche, c’est l’intention qui compte.

Si je nourris des sans-abris parce que je veux que mon nom circule sur les réseaux sociaux, le résultat peut être sympathique, mais l’acte en tant que tel n’est pas vraiment altruiste. Devrait-on alors s’empêcher de nourrir des sans-abris?

Je n’ai pas tendance à partager à grande échelle mes actions qu’on pourrait dire « de charité ». Je les partage seulement quand le bénéficiaire me tient à coeur; et jamais à grand public, mais plutôt à mes amis et à ma famille. Pas pour augmenter ma quote sociale, mais plutôt pour donner de la visibilité à un organisme que je trouve intéressant. Même écrire ça, ça me fait bizarre, parce que je m’affiche publiquement comme étant quelqu’un qui donne.

Pourtant, je ne me considère pas comme étant très généreuse. Monétairement, je ne contribue que très rarement à quoi que ce soit; je ne fais aucun don récurrent, et je donne quand je suis sollicitée et que la cause me paraît juste (récemment, à Back on my Feet, Humans of New York et Ô Village). Matériellement, je fais régulièrement des purges à la maison (mon petit côté minimaliste fatigant) et je préfère donner que vendre (récemment, à la bouquinerie de Limoilou, aux Anges du Bal, à la Friperie de St-Roch et à Vide ta Sacoche). C’est surtout du temps que je donne, parce que je n’ai pas de vie (récemment, à l’Espace Éphémère de la Marina St-Roch et à la Foire Écosphère).

Dans le passé, parce que je me sentais bien quand je faisais du bien, je me suis empêchée d’agir. Quelque chose clochait. Et c’est vrai qu’il y a plusieurs années, je faisais tout pour les mauvaises raisons. J’avais absolument envie de me faire raser la tête pour le cancer parce que je voulais être sur la première page du journal. Oui, l’argent pour la recherche sur le cancer, c’était cool, mais ce n’était pas mon but principal. Heureusement?, je ne suis jamais arrivée à bon port. La vérité c’est que de faire tous ces efforts pour amasser des fonds ne me tentait pas du tout. J’imagine que ma motivation super égoïste a eu raison de mes moyens.

Alors, collectivement, qu’est-ce qui nous empêche d’agir? La paresse, le manque de ressources, l’aveuglement social, le nihilisme? Le Ice Bucket Challenge était sensé amasser des fonds pour la sclérose latérale amyotrophique, mais les gens se sont mis à se faire des Ice Bucket Challenge sans amasser d’argent. Même chose pour les barbes de novembre, les « donner au suivant » filmés et partagés sur Facebook… est-ce qu’on a absolument besoin d’une récompense, d’une carotte au bout du fil pour faire acte d’altruisme? Ou est-ce que j’ai cette impression parce que les véritables altruistes ne disent rien?

Gagnerait-on à ce qu’ils s’expriment, à ce qu’ils partagent leurs actions, ou est-ce qu’on tomberait forcément dans le même cercle de visibilité sociale?

C’est difficile de trouver l’équilibre entre « je veux inspirer les gens à faire le bien » et « je lance un discours moralisateur qui me place au-dessus du commun des mortels », comme j’ai l’impression de le faire dans cet article. Est-ce que je me vante? Est-ce que je pousse mon altruisme dans le fond de la gorge des gens? Est-ce que je n’aurais pas dû nommer mes dons récents, est-ce que j’ai l’air de m’acheter le chemin du paradis?

Bref, j’essaie juste de démarrer une discussion.

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L’opinion à tout prix

Yelp. TripAdvisor. Google Maps. Facebook. Foursquare. Glassdoor. Sondages par courriel, dans la rue, dans le journal. Les opinions, partout, tout le temps. On vit dans l’âge du partage, du Tout-Dit, des plaintes publiques, de l’anonymat.

Tellement qu’on se sent obligés de constamment partager notre avis sur absolument tout.

C’est parfois nécessaire, ça lance des conversations et des débats intéressants, ça influence l’opinion publique, ça apporte des changements positifs.

Mais me semble que dans la majorité des cas, ça sert à sweet fuckall.

  • Une nouvelle mode fait son entrée, que ce soit une coiffure, un style, un vêtement, un maquillage? On doit absolument s’exprimer: j’aime, je n’aime pas.
  • Un scandale éclate? On doit absolument s’exprimer: de MON point de vue, voici pourquoi c’est un scandale, voici pourquoi ce n’en est pas un, voici qui a raison et qui a tort.
  • Quelqu’un fait un choix différent de celui qu’on aurait fait? On doit absolument s’exprimer: voici ce que j’aurais fait et pourquoi, mais je respecte ton choix, là, c’est juste que je n’aurais pas fait le même et que tu dois absolument le savoir.
  • Une personnalité connue s’affiche sur les réseaux sociaux? On doit absolument s’exprimer: je n’aime pas son look, je n’aime pas sa personnalité, je la trouve vaine et insipide, je trouve que c’est un mauvais acteur et en plus il est laid.
  • On entend une conversation dans la rue, l’autobus, les toilettes publiques? On doit absolument s’exprimer: ayoye, les flos d’aujourd’hui n’ont pas d’allure, leurs conversations sont tellement insignifiantes, les vieux boomers sont tellement dans le champ, la fille est clairement bipolaire, le gars était un macho cave.
  • Etc.

