Chaque geste compte, ou comment combattre la défaite

Le changement, c’est difficile.

Je ne vous apprends rien. Changer nos habitudes, mentalités, préjugés, philosophies de vie, changer de carrière, de chum… ça prend toujours une bonne dose de résilience, voire de résignation. Ça prend de la volonté, particulièrement quand nous faisons un choix conscient.

Devenir végétarienne, minimaliste, vivre quatre séparations et une quinzaine de déménagements… commencer à méditer, intégrer les Lean Habits et faire du sport… c’est quasiment done deal maintenant mais, dans le temps, il a fallu que je commence quelque part.

Comme en février dernier, quand j’ai décidé de prendre le virage Zéro Déchet. Comme d’habitude, je me suis garrochée à 150% dans l’aventure, avec l’envie d’aller le plus rapidement possible. Mais il y avait tant à faire, j’étais si loin du but. Le découragement s’est rapidement pointé le nez.

À l’époque je m’étais donc bâti un espèce d’aide-mémoire avec des idées de changements à apporter. Sur le coup, mon fichier Google Drive d’une dizaine d’onglets (oui, je suis organisée à ce point-là) me donnait des vertiges. Maintenant, il m’inspire. J’ai changé ma perspective et je me donne des mini-buts à atteindre chaque semaine. Parfois je fais de grands bons, parfois des changements très minimes. Mais ça avance.

Je vous partage donc ici tous les petits changements que j’ai faits depuis mars, donc en presque quatre mois. Un excellent début selon moi!

Nourriture

Ce que je faisais déjà avant: utiliser le plus possible les légumes. Par exemple, je ne pèle jamais mes carottes ni mes patates (oui, même si je fais des patates pilées, je sais, c’est bizarre). On fait aussi l’épicerie avec une liste, on achète très peu de produits transformés (qui forcément génèrent plus de déchets avec les emballages) et on jette très rarement de la nourriture à la poubelle.

Ce que j’ai implanté: le vermicompostage, depuis le 15 juin. La majorité des déchets de table peuvent être compostés, à l’exception des agrumes, de la viande et du poisson (qu’on produit très peu chez nous de toute manière) et de ce qui est vinaigré, trop salé ou trop gras. J’ai aussi acheté une capsule réutilisable pour notre Keurig (le marc de café se composte) et on n’a presque plus de capsules à passer.

Prochaine étape: c’est facile de se concentrer sur nos propres poubelles, mais on oublie souvent ce qui est généré hors de la maison. Ma prochaine étape sera donc mes habitudes de consommation au restaurant; non seulement y aller moins fréquemment, mais aussi refuser les pailles, amener ma propre serviette en tissu et amener mes contenants pour le takeout.

Épicerie & cuisine

Ce que je faisais déjà avant: je réutilisais mes sacs Ziploc en les lavant entre chaque utilisation jusqu’à-ce qu’ils soient troués ou trop usés.

Ce que j’ai implanté: au lieu de les recycler, je conserve les contenants de yogourt et de fromage cottage pour en faire don aux banques alimentaires et aux épiceries zéro déchet. J’ai cousu des serviettes de table que nous lavons après utilisation.

Prochaines étapes: les déchets de la cuisine (j’inclus les contenants recyclés) représentent presque toujours le plus gros volume des poubelles d’un foyer. J’ai  deux volets à ma prochaine étape: les contenants et les outils. Pour les contenants, je veux amener mes propres bocaux à l’épicerie (il y en a plusieurs à Québec qui les acceptent, dont trois entièrement zéro déchet) et acheter en vrac. Pour les outils, je veux trouver des alternatives au papier parchemin, au papier d’aluminium et à la pellicule de plastique.

Entretien

Ce que je faisais déjà avant: j’utilise toujours des guenilles que je lave après utilisation, peu importe le type de ménage à faire, même pour la peinture.

Ce que j’ai implanté: en ce moment, j’attends que nous finissions la panoplie de produits ménagers que nous avons en stock. Je conserve quelques contenants-spray vides pour faire mes propres recettes.

Prochaine étape: ne plus acheter de produits commerciaux pour faire l’entretien, que ce soit laver les planchers, la salle de bain ou la cuisine, faire le lavage, ou laver la vaisselle.

