Boucliers imaginaires

Je suis le Québec, quand je neige, je neige en christ. Je suis le Nord-du-Québec, je neige tout le temps, je ne connais pas l’été. D’ailleurs je n’y suis jamais allée, mais je sais que je suis là, je suis ça.

Parlant du christ, il doit être découragé de me voir aller.

Mon deux et demi ne me contient plus. Difficile de tourner en rond dans seulement deux pièces. La demie, c’est un placard qui contient une toilette. Alors je vais tourner en rond dehors, mon coeur goutte-à-goutte sous le soleil sans jamais fondre complètement. S’il neige, s’il pleut, j’attends la presque-engelure avant de retourner à la clémente humidité de l’appartement. Je sèche à l’air libre.

Le soir, je me couche en cuillère avec mon chat, dans un lit trop grand pour notre couple interracial d’amour chaste. Quand je suis incapable de me contenir moi-même, j’écrase mon visage dans sa douce fourrure et je crie. Ça étouffe les sons. Il n’aime pas trop, mais il n’a pas trop le choix non plus. Il a probablement le cancer, à force que je lui crie dedans. C’est normal, il est à moitié Homme, et tous les Hommes meurent du cancer un jour ou l’autre.

Il n’y a rien d’autre, que lui et moi, et les milliards d’étrangers tenus à distance par mes boucliers imaginaires.


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