Pourquoi ressent-on le besoin de lancer à tous vents notre avis sur absolument tout ce qui ne nous concerne pas vraiment? L’habillement de la fille qui attend l’autobus ou la chanson qui passe à la radio? La grossesse d’une telle ou le voyage de l’autre? Qu’est-ce que ça nous apporte? Est-ce que ça nous fait du bien, est-ce que ça nous valide en tant qu’Humain que d’avoir une opinion sur tout?

Ça me gosse. Ça m’énerve. Parce que ce que porte la fille qui attend l’autobus, que ce soit des shorts et un crop top ou une maxi robe jaune, je m’en câlice pas mal. Qu’elle soit bien ou pas, que je la trouve belle ou pas, ça ne change absolument rien à quoi que ce soit. Je ne la connais pas, elle n’a pas besoin de mon opinion, peu importe ce qu’elle pense ou si elle veut plaire; à la fin de ma journée, si j’exprime mon avis à quelqu’un d’autre, que ce soit ladite fille qui attend l’autobus, l’amie avec qui je marche ou mon chum assis dans l’auto, personne ne s’en sort gagnant. On vient juste de gaspiller quelques-unes des mille quatre cent quarante minutes de notre journée à donner notre avis sur des shorts et un crop top.

On aurait pu jaser de notre journée, des programmes électoraux, de nos plans de vie à moyen terme, de nos projets, de joies éphémères, de joies profondes; de quelque chose de drôle ou de quelque chose de triste; on aurait pu parler de notre enfance, se vider le coeur d’une frustration personnelle, ou chanter à tue-tête, mais à la place, on a passé deux minutes à dire si, oui ou non, ce que portait la fille qui attendait l’autobus était beau, pratique, approprié selon nos critères personnels.

Quelqu’un peut m’expliquer? Parce que plus j’essaye de comprendre, moins je comprends.

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Lâche ton foutu cellulaire

Ton cell sonne, clignote, vibre, s’éclaire, pogne en feu. Il veut ton attention. Et il réussit à l’avoir.

Tu viens de te lever? Lâche ton cell. Fais des étirements, prépare un bon petit-déjeuner, prends ta douche, starte le café, va marcher.

Tu es au restaurant avec des amis? Lâche ton cell. Entretiens la conversation, déguste chaque bouchée, ressers du vin, admire la décoration, jase.

Tu es au gym? Lâche ton cell. Fais une rép de plus, cours, track ton progrès, sue, ramasse tes haltères.

Tu visites ta famille? Lâche ton cell. Demande-leur de leurs nouvelles, parle de ton nouveau projet, rappelle-toi des souvenirs d’enfance, aide à préparer le souper.

Tu conduis? Lâche ton cell. C’est illégal et dangereux, tu le sais. Si tu veux t’estropier, fais-le dont sans mettre les autres en danger. Concentre-toi sur la route et écoute de la musique. Le texto peut attendre. Le courriel aussi.

Tu travailles? Lâche ton cell. Donne 100% de ton attention à la tâche à accomplir. Range-le dans un tiroir. Oublie-le. Prive-toi des amplifiants TDA. Travaille.

Tu te couches pour la nuit? Lâche ton cell. Fais du yoga, écoute ta respiration, monte le bilan de ta journée, fais l’amour, dors.


Ça m’insulte tellement quand je suis avec quelqu’un qui préfère son cellulaire à moi. Une conversation en textos plutôt qu’une face-à-face. Des courriels au lieu d’une discussion et de rires complices. Des non-urgences quand même plus urgentes que d’être avec moi, simplement.

Lâche ton criss de cell. Ou je vais te lâcher.

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Testé et approuvé: bobettes Mme L’Ovary

(Je n’ai évidemment reçu aucune rémunération ni compensation pour cet article et les opinions présentées sont 100% les miennes. J’ai payé mes bobettes fullprice et telle un prophète de la Semaine Rouge, je répand la bonne nouvelle.)

J’aime vraiment le mot ‘bobettes’ 🙂

J’ai acheté deux paires Mme L’Ovary à leur kiosque à la Foire Écosphère de juin dernier. Malheureusement, quand j’ai eu mes règles quelques semaines plus tard, j’ai réalisé que j’avais reçu deux paires Medium au lieu de X-Large. Nooonnn! J’avais tellement hâte… j’ai écrit à la compagnie et ils m’ont rapidement envoyé ce que j’avais payé (une paire de nuit et une paire de jour, modèle bikini, taille XL) et une étiquette prépayée pour que je leur envoie celles que j’avais en main. Service efficace, courtois et rapide. On aime ça!

J’ai eu mes règles mardi et j’avais dont, dont hâte d’essayer mes nouveaux sous-vêtements. Ma pire journée est la deuxième, donc mercredi; je voulais commencer doucement. J’ai donc essayé le modèle de nuit dans la nuit de mercredi à jeudi et le modèle de jour, hier (jeudi).

C’est quoi des bobettes menstruelle?

Ce sont des sous-vêtements conçus pour accueillir le flot menstruel (comme une serviette hygiénique intégrée); ils peuvent aussi être utilisés en combinaison avec une coupe menstruelle. Leur popularité a explosé il y a quelques années et les publicités pour THINX et autres compagnies similaires ont fait leur apparition à la télévision et sur les réseaux sociaux.

