Vivre ses rêves ou rêver sa vie

Non mais quel tas de merde de taureau que cette maxime. Il vaut mieux vivre ses rêves que de rêver sa vie! Si on veut on peut! $$$$$$!

Je me suis récemment abonné au blogue de Mark Manson, parce que je suis tombée sur un de ses articles et que je l’ai trouvé vraiment intéressant. Jusqu’à présent, pas de déception – il est régulier et toujours aussi intéressant qu’il y a deux semaines. Celui que j’ai lu aujourd’hui s’intitule Why Some Dreams Should Not Be Pursued, et il tombe à point dans ma vie.

Ne vous méprenez pas – je ne pense pas que de poursuivre ses rêves ne sert à rien, que c’est de la merde inutile. Je pense plutôt qu’il faut arrêter de mettre tout son focus, son énergie et ses pensées sur ces rêves – ou sur certains d’entre eux – parce qu’ils ne doivent pas être réalisés, comme l’explique l’article de Mark Manson.

J’ai eu beaucoup de rêves. J’en ai encore beaucoup. Et j’en ai laissé tomber – en actions – justement parce que je voulais le but, mais pas le travail. J’ai toujours voulu écrire et publier un livre (et ça fait encore partie de mes fantasmes), mais je n’ai pas envie de m’asseoir chaque jour et d’écrire, de passer au travers de toutes les étapes du processus créatif et, ensuite, par les étapes encore plus chiantes du processus de publication. Quand j’ai plus ou moins arrêté d’écrire, après l’université, pendant des années je me suis senti mal, parce que je pensais que j’étais obligée d’écrire. Parce que j’avais commencé des études en littérature, parce que tout le monde me disait à quel point j’avais du talent. Parce que c’est ce que j’aimais faire. Heu… vraiment? Non, en fait, écrire (traditionnellement, je ne parle pas de mon blogue) me faisait chier. Je n’y retrouvais plus ce que j’y avais retrouvé avant et pendant l’université.

Même chose pour la course à pied. J’ai commencé à courir en 2010 pour me mettre en forme et perdre du poids. Courir un seul kilomètre était un enfer. Mais j’ai persévéré. J’aimais ça. Heu… vraiment? Non, en fait, j’aimais le résultat final. Et quand ça a arrêté de donner des résultats et que j’ai réalisé devoir fournir plus d’efforts pour poursuivre les résultats, j’ai arrêté de courir. Ça ne me tentait plus. J’aimais mieux d’autres activités physiques. Et encore une fois, je me suis sentie mal pendant longtemps, parce que j’étais supposée courir. J’aimais ça, non? Et je voulais être en forme! (Je ne cours plus depuis deux ans et je m’en porte beaucoup mieux. Et je suis présentement au sommet de ma forme.)

MM: The reason not every fantasy should be pursued is because fantasies never have negative repercussions. Reality does.

Et ainsi de suite. Vivre à l’étranger. Partir à l’aventure faire du packsack en Europe. Ouvrir un café. Des choses qui me font rêver… mais qui ne se réaliseront jamais, parce que je n’ai pas envie d’y mettre le temps et l’argent nécessaire. Parce que, au final, ça n’en vaut pas la peine. Parce que je veux seulement le résultat, pas les mille étapes préalables.

D’un autre côté, ça fait dix ans que je rêve d’aller en Irlande et, guess what, j’y vais l’an prochain. Ça se réalise enfin… parce que j’ai enfin décidé d’arrêter de niaiser et de commencer à mettre de l’argent de côté pour le voyage. J’ai fait des calculs et des recherches. J’ai fait les étapes préalables. Parce que je jugeais qu’elles en valaient la peine pour réaliser ce rêve-là.

Mark Manson parle de son propre rêve de jeunesse de devenir une star du rock, qu’il a fini par abandonner concrètement.

I’ve since discovered that the rock star fantasy has less to do with actually rocking out on stage than simply feeling acknowledged and appreciated. It’s no coincidence that as my personal relationships improve dramatically, the fantasy slowly fades into the background. It’s a periodic mental indulgence now, not a driving need.

Réaliser un rêve ne règle pas tous nos problèmes. En fait, je pense sincèrement que les rêves représentent souvent, comme il le dit pour le sien, une façon concrète de pallier à des problèmes sous-jacents. Je rêvais de courir un demi-marathon, pas pour l’avoir fait, mais en sachant que la préparation pour une telle épreuve me mettrait en forme et me ferait perdre du poids. Et que je pourrais me vanter d’avoir couru un demi-marathon. Je rêvais d’écrire un livre parce que j’aime que les gens me lisent et me complimentent sur mon style, sur mon talent et sur mon intelligence. Ce n’est probablement pas une coïncidence que j’ai plus ou moins arrêté d’écrire quand j’ai commencé mon blogue et que j’ai drastiquement augmenté ma confiance en moi-même.

Mais je rêvais d’aller en Irlande juste parce que je voulais aller en Irlande. Parce que j’ai toujours voulu voir ce pays-là. Que si j’avais à choisir et n’en voir qu’un seul de toute ma vie, ce serait celui-là. Ce n’est pas pour montrer que moi aussi je voyage, pour mettre des photos sur Facebook ou pour prouver quelque chose à quelqu’un. C’est juste parce que je veux aller en Irlande.

Alors il devient plus facile de mettre de l’argent de côté, de prendre des vacances et de réaliser le rêve. Parce que je sais qu’une fois que ce sera fait, je vais être vraiment, vraiment contente.

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