Histoires de(s) poil(s)

L’histoire générale

Ça l’air que le poil a toujours été un mal-aimé, ou presque.

On a retrouvé des outils épilatoires dans des sépultures préhistoriques; plus récemment, au deuxième millénaire avant notre ère, en Mésopotamie et en Phénicie, les hommes s’épilaient la barbe. Considéré comme impur et sale, le poil est épilé intégralement dans certaines civilisations anciennes, quitte à les remplacer par des perruques et de fausses barbes… qu’on l’associe trop à la masculinité (Grèce antique) ou à l’animal (certaines tribues amérindiennes de l’Amérique latine), le poil n’est pas le bienvenu.

Depuis 500 AV, les femmes s’épilent les aisselles, le pubis et les jambes. Les barbiers offrent également ce service. Apparemment que les hommes sont encore plus obsédés que leurs homologues féminins: l’épilation intégrale est de mise.

La chute de l’empire romain et l’avancée massive du catholicisme inverse la donne: le poil redevient bien vu, car il est créé par Dieu. En plus, il sert à cacher nos parties honteuses, c’est un deux pour un. Puis, c’est les croisades. Les chevaliers reviennent avec de nouvelles idées: dans les contrées lointaines où ils ont massacré à qui mieux-mieux, ils aimaient bien la peau hyper lisse des femmes païennes (qu’ils violaient, j’imagine?). On recommence.

Au fil du temps, les modes épilatoires vont suivre les modes vestimentaires. Plus on montre de peau, plus on s’épile. Il n’y a que les jambes qui attendent au vingtième siècle pour s’y remettre quand le port du maillot de bain qui ne ressemble pas à une combinaison de plongée devient socialement acceptable.

C’est surtout depuis les années quatre-vingt que la norme sociale de l’épilation intégrale (ou presque) des femmes fait rage et s’impose: multiplication des salons d’esthétique d’abord, puis nouvelles technologies (rasoir électrique, épilation laser…).

Une étude Américaine très intéressante fait état de l’association, de plus en plus indissociable, de la féminité à un « idéal glabre », forcément non naturel et qui, de toute évidence, contribue à l’ostracisation des femmes en leur donnant encore une autre raison de croire que leur corps naturel n’est ni normal ni beau.

L’histoire de Jo

J’ai commencé à me raser les jambes et les aisselles vers l’âge de douze ou treize ans, si ma mémoire est bonne. À la puberté, bref. J’utilisais des rasoirs roses jetables Bic et je me coupais toujours au moins une fois. Je me rappelle de la grosse bonbonne de crème à raser qui sentait bon. Assise sur le comptoir de la salle de bain, la jambe au-dessus du lavabo avec une débarbouillette humide pour enlever les poils rasés. Good ol’ days.

Au secondaire, quand on avait des cours de piscines en éduc’, je traînais avec moi mon rasoir (un Vénus acquis en 2003… que j’utilise encore! Eh oui!) afin de me re-raser minutieusement les aisselles avant de sortir du vestiaire. Pour ne pas voir un seul poil, une seule minuscule racine. J’avais tellement peur d’être une velue remarquée (je me faisais déjà assez écoeurer de même, pas besoin de leur donner des raisons). Je me rappelle m’être aperçue, pendant un cours, que j’avais des poils pubiens qui dépassaient sur le côté de mon maillot. J’ai tellement eu honte. C’est poche quand j’y repense.

Je me rappelle une amie qui a dit que d’avoir des poils pubiens, c’était dégueulasse à cause des menstruations.

Je me rappelle mon chum de l’époque qui avait exigé que je me rase ci-bas, parce qu’il aimait mieux ça.

Je me rappelle ma gêne quand à un cours de danse j’ai réalisé que je portais une camisole et que j’avais oublié de me raser les aisselles. Je l’avais fait deux jours avant, mais ils repoussent vite et ils sont assez foncés. Quand on fait de la danse orientale, on lève les bras pas mal tout le temps.