J’utilise une coupe menstruelle depuis le printemps 2014 et je suis tombée en amour. Par contre, ça a fait augmenter la fréquence de mes crampes, particulièrement cette année. Dans la perspective zéro déchet, j’ai décidé de me lancer, mais j’hésitais entre les nombreuses offres sur le marché. Quand j’ai rencontré les femmes de Mme L’Ovary à leur kiosque, elles m’ont convaincu.

Alors, pourquoi cette compagnie?

  1. Chaque culotte de jour vient avec trois serviettes amovibles. D’après mes recherches, la majorité des autres compagnies offrent un modèle tout intégré. Donc, si j’ai un flot abondant, je devrais changer de bobettes au lieu de simplement changer la serviette amovible. Pas pratique au bureau…
  2. La compagnie est québécoise mais la fabrication se fait en Colombie. Ils gèrent eux-mêmes les travailleuses (donc pas de sous-traitants louches) et offrent des conditions de travail fantastiques. La qualité est là!
  3. Ils ont maximisé l’utilisation du coton bio (préférable pour l’environnement) en gardant en considération le prix final du produit. (Mais l’offre 100% bio s’en vient.)

Résultats du test

Je ne pensais pas aimer ça tant que ça. J’envisage même d’utiliser seulement des bobettes menstruelles quand j’en aurai suffisamment pour les cinq jours que durent mes règles.

Le seul inconvénient, c’est l’habitude! C’était bizarre de laisser tout ça « couler librement ». D’habitude, ça veut dire que je suis dûe pour vider ma coupe, ou que je l’ai mal placée. Mais j’ai aimé la sensation plus naturelle et l’abandon de contrôle que ça me procurait. Après tout, les menstruations sont naturelles et normales.

Mes plus grosses inquiétudes étaient le confort et les odeurs. Niveau confort, c’était parfait après m’être habituée. Je ne porte plus de serviettes hygiéniques depuis plusieurs années, donc de sentir une certaine épaisseur dans mes sous-vêtements, c’était un peu bizarre les premières heures, mais j’ai fini par m’y faire. Pour les odeurs – rien du tout. Il paraît que les menstruations dégagent seulement des odeurs lorsqu’elles entrent en contact avec des matières synthétiques. Comme les tissus utilisés dans la fabrication sont naturels, ça ne sentait rien du tout. Woohoo!

J’ai utilisé une seule serviette pour toute la journée, mais à ma pire journée, je pense devoir en utiliser deux, voire même les trois. Les bobettes viennent dans un petit sac imperméable discret, où on peut placer notre serviette souillée jusqu’au retour à la maison. (Je ne voulais pas me lancer là-dedans avant de tester pour les odeurs. Pas envie que ma sacoche sente la patch…)

Pour laver, rien de plus simple. J’ai fait tremper quinze minutes dans l’eau froide, puis j’ai essoré et je laisse sécher jusqu’à ma lessive et je vais les faire sécher à l’air. J’ai utilisé l’eau de rinçage pour arroser mes plantes d’intérieur – le sang menstruel est méga nourrissant. Même si mon chum trouvait ça dégueulasse. (Oui, l’eau était rouge et elle sentait légèrement le fer. Je préfère de loin utiliser mes menstruations à bon essient que de tout flusher dans la toilette… toujours dans l’optique zéro déchet!)

Je suis revenue à mon duo coupe + protège-dessous aujourd’hui et je m’ennuie déjà de la sensation de liberté que j’avais hier 🙁 je trouvais que c’était particulièrement pratique au bureau, où c’est plus difficile avec une coupe; il faut tout faire dans la cabine, on n’a pas accès à un lavabo à soi, c’est moins plaisant.

Bref, je vous les recommande fortement. Si vous êtes capables d’aller les voir dans un kiosque, vous économisez les frais de livraison (ce que j’ai fait). Elles sont aussi disponibles dans quelques boutiques (pas à Québec) et évidemment en ligne sur leur site web.

Bonne Semaine Rouge!

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Le découragement écologique

Tout le monde est dont vert et éco, tout le monde recycle. Ma génération est dont conscientisée. On fait dont notre possible.

Oui et non, en fait. Collectivement, on est vraiment loin d’en faire assez. On tombe facilement dans le piège du découragement et de la déresponsabilisation. Ce n’est pas notre faute. C’est au gouvernement d’agir. Blâmons les grosses corporations. Ça ne changera rien, de toute manière. Il est trop tard.

Dans cette optique, arrêtons de faire des enfants et attendons de mourir.

Cette semaine j’ai lu Lettres à mes petits-enfants de David Suzuki. Mardi soir, après avoir lu une lettre particulièrement déprimante qui faisait état de tous les problèmes écologiques de la planète, je me suis sentie impuissante, démunie et extrêmement démoralisée. Hier soir, j’ai regardé la télé pendant deux heures. Pas très productif. Je suis allée me coucher en me sentant poche. Parce qu’au lieu de chercher ce que je pouvais faire, moi, j’ai regardé la télé pendant deux heures.

