Zéro Déchet: le début de l’aventure

Depuis quelques années, le premier janvier, au lieu de faire des résolutions que je ne suivrai pas de toute manière, je réfléchis à quelques buts que j’aimerais atteindre dans l’année et aux moyens d’y arriver. Cette année, un de mes buts était de produire moins de déchets.

En 2014, j’ai acheté le livre Zéro Déchet de Bea Johnson, dans une virée Costco, sur un coup de tête. Dans le temps où j’achetais beaucoup de livres (et beaucoup de tout). C’est la lecture de ce petit guide pratique qui a complètement changé ma vision de la consommation, de l’écologie et de mes habitudes en général. À l’époque, j’ai un peu réduit ma production de déchets, mais j’ai surtout mis le focus sur la simplification et le minimalisme.

Aujourd’hui, je consomme beaucoup moins et je ne possède pas grand-chose. C’est devenu mon mode de vie et j’en suis assez fière. Grâce à ces changements, j’ai pu complètement éliminer ma dette, réduire mon stress et même mettre de l’argent de côté pour me payer un voyage en Irlande, la construction d’un chalet dans le nord et enfin gâter mes proches (j’amène ma mère et ma soeur au spa bientôt!). Mes REER et CÉLI sont également contents du changement 🙂

L’été dernier, je suis déménagée dans le condo à mon chum et je trouvais que je sortais les poubelles vraiment souvent. Il me semblait que, pour un foyer de deux humains et un chat, on remplissait des sacs trop vite. En plus, il y a une poubelle dans chaque pièce du condo, moi qui avait l’habitude d’une seule poubelle pour tout l’appartement… et le bac à recyclage est tout le temps plein!

C’est de là que vient mon désir de réduire ma production cette année. Non seulement pour l’aspect pratique de ne plus avoir à sortir des foutues poubelles au container chaque semaine, mais également pour des raisons éthiques, écologiques, minimalistes… et pour relever le défi.

Ça fonctionne comment?

En suivant le principe des 5 R, et ce, dans cet ordre de priorité: refuser (ce dont on n’a pas besoin), réduire (ce dont on a besoin), réutiliser (ce que l’on a déjà), recycler et composter (« rot » en anglais).

Les deux premiers R sont devenus une seconde nature pour moi, grâce au minimalisme. Je consomme très peu de biens matériels, j’ai mis au courant famille et amis de mon désir de ne pas recevoir de biens matériels en cadeaux, etc. Pour ce qui est de réutiliser, cette pratique implique un nouveau changement d’habitudes, ainsi que le recyclage (prioriser les matériaux recyclables à l’infini comme le verre et l’aluminium) et le compostage (oui, même en condo c’est possible – et vraiment facile au final).

Une seule personne (ou deux en l’occurence) ne va pas changer grand-chose. À quoi ça sert?

Okay, c’est ton opinion. 🙂 c’est certain que si je m’asseois sur mes lauriers en ne changeant absolument rien… forcément, rien ne changera jamais.

Quand je suis devenue végétarienne, tout le monde me disait que ça ne durerait pas; pourtant, ça fait bientôt sept ans et demi et, bizarre! Je le suis encore. Même chose pour le minimalisme: on disait que c’était une passe, une mode. Mais depuis deux ans et demi, c’est devenu mon mode de vie et je n’ai vraiment pas l’intention d’en changer.

Même petite, j’étais inconfortable quand je pensais aux décharges municipales. Un immense terrain plein de déchets qu’on enterre et qui… restent là, à prendre de la place, immuables et éternels. Même les déchets organiques ne peuvent se composter en décharge, parce qu’ils n’ont pas l’apport en oxygène nécessaire pour le faire, étant enterrés sous des tonnes de déchets non-compostables. Au lieu de ça, ils se décomposent et produisent du méthane, un gaz beaucoup plus nocif que le dioxyde de carbone.

C’est évident que le changement est inconfortable. C’est beaucoup plus facile pour moi d’aller chez Maxi comme d’habitude et d’acheter des aliments suremballés, de commander sur Amazon et de jeter l’emballage plastique à la poubelle, de ne pas réfléchir et de continuer comme je l’ai toujours fait. Comme ça été difficile de changer mon alimentation au début, et mes habitudes de consommation. J’ai dû trouver des alternatives à la viande, sans sacrifier le goût ni l’apport nutritionnel; j’ai dû trouver d’autres moyens de me faire plaisir que de magasiner sans compter. J’ai réussi, et le résultat final est beaucoup plus satisfaisant que la situation initiale.

Je vois le Zéro Déchet comme un défi vraiment motivant à relever, pas une contrainte.