Je me rappelle mon inconfort, et ma totale incompréhension face à cet inconfort, quand j’ai vu une photo de Madonna, puis une de sa fille, avec les aisselles poilues. C’est pourtant récent. Je suis pourtant féministe. Pourquoi le malaise?

Je me rappelle avoir écrit cet article et avoir eu peur que les gens me jugent, ou qu’ils vérifient si je me rasais ou pas, histoire de me traiter de soumise, d’hypocrite ou de dégueu.

Depuis le printemps, et surtout depuis que j’ai participé à La Revengeance des Duchesses et donc côtoyé beaucoup plus de féministes que ce dont j’ai l’habitude, je me rase moins souvent. Je me rase encore, mais moins souvent. Parfois, je décidais de ne pas le faire, d’autres jours que je le faisais. Mais je faisais le choix consciemment, pas parce que je me sentais forcée. C’est sûr que quand je portais une camisole, j’avais plus tendance à décider de le faire. Mais cette semaine (dernier rasage remonte à presque une semaine) j’ai porté au bureau un t-shirt dont les manches très courtes laissent voir mes aisselles et ça ne m’a pas dérangé. Presque pas. J’y arrive.

J’avais depuis longtemps l’envie de me faire épiler au laser, mais les coûts m’empêchaient. Depuis que je peux me le permettre financièrement, j’ai envie de mettre mon argent ailleurs.

Donc, est-ce que l’épilation est mal? Non.* Mais chacun ses choix. Quand on décide de s’épiler, de façon permanente ou pas, ça devrait être parce qu’on le veut, pas à cause d’une norme sociale quelconque, ou d’une pression extérieure, concrète ou pas. À part ledit ex, personne ne m’a jamais dit de me raser. Ma mère ne m’a jamais obligée. On n’en parlait pas vraiment, en fait. C’était mon libre choix. Ce l’est encore.

Et j’essaie de ne plus avoir honte de mes poils, c’est tout. Peut-être que j’essaie de véhiculer un message. Qui sait? Je pourrais en inspirer quelques-unes. Malgré mes hésitations, mon inconfort (mental, pas physique) et ma peur d’être jugée, regardée de travers, voire de me faire insulter pour ce choix pourtant si banal…

La vérité, c’est que je n’aime pas vraiment me raser. Ça assèche ma peau, ça pique quand ça repousse, ça demande trop d’entretien. Ce n’est définitivement pas zéro déchet. Et ça me stresse. Parce que je dois toujours me demander si la quantité de poils que j’ai est socialement convenable ou pas.

J’ai traîné mon rasoir au gym ce matin. Je suis en robe. Rendue dans la douche, je n’avais pas envie de me raser.

Alors je ne me suis pas rasée.

J’ai les jambes poilues, en robe, j’ai marché au centre-ville ce midi, et je me sentais étrangerement fière de ce petit accomplissement, totalement anodin certes pour certains, mais assez courageux merci dans mon esprit de femme non imberbe ostracisée.

*à noter que l’épilation, peu importe la méthode, temporaire ou permanente, peut avoir plusieurs effets physiques négatifs tels que l’assèchement ou l’irritation de la peau, la cicatrisation, les ecchymoses, l’enflure, les brûlures et l’augmentation des risques d’infections et de mycoses (dans le cas de la zone génitale). Je parlais ici du côté « éthique » du choix de s’épiler ou pas, non pas du côté physique.

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Êtes-vous tannés des élections?

Parce que moi pas, ou peut-être que j’essaye de m’en convaincre.

Toujours est-il que j’ai assisté à mon premier débat électoral à vie hier soir, organisé par Voix Citoyenne, un regroupement contre la conversion des terres agricoles de la ville en projets immobiliers (ils ont évidemment mon appui).

Dimanche, j’ai appris que le PLQ et la CAQ ont décidé de ne pas se pointer. Même si le débat est organisé depuis mai. Même s’ils avaient le choix d’envoyer n’importe quel candidat du territoire de la ville pour représenter leur parti. Bref, on n’était pas assez importants pour eux, j’imagine. Même si on a fait salle comble à l’ENAP.