J’ai donc fait quelques recherches aujourd’hui. Je connaissais déjà le Global Footprint Network (j’en parle un peu plus loin), mais je suis retournée sur le site pour me rafraîchir la mémoire. Ensuite j’ai visité le site web de la Fondation David Suzuki: la section « Passez à l’action » est assez intéressante. J’ai décidé de réfléchir à ce que je faisais déjà et à ce que je pouvais faire. C’est certain que mon virage zéro déchet aide. Pratiquer les cinq R. Le minimalisme. Le transport en commun. Partager le mouvement le plus positivement possible. J’ai récemment décidé de me reconvertir au végétalisme (je suis pescétarienne depuis environ un an) pour des raisons d’éthique et d’écologisme.

Mais je tombe souvent et facilement dans le découragement. Dans le fond, qu’est-ce que ça change? Je me sens seule, malgré les commentaires positifs et les appuis de ma famille, mes amis et mes collègues. Quand on ne voit pas le résultat concret de ses actions individuelles, à part un tas de compost et un bac de recyclage moins plein, c’est difficile de conserver sa motivation.

C’est la raison pour laquelle je dois parfois me donner une petite claque en lisant des livres comme celui de David Suzuki, en regardant des documentaires, en réfléchissant à la question et à l’impact de notre société sur la Terre. Je n’exagère même pas en affirmant pleurer quand je pense aux images des coupes à blanc. Ça me fend le coeur, ça me traumatise. On devrait tous se sentir extrêmement responsables. Ensemble, on peut agir. Un tout est tellement plus important que la somme de ses parties. Un citoyen qui s’engage, c’est bien. Dix mille citoyens qui s’engagent, ça fait changer les choses en tabarnak.

Qu’est-ce qu’on peut faire? Voici quelques pistes de solutions proposées par le Earth Overshoot Day. Qu’est-ce que c’est? Cette date, calculée chaque année, représente la date à laquelle la demande humaine pour les ressources et services écologiques dans une année donnée excède ce que la Terre peut regénérer cette même année. En 2018, cette date est le 1er août. Donc, en sept mois, on utilise ce que la Terre peut regénérer en un an. Ouch, pas super efficient, l’Homme…

Les villes

Le transport personnel représente 14% de l’empreinte écologique de l’humanité. Sur le plan individuel, favoriser l’utilisation du transport en commun et les déplacements verts (la marche, le vélo, etc) sont d’excellentes initiatives. Sur le plan sociétal, le développement urbain joue un grand rôle. Regardez Neufchâtel, quartier super récent dans lequel j’habite: il est conçu pour favoriser l’utilisation de l’automobile. Le tracé des rues est inefficace (on doit en emprunter trois pour arriver à destination, par exemple), ça été pensé à la méthode tourbillon, où chaque ilot d’habitations est isolé des autres. Regardez Limoilou; ses rues en quadrilatère facilitent grandement les déplacements en transport en commun et à pied.

L’énergie

En gros: fuck le carbone. C’est prouvé (pas désolée, sceptiques du changement climatique), les émissions de gaz à effet de serre sont extrêmement nocifs pour la couche d’ozone et pour l’environnement. L’utilisation des énergies carbones contribuent pour 60% de l’empreinte écologique de l’humanité. Sur le plan individuel, il faut impérativement réduire notre utilisation de ces énergies (pétrole, charbon, tourbe et gaz naturel). Sur le plan sociétal, la demande, et donc l’offre, pour les produits de consommation qui utilisent des énergies vertes-renouvelables (par exemple, les véhicules électriques) doit augmenter; l’information concernant ces produits doit être facilement accessible; et les compagnies doivent constamment améliorer leur efficacité énergétique et diminuer leur impact environnemental.

La nourriture

Soit 26% de notre empreinte écologique. Ici, il y a des choix à faire, et de l’information à distribuer. La production de calories animales nécessite beaucoup plus de ressources que les calories végétales. Le gaspillage alimentaire contribue également au problème – un tier de la nourriture produite pour la consommation humaine sur Terre est gaspillé. Sur le plan individuel, favoriser un régime végétalien (heureusement de plus en plus accessible) ou du moins réduire sa consommation de produits du règne animal est un pas dans la bonne direction, comme l’achat local et le compostage. Sur le plan sociétal, les mentalités doivent changer et nous devons enrayer le gaspillage alimentaire du début à la fin de la chaîne de production en améliorant les processus en place.

La population

C’est un sujet délicat. Y a trop de monde sur la Terre. Personne ne veut se faire dire de faire moins d’enfants, et les gouvernements occidentaux capotent parce que leur population est en déclin. Faut faire autant de flos que les autres, ça l’air. En ce moment, il n’y a littéralement pas assez de Terre pour le nombre d’habitants qui s’y trouvent. Tout le monde a sa responsabilité. Si on diminuait la taille moyenne des familles de seulement ½ enfant, ça aiderait déjà. Sur le plan sociétal, les féministes doivent continuer à se battre pour que les filles et les femmes de partout aient plus d’opportunités et de possibilités; qu’elles aient d’autres options que de seulement faire des enfants. Nécessairement, il y en a qui vont tout de même faire ce choix; mais je vous garantis qu’elles ne le feront pas toutes, loin de là.