C’est vraiment trop, je ne serais pas capable.

Okay… c’est ton opinion! (Je me répète.) Pour ma part, j’ai décidé d’être proactive dans le processus, de chercher des solutions au lieu de me concentrer sur les problèmes, et d’y aller à mon rythme. Pour le moment c’est assez difficile de trouver l’équilibre entre « en faire trop à la fois » et « ne rien faire parce que c’est difficile ».

J’ai identifié trois étapes pour mon processus: premièrement, composter, parce que la majorité des déchets que nous produisons sont alimentaires. Deuxièmement, trouver des alternatives zéro déchet aux emballages alimentaires (épiceries en vrac, par exemple, et magasiner avec des sacs et bocaux réutilisables). Troisièmement, m’attaquer à tous les autres déchets de la maison, comme les emballages des produits non-alimentaires (produits de beauté, étiquettes de vêtements, factures…).

Je recycle déjà, c’est bien assez.

J’aimerais vous dire que oui mais, malheureusement, non.

Seulement le verre et certains métaux sont recyclables à l’infini; les autres produits ont une durée de vie limitée. Dans la majorité des cas, le plastique sera décyclé, c’est-à-dire transformé en un produit non-recyclable. Le papier peut être recyclé entre cinq et sept fois seulement. De plus, le recyclage nécessite beaucoup d’énergie, pour le transport des matériaux et la transformation. C’est une bonne alternative au gaspillage pur et simple, mais ce n’est pas l’unique solution au problème. D’où sa quatrième position dans les 5 R.

C’est déprimant; je ne sais pas par où commencer; c’est trop compliqué.

J’ai eu la même réaction, quand j’ai lu Zéro Déchet pour la première fois en 2014. Quand Bea Johnson parlait d’aller à la boulangerie avec sa taie d’oreiller pour transporter le pain, j’ai eu une espèce de convulsion de rage intérieure. Je me disais qu’elle était folle, que c’était trop intense, que si j’essayais ça, j’allais me faire regarder de travers. Trois ans et demi plus tard, je veux la copier.

Les quatre changements les plus faciles à faire sont: utiliser une bouteille d’eau réutilisable (de préférence en inox, le plastique peut être nocif) au lieu de bouteilles en plastique à usage unique; amener son thermos pour le café au lieu de verres en carton; traîner vos sacs réutilisables à l’épicerie; et arrêter d’utiliser des pailles pour boire (ou acheter une paille en inox réutilisable). Des changements super faciles qui font déjà une grosse différence.

J’ai déjà implanté d’autres changements depuis plusieurs années. J’utilise une coupe menstruelle au lieu des serviettes et tampons, par exemple. (Pour les non-fans, il existe aussi des sous-vêtements qui remplacent carrément la serviette sanitaire – testé et approuvé!) J’achète des vêtements d’occasion lorsque c’est possible. Je favorise les aliments locaux.

D’autres petits gestes faciles sont d’utiliser un filtre réutilisable pour la Keurig au lieu de capsules qui finissent à la poubelle. Garder des ustensiles dans l’auto et refuser ceux de plastique avec sa commande à l’auto. Préférer le tissu au papier pour les mouchoirs, serviettes de table et essuie-tout. Acheter du papier de toilette fait de papier 100% recyclé et non blanchi.

Composter est également une autre belle solution et j’écrirai davantage sur le sujet lorsque je serai lancée. (J’attends de recevoir une formation sur le vermicompostage en mars.)

En résumé…

Quand je consomme, je vote.

Donc, quand j’achète de la laitue lavée, coupée et doublement emballée dans du plastique, je dis: produisez plus de laitue lavée, coupée et doublement emballée dans du plastique.

De même, si je choisir de visiter les épiceries de vrac avec mes contenants et sacs réutilisables, je dis: continuez à fournir des aliments en vrac et à accepter mes contenants et sacs réutilisables.

C’est tellement facile de se sentir impuissant. Mais, au final, ce sont les consommateurs qui ont le gros bout du bâton. C’est facile de ne pas réfléchir, de ne pas changer, de fermer les yeux. Avez-vous déjà vu une décharge, une vraie dans la vraie vie? Moi, oui. Très décourageant, comme expérience. Ce qui est encourageant, c’est que je suis encore maître de mes décisions.

Le mouvement Zéro Déchet gagne en popularité et c’est tant mieux. Il existe plusieurs groupes de soutien sur Facebook, de nombreux blogues et une tonne de livres sur le sujet: je vous invite à plonger!

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Une réponse à Zéro Déchet: le début de l’aventure

  1. Morissette Josée dit :

    Tu es passionnante

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