Le débat en tant que tel était vraiment intéressant. Après l’introduction des cinq candidats, représentant (de gauche à droite à la table) le Parti Québécois, le Parti Vert du Québec, Québec Solidaire, le Nouveau Parti Démocratique du Québec et le Parti Conservateur du Québec, la première partie comportait six questions composées par le comité, sur les thèmes de l’économie, de la santé et de l’éducation, sous un angle plutôt environnemental. Cette partie s’est bien déroulé. De manière générale, les candidats étaient courtois, clairs et concis malgré le léger empiètement des trente secondes allouées par réponse. (Ils en avaient, des choses à dire!)

C’est à la deuxième partie que ça s’est corsé, non pas pour eux, mais avec un public ma foi très émotif… le fonctionnement était le suivant: une question était pigée au hasard dans celles soumises par le public avant le début; un candidat au hasard était sélectionné pour répondre en trente secondes; il avait l’option de relancer un seul des autres candidats pour répondre à la question. Assez clair merci, non? On nous l’a même expliqué deux fois. Avez-vous compris la consigne?

Eh bien, quand le candidat du PCQ a répondu à une question et a ensuite lancé à la blague, comme d’autres l’ont fait avant lui, qu’il hésitait entre relancer la CAQ ou le PLQ (absents, je vous le rappelle), une des spectatrices a juste complètement pété les plombs, alléguant d’un ton outragé qu’il ne « jouait pas le jeu » et qu’il devait absolument relancer un des partis présents! (Not?) S’ensuit un brouhaha désagréable et incompréhensible avant qu’un homme à parapluie quitte la salle en bougonnant. Huh?

De plus, chaque fois que le candidat (et chef) du PCQ prenait la parole, les gens dans la salle avaient tendance à émettre des petits sons désabusés et moqueurs, des rires gratuits. Perso, je ne suis d’accord avec à peu près aucune des idées et des principes des conservateurs, mais de là à manquer de respect pendant un débat, c’est une autre histoire. Tout à son honneur, monsieur Pouliot est resté calme et posé et a bien défendu ses idées devant un public de toute évidence très peu ouvert d’esprit.

Le Parti Vert s’est bien défendu malgré un manque flagrant d’expérience. J’ai été surprise que le candidat, de ma circonscription, soit natif de Baie-Comeau. Represent! Il fallait pas mal de courage pour participer à un tel débat avec de tels candidats, mais il s’en est bien sorti malgré un manque de profondeurs et de concret dans les propos.

Le Parti Québécois m’a traumatisée avec ses longues phrases vides de sens – une parfaite langue de bois – je me sentais revenue à mes cours universitaires en littérature. De beaux grands mots, oui, mais plusieurs nuages ont été pelletés. Je n’ai pas apprécié leur argument selon lequel l’incinérateur était là parce qu’il y avait une demande des citoyens (qui produisent des déchets) et que c’est à eux de changer leur demande pour instaurer le changement. Moui… je vous rappelle cet article et le test par lequel j’ai découvert que les impacts sociétaux (donc les choses sur lesquelles j’ai le « moins » de contrôle) est l’une de mes deux catégories poches d’impact environnemental.

Ça, ça veut dire le gouvernement, la municipalité, les choses qui ne découlent pas de ma seule et unique décision.

Attendre que les citoyens changent leur demande, ça revient à s’asseoir sur ses lauriers, les bras croisés, en regardant le monde grouiller autour sans rien faire. Ils m’ont vraiment déçu sur ce point.

J’ai beaucoup apprécié le NPD et les réponses très efficaces du candidat: précises, to the point, compréhensibles. Par contre, c’est évidemment Québec Solidaire (en bonne gogauchiste 🙂 ) qui a, selon moi, le mieux répondu aux questions et qui a la meilleure plateforme, autant au niveau provincial qu’au niveau de la Ville de Québec. Et ce, malgré leur séparatisme (ce que je ne suis pas du tout) et leurs réponses parfois un peu populistes-simplistes, par exemple sur la question de la hausse du salaire minimum (pour que les gens puissent acheter des cadeaux de Noël, vraiment?).