Malheureusement, leur site web est seulement en anglais, mais si ça vous intéresse, leur section Steps to MoveTheDate est très complète et concrète. J’aime beaucoup le Calculateur d’Empreinte (disponible en français!) et j’ai obtenu 1.4 planètes – ma date est le 24 septembre. Le test prend en compte les impacts personnels et sociétaux. Il me permet d’identifier deux catégories dans lesquelles je peux grandement m’améliorer: le transport et les services (les impacts sociétaux).

Les petits graphiques sont bien cool, mais il ne suffit pas d’absorber l’information – il faut y réfléchir et prendre action. C’est pourquoi je vous reviendrai avec un autre article sur le sujet.

Quels sont vos résultats?

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Testé et approuvé: le déo maison

J’ai entendu parler du déo maison pour la première fois en 2014, quand j’ai lu Zéro Déchet de Béa Johnson. Je trouvais ça ridicule.

Beaucoup d’eau a coulé sous les ponts et le mot aluminium a commencé à apparaître un peu trop souvent à mon goût dans des polémiques anti-déo. Puis je me suis lancée dans le zéro déchet cette année, ce qui implique pas mal de DIY et de changements d’habitude.

J’utilise le même déodorant depuis littéralement toujours. J’ai changé de parfum 3 fois, chaque fois parce que le mien était discontinué. Je suis une femme d’habitude.

Vers la fin du printemps, j’ai décidé d’essayer de passer une journée sans déodorant, juste pour voir, en me disant: le pire qui va arriver, c’est que tu vas puer un petit peu au bureau une fois, tant pis. À mon grand étonnement, ça s’est super bien passé. C’était une journée super tranquille, pas de gym le matin, je suis allée prendre une marche au parc à la place, et après la douche, pas de déo. J’ai une job de bureau, je ne bouge pas beaucoup, pourtant j’ai tendance à suer quand même naturellement, mais je n’ai pas pué cette journée-là.

Ni les suivantes.

J’ai donc adopté une politique initiale de mettre du déodorant seulement pour aller au gym. Même si je suis presque toujours seule là-bas le matin, au cas où. Puis l’été est arrivé et j’ai recommencé à mettre un peu de déo pour les journées chaudes, surtout si je prévoyais aller dîner au parc ou prendre une marche sur l’heure du lunch.

Le 20 juin, j’ai suivi une formation avec Craque-Bitume pour fabrication de déodorant et de crème solaire maison. Je connaissais déjà les recettes (faciles à trouver en ligne), mais je n’étais pas game d’essayer ça chez nous toute seule. J’ai une peur atroce de l’échec. En plus on repartait avec un échantillon de ce qu’on avait fabriqué, les ingrédients étaient fournis, ça me rassurait. Ça été une super soirée et j’ai placé mon petit pot mason avec 2-3 cuillères à soupe de déodorant beige dans mon armoire de salle de bain.

J’en ai mis le lendemain, en suivant les conseils de la prof, j’ai passé une belle journée sans puer (et j’ai beaucoup marché ce jour-là, dans des températures d’environ trente degrés) et c’était super cool.

Depuis une semaine, j’ai abandonné le déo pour le gym. Je n’y suis qu’une demi-heure, et je me suis rendue compte que je sentais à peine la sueur quand j’allais prendre ma douche (pourtant, j’ai tellement, tellement chaud, j’ai des coulisses à grandeur du corps).

Considérations pour le déodorant maison

  1. C’est un déodorant, pas un antisudorifique; il ne bloque donc pas la transpiration, il élimine juste l’odeur aigre. Si vous utilisez présentement un antisudorifique, il faut s’habituer à sentir une certaine moiteur sous les aisselles quand on change pour un déodorant.
  2. Je conseille fortement l’application au doigt, car l’application au bâton, même si elle est possible, en utilise beaucoup trop. Je mets environ une demi cuillerée à thé sur chaque aisselle, avec un doigt, je l’étends ensuite sur toute la surface (là où les poils poussent) avec ma main.
  3. Apparemment que la cire d’abeille peut tacher les vêtements pâles (blancs) et l’huile de coco peut faire des taches de gras. Je n’ai jamais eu ce problème (mais je ne porte pas de blanc), par contre beaucoup de gens croient c’est surtout lié à une trop grande quantité d’application.
  4. Assurez-vous d’utiliser un contenant bien propre et hermétique (j’utilise un mini pot Mason).
  5. Même pendant la canicule, il a gardé une bonne texture crémeuse (la température est montée à 32*C dans le condo). Par contre, comme pour tous les produits corporels, on le range dans une armoire et on évite de le laisser exposé au soleil.

Peux-tu nous donner la foutue recette? (en italique les options d’ingrédients que nous n’avons pas utilisé pour notre recette du 20 juin)

  • 6 c. à soupe (90 ml) d’huile de noix de coco
  • 1/4 tasse (60 ml) de bicarbonate de soude sans alun ou d’argile blanche
  • 1/4 tasse (60 ml) de fécule de maïs ou d’amarante
  • 20 g. (1 c. à soupe) de cire d’abeille râpée
  • 36 à 45 gouttes d’huiles essentielles au choix (facultatif) – ratio: 2 à 3 gouttes par 5ml d’huile*
  1. Dans un chaudron ou au bain-marie, faire fondre l’huile de noix de coco et la cire d’abeille à feu doux.
  2. Éteindre le feu, ajouter le bicarbonate de soude et la fécule de maïs en tamisant pour éviter la formation de grumeaux.
  3. Retirer du feu et ajouter les huiles essentielles.*
  4. Mettre dans un contenant, étiqueter et utiliser!