Hygiène

Ce que je faisais déjà avant: j’utilise une coupe menstruelle depuis 2014 (plus de tampons ni serviettes hygiéniques, seulement des protèges-dessous).

Ce que j’ai implanté: j’ai fait l’achat de sous-vêtements Mme l’Ovary (pas encore testés par contre!). J’ai cousu mes propres tampons démaquillants que je lave après utilisation. J’utilise un seul savon en barre (Madame Tignasse) pour me laver les cheveux et le corps et aucun autre produit dans la douche.

Prochaines étapes: je me bats sur plusieurs fronts dans la salle de bain! Toilettes: installer un bidet amovible et acheter du papier de toilette 100% recyclé emballé dans du papier. Je pense faire le saut vers le papier de toilette réutilisable un jour. Maquillage, crème hydratante, shampoing sec et déodorant: utiliser mes recettes maison seulement. Soie dentaire et cure-oreilles: trouver des alternatives.

Courrier & papier

Ce que je faisais déjà avant: recevoir toute ma correspondance par courriel, lorsque l’option était facile à activer.

Ce que j’ai implanté: j’ai demandé l’autocollant de Publisac pour arrêter d’en recevoir (il est collé au-dessus de la poignée de porte et depuis, pas un seul!). J’ai également demandé l’autocollant de Postes Canada pour ne plus recevoir de publicité dans notre boîte aux lettres. Je me bats avec quelques-uns qui nous envoient du courrier semi-adressé, dont l’intempestif Bell, le pire de tous. Par exemple, Costco ne m’envoie plus leur magazine trimestriel, ni les coupons papier, mais il a fallu que je parle à trois personnes avant que ce soit mis en place.

Prochaines étapes: réutiliser au maximum le papier avant de le recycler. Par exemple, utiliser une enveloppe pour faire ma liste d’épicerie. Dans le fond – ne plus jamais acheter de papier!

Eau

Ce que je faisais déjà avant: pour la conservation de l’eau, je n’ai jamais été super on point… au moins je ne laissais pas couler l’eau du robinet quand je me brossais les dents 🙂 et je n’achète presque jamais de bouteille d’eau en plastique. J’amène ma gourde en métal lorsque j’y pense!

Ce que j’ai implanté: j’arrose mes plantes avec l’eau du déshumidificateur. J’arrête la douche lorsque je me savonne.

Prochaines étapes: diminuer le volume d’eau dans le réservoir des toilettes (avec une bouteille d’eau pleine ou une brique par exemple) et acheter un pichet pour le réfrigérateur (lorsqu’on utilise de l’eau chaude dans la cuisine, c’est très long avant qu’elle redevienne froide, on en gaspille pas mal à cause de ça).

Vêtements

Ce que je faisais déjà avant: j’achetais rarement neuf; le vêtement le plus écolo est le vêtement de seconde main.

Ce que j’ai implanté: je porte plus attention aux tissus utilisés et à la provenance du vêtement. Si j’achète neuf, j’achète de préférence (dans cet ordre) québécois, canadien ou américain, et je choisis des tissus naturels comme le coton biologique, ou bien du polyester recyclé pour les vêtements de sport.

Prochaines étapes: éventuellement, j’aimerais bien coudre mes propres vêtements et me constituer un « uniforme personnel » pour simplifier encore davantage cet aspect de ma vie.

Au travail

Ce que je faisais déjà: j’utilise le transport en commun pour aller travailler. Je n’imprime presque rien.

Ce que j’ai implanté: j’ai suggéré plusieurs modifications à nos processus pour produire moins de papier (ils ont tous été acceptés). À bas le status quo!

Prochaines étapes: informatiser à 100% le département des finances. Pourquoi pas!


J’espère que cette liste vous a inspirés. La morale de cette histoire, c’est qu’il faut commencer quelque part, et que le mouvement entraîne le mouvement, comme l’inertie entraîne l’inertie… c’était difficile au début, ce l’est encore. Une chance que j’adore les défis, et que celui-là est particulièrement motivant parce qu’il a un but autre que lui-même: la conservation de la planète. C’est pas rien. Et chaque petit geste compte.

Share Button
Ce contenu a été publié dans Zéro Déchet. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.