*Les huiles essentielles conseillées pour la fabrication de déodorant: ces huiles ont des propriétés antibactériennes et antiseptiques, en plus de diminuer les odeurs:

  • Lavande
  • Tea tree (arbre à thé)
  • Sapin
  • Palmarosa
  • Sauge sclarée
  • Bergamote (utilisée pour la recette du 20 juin)

Renseignez-vous bien avant d’utiliser n’importe quelle huile essentielle, car elles ne vont pas toutes sur la peau. Passeport Santé offre un excellent guide.


Pour ma part, j’utilise encore mon bâton de déodorant normal de temps en temps, histoire de le terminer (je suis cheap). Mais neuf fois sur dix, j’utilise mon déodorant maison. Je l’ai testé: au bureau; chez moi; dans la canicule (plus de 40 degrés Celcius); au gym; en courant à l’extérieur… et il a passé le test, chaque fois.

Bon déodorisage!

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Vivre et laisser vivre. Un manifestre contre l’ostracisation des femmes.

En fin de semaine dernière on est allés camper à Pointe-Taillon et c’était super cool.

Sur la route du retour, grand classique, nous nous sommes arrêtés à L’Étape. L’Étape est au Lac ce que la traverse de Tadoussac est à Baie-Comeau; le lieu d’arrêt nécessaire, mérité, overpriced, où on rencontre toujours quelqu’un qu’on connaît, et où la file d’attente pour les toilettes des femmes s’étire à l’infini.

J’avais vraiment envie de pisser, et devant moi se trouvait un groupe de jeunes femmes de peut-être seize ans, habillées à la mode, le genre joueuses de volleyball; elles étaient cinq, elles déconnaient ensemble, bref, elles avaient seize ans. Sort des cabines une autre jeune femme, peut-être un peu plus vieille, vêtue d’un petit tube top jaune, pas de brassière, avec un macaron FEQ épinglé dessus et d’un jean moulant. Une festivaleuse, quoi.

Les cinq adolescentes de la regarder passer en silence, puis se lancer des regards moqueurs et lancer leurs commentaires. « Pas de classe » est revenu souvent, mais celui qui m’a le plus choqué, c’est:

Petite pute.

Je n’ai rien dit, parce que, ben, je n’ai pas de bonne excuse, je n’ai juste rien dit. J’étais estomaquée. Et très mal à l’aise. Je n’ai rien dit. Je suis allée pisser. Entre-temps une madame, genre leur chaperon, est venue les voir, leur a jasé un peu, et j’avais le goût de lui dire: madame, saviez-vous que celle-ci a pensé d’une autre femme qu’elle était une prostituée de petite taille et de petite vertue (sous-entendue)?

Je n’ai rien dit, et je suis toujours mal à l’aise cinq jours plus tard. Petite pute. Petite pute à top jaune qui va au festival d’été. Petite pute.

Pourquoi?

Pourquoi on se juge de même? Pourquoi, en voyant cette femme-là, je n’ai absolument rien pensé d’autre que « je me demande si elle va au FEQ ou si elle en revient »? Pourquoi est-ce qu’elle n’aurait pas le droit de s’habiller de la foutue manière qu’elle veut sans recevoir de commentaires? Pourquoi? Pourquoi?

Je ne comprends pas.

Dans le même ordre d’idées, j’ai jasé avec un collègue masculin cette semaine de la foule plus jeune du FEQ. Il n’en revenait pas de la façon dont les ados étaient habillées. Seulement les filles, évidemment, parce que c’est tellement sexuel, un corps de femme. Il m’a lâché qu’il capoterait d’être père et de voir sa propre fille partir habillée de même pour aller à un festival de musique.

Je l’ai obstiné, là, j’ai osé parler, parce qu’on se connaît. Si t’avais un gars, tu penserais jamais de même, hein? Pourquoi ta fille c’est grave, mais ton gars peut se montrer comme il veut?

Sa réponse était classique – « ben, parce que c’est pas la même affaire ».

Pourquoi? Pourquoi?

Petite pute. Je l’aimais bien, moi, son top jaune, j’aimerais ça être capable de porter des tops-tube et la couleur jaune, mais je trouve pas ça beau sur moi.

Je suis chanceuse, j’ai gagné des passes VIP OR pour aller voir Lorde sur les plaines ce soir, précédée de Cyndi Lauper (holy shit).

Ce matin, je suis partie précipitamment de chez nous, je n’ai pas rasé mes aisselles depuis plusieurs jours et je suis poilue. Et je porte un vêtement assez ouvert, genre coupe chauve-souris. Au bureau, je ne lève pas vraiment les bras, mais au FEQ, je vais les lever, mes bras, et les gens vont voir mes poils, les gens vont voir que je ne me suis pas rasée.

Au secondaire, quand on avait piscine en éduc, j’apportais mon rasoir dans mon sac pour me raser une minute avant d’entrer dans la piscine, de peur qu’une racine d’un demi-milimètre puisse apparaître.

Là, je m’en câlice pas mal, ou j’essaye de m’en câlicer. À soir, tout le monde va voir mes poils. Mes jambes ne sont pas plus faites et j’ai retroussé mes jeans un peu.

Petite pute.

Malpropre? Over-the-top féministe? Qu’est-ce qu’elles vont dire, les volleyballeuses de seize ans? Lesbienne?

C’est difficile de s’en foutre quand on sent les regards, quand on voit les gens chuchoter.

Je finirai sur cette note: quand j’ai vu Deadpool 2 au cinéma et que j’ai vu que le personnage de Domino (la fille hyper chanceuse) avait les aisselles poilues, j’ai quasiment joui. J’étais tellement heureuse de voir ça au cinéma que j’en aurais pleuré. J’y pense souvent, depuis le temps. Je l’aime bien, l’année 2018.

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Boucliers imaginaires

Je suis le Québec, quand je neige, je neige en christ. Je suis le Nord-du-Québec, je neige tout le temps, je ne connais pas l’été. D’ailleurs je n’y suis jamais allée, mais je sais que je suis là, je suis ça.

Parlant du christ, il doit être découragé de me voir aller.

Mon deux et demi ne me contient plus. Difficile de tourner en rond dans seulement deux pièces. La demie, c’est un placard qui contient une toilette. Alors je vais tourner en rond dehors, mon coeur goutte-à-goutte sous le soleil sans jamais fondre complètement. S’il neige, s’il pleut, j’attends la presque-engelure avant de retourner à la clémente humidité de l’appartement. Je sèche à l’air libre.

Le soir, je me couche en cuillère avec mon chat, dans un lit trop grand pour notre couple interracial d’amour chaste. Quand je suis incapable de me contenir moi-même, j’écrase mon visage dans sa douce fourrure et je crie. Ça étouffe les sons. Il n’aime pas trop, mais il n’a pas trop le choix non plus. Il a probablement le cancer, à force que je lui crie dedans. C’est normal, il est à moitié Homme, et tous les Hommes meurent du cancer un jour ou l’autre.

Il n’y a rien d’autre, que lui et moi, et les milliards d’étrangers tenus à distance par mes boucliers imaginaires.


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Chaque geste compte, ou comment combattre la défaite

Le changement, c’est difficile.

Je ne vous apprends rien. Changer nos habitudes, mentalités, préjugés, philosophies de vie, changer de carrière, de chum… ça prend toujours une bonne dose de résilience, voire de résignation. Ça prend de la volonté, particulièrement quand nous faisons un choix conscient.

Devenir végétarienne, minimaliste, vivre quatre séparations et une quinzaine de déménagements… commencer à méditer, intégrer les Lean Habits et faire du sport… c’est quasiment done deal maintenant mais, dans le temps, il a fallu que je commence quelque part.

Comme en février dernier, quand j’ai décidé de prendre le virage Zéro Déchet. Comme d’habitude, je me suis garrochée à 150% dans l’aventure, avec l’envie d’aller le plus rapidement possible. Mais il y avait tant à faire, j’étais si loin du but. Le découragement s’est rapidement pointé le nez.

À l’époque je m’étais donc bâti un espèce d’aide-mémoire avec des idées de changements à apporter. Sur le coup, mon fichier Google Drive d’une dizaine d’onglets (oui, je suis organisée à ce point-là) me donnait des vertiges. Maintenant, il m’inspire. J’ai changé ma perspective et je me donne des mini-buts à atteindre chaque semaine. Parfois je fais de grands bons, parfois des changements très minimes. Mais ça avance.

Je vous partage donc ici tous les petits changements que j’ai faits depuis mars, donc en presque quatre mois. Un excellent début selon moi!

Nourriture

Ce que je faisais déjà avant: utiliser le plus possible les légumes. Par exemple, je ne pèle jamais mes carottes ni mes patates (oui, même si je fais des patates pilées, je sais, c’est bizarre). On fait aussi l’épicerie avec une liste, on achète très peu de produits transformés (qui forcément génèrent plus de déchets avec les emballages) et on jette très rarement de la nourriture à la poubelle.

Ce que j’ai implanté: le vermicompostage, depuis le 15 juin. La majorité des déchets de table peuvent être compostés, à l’exception des agrumes, de la viande et du poisson (qu’on produit très peu chez nous de toute manière) et de ce qui est vinaigré, trop salé ou trop gras. J’ai aussi acheté une capsule réutilisable pour notre Keurig (le marc de café se composte) et on n’a presque plus de capsules à passer.

Prochaine étape: c’est facile de se concentrer sur nos propres poubelles, mais on oublie souvent ce qui est généré hors de la maison. Ma prochaine étape sera donc mes habitudes de consommation au restaurant; non seulement y aller moins fréquemment, mais aussi refuser les pailles, amener ma propre serviette en tissu et amener mes contenants pour le takeout.

Épicerie & cuisine

Ce que je faisais déjà avant: je réutilisais mes sacs Ziploc en les lavant entre chaque utilisation jusqu’à-ce qu’ils soient troués ou trop usés.

Ce que j’ai implanté: au lieu de les recycler, je conserve les contenants de yogourt et de fromage cottage pour en faire don aux banques alimentaires et aux épiceries zéro déchet. J’ai cousu des serviettes de table que nous lavons après utilisation.

Prochaines étapes: les déchets de la cuisine (j’inclus les contenants recyclés) représentent presque toujours le plus gros volume des poubelles d’un foyer. J’ai  deux volets à ma prochaine étape: les contenants et les outils. Pour les contenants, je veux amener mes propres bocaux à l’épicerie (il y en a plusieurs à Québec qui les acceptent, dont trois entièrement zéro déchet) et acheter en vrac. Pour les outils, je veux trouver des alternatives au papier parchemin, au papier d’aluminium et à la pellicule de plastique.

Entretien

Ce que je faisais déjà avant: j’utilise toujours des guenilles que je lave après utilisation, peu importe le type de ménage à faire, même pour la peinture.

Ce que j’ai implanté: en ce moment, j’attends que nous finissions la panoplie de produits ménagers que nous avons en stock. Je conserve quelques contenants-spray vides pour faire mes propres recettes.

Prochaine étape: ne plus acheter de produits commerciaux pour faire l’entretien, que ce soit laver les planchers, la salle de bain ou la cuisine, faire le lavage, ou laver la vaisselle.

Hygiène

Ce que je faisais déjà avant: j’utilise une coupe menstruelle depuis 2014 (plus de tampons ni serviettes hygiéniques, seulement des protèges-dessous).

Ce que j’ai implanté: j’ai fait l’achat de sous-vêtements Mme l’Ovary (pas encore testés par contre!). J’ai cousu mes propres tampons démaquillants que je lave après utilisation. J’utilise un seul savon en barre (Madame Tignasse) pour me laver les cheveux et le corps et aucun autre produit dans la douche.

Prochaines étapes: je me bats sur plusieurs fronts dans la salle de bain! Toilettes: installer un bidet amovible et acheter du papier de toilette 100% recyclé emballé dans du papier. Je pense faire le saut vers le papier de toilette réutilisable un jour. Maquillage, crème hydratante, shampoing sec et déodorant: utiliser mes recettes maison seulement. Soie dentaire et cure-oreilles: trouver des alternatives.

Courrier & papier

Ce que je faisais déjà avant: recevoir toute ma correspondance par courriel, lorsque l’option était facile à activer.

Ce que j’ai implanté: j’ai demandé l’autocollant de Publisac pour arrêter d’en recevoir (il est collé au-dessus de la poignée de porte et depuis, pas un seul!). J’ai également demandé l’autocollant de Postes Canada pour ne plus recevoir de publicité dans notre boîte aux lettres. Je me bats avec quelques-uns qui nous envoient du courrier semi-adressé, dont l’intempestif Bell, le pire de tous. Par exemple, Costco ne m’envoie plus leur magazine trimestriel, ni les coupons papier, mais il a fallu que je parle à trois personnes avant que ce soit mis en place.

Prochaines étapes: réutiliser au maximum le papier avant de le recycler. Par exemple, utiliser une enveloppe pour faire ma liste d’épicerie. Dans le fond – ne plus jamais acheter de papier!

Eau

Ce que je faisais déjà avant: pour la conservation de l’eau, je n’ai jamais été super on point… au moins je ne laissais pas couler l’eau du robinet quand je me brossais les dents 🙂 et je n’achète presque jamais de bouteille d’eau en plastique. J’amène ma gourde en métal lorsque j’y pense!

Ce que j’ai implanté: j’arrose mes plantes avec l’eau du déshumidificateur. J’arrête la douche lorsque je me savonne.

Prochaines étapes: diminuer le volume d’eau dans le réservoir des toilettes (avec une bouteille d’eau pleine ou une brique par exemple) et acheter un pichet pour le réfrigérateur (lorsqu’on utilise de l’eau chaude dans la cuisine, c’est très long avant qu’elle redevienne froide, on en gaspille pas mal à cause de ça).

Vêtements

Ce que je faisais déjà avant: j’achetais rarement neuf; le vêtement le plus écolo est le vêtement de seconde main.

Ce que j’ai implanté: je porte plus attention aux tissus utilisés et à la provenance du vêtement. Si j’achète neuf, j’achète de préférence (dans cet ordre) québécois, canadien ou américain, et je choisis des tissus naturels comme le coton biologique, ou bien du polyester recyclé pour les vêtements de sport.

Prochaines étapes: éventuellement, j’aimerais bien coudre mes propres vêtements et me constituer un « uniforme personnel » pour simplifier encore davantage cet aspect de ma vie.

Au travail

Ce que je faisais déjà: j’utilise le transport en commun pour aller travailler. Je n’imprime presque rien.

Ce que j’ai implanté: j’ai suggéré plusieurs modifications à nos processus pour produire moins de papier (ils ont tous été acceptés). À bas le status quo!

Prochaines étapes: informatiser à 100% le département des finances. Pourquoi pas!


J’espère que cette liste vous a inspirés. La morale de cette histoire, c’est qu’il faut commencer quelque part, et que le mouvement entraîne le mouvement, comme l’inertie entraîne l’inertie… c’était difficile au début, ce l’est encore. Une chance que j’adore les défis, et que celui-là est particulièrement motivant parce qu’il a un but autre que lui-même: la conservation de la planète. C’est pas rien. Et chaque petit geste compte.

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