Une belle participation citoyenne et une salle très mixte en âges, peut-être pas autant en termes de milieux de vie (majoritairement des gens de la classe moyenne-inférieure qui habitent au centre-ville, selon ma brève analyse) mais tout de même un débat extrêmement intéressant qui a permis de consolider le dernier 5% de doute qu’il me restait quant à mon choix du premier octobre.

Knowledge is power. Et si ça aura pris deux heures d’un lundi soir de septembre pour m’informer comme il faut et finaliser ma décision, je pense que c’est peu cher donné pour faire un choix éclairé et participer à ce que la vie démocratique a de meilleur: le choix.

On est chanceux de vivre en démocratie. Et si tout le monde prenait le temps, juste un peu, si tout le monde se posait des questions, assistait à un débat et oubliait le carcan du « faux choix », on aurait un si beau gouvernement équitable et vraiment démocratique. Mais je vis sûrement en Utopia…

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Arrête de chercher: voici le Paradis sur Terre

Le silence.

Au plus creux de mes souvenirs, ici, c’est le silence qui domine. Malgré l’abondance de vie, on n’entend rien. Que ses propres pensées, que le sang qui bat doucement dans nos veines.

Ici, j’ai la Sainte Paix.

photo (c) Anne-Marie Morissette-Dupuis

L’Homme y fait figure d’insecte. Quelques chemins, quelques chalets, quelques véhicules. Des tas de matériaux ici et là. Tout autour, la nature sauvage reprend tranquillement ses droits, année après année. En silence.

Au petit matin, une brume éthérée recouvre les eaux du lac. Des oiseaux piaillent. Un écureuil passe en courant. La brise agite doucement les feuilles des ormes; leur bruissement me rappelle un agréable frisson, celui qu’on ressent après en recevant une caresse du bout des doigts.

Parfait miroir, les eaux dédoublent le ciel, les nuages, les montagnes. La dense végétation, est un tapis étroitement tissé de conifères et de quelques bouleaux; chaque année, le rocher qu’on appelle dérisoirement l’Ours semble rapetisser, caché par la forêt environnante.

Une année, on ne le voit plus. Mais le silence demeure.

photo (c) Anne-Marie Morissette-Dupuis

C’est ici que je suis venue chercher le silence, quand j’ai définitivement perdu le goût de vivre, en septembre 2007.

C’est ici que je suis venue chercher le silence, à mon retour de Saskatchewan, en juillet 2016.

C’est ici que je suis venue chercher le silence, pour la longue fin de semaine du Travail.

C’est ici, ou presque, que je reviendrai chercher le silence année après année, parce qu’il n’y a qu’ici que le silence m’apporte ce que je ne peux trouver nulle part ailleurs.

L’épinette domine. Du moins dans ma tête. Chaque arbre est un esprit, et chaque épinette qui étire ses doigts rachitiques vers le ciel me tire un peu aussi sur le coeur. Je suis attirée par ces petites géantes comme une mouche par le feu; je pleure un peu leur perte. Je bénis la sève sacrée qui tache mes vêtements. Si je devais choisir une seule essence d’arbre pour bâtir mon abris, ce serait l’épinette. L’arbre le plus croche, le plus noueux, le plus magnifique qui soit.

Au portes du bonheur, il y a deux épinettes.

Que l’on en plante une sur ma tombe, que mon esprit se mêle au sien.

Chaque repas prend des allures de tradition. Chaque lièvre aperçu à la brunante est une bénédiction. Chaque heure de sommeil répare et guérit. En silence.

photo (c) Anne-Marie Morissette-Dupuis

Arrête ta folle frénésie. Arrête de courir. Arrête de chercher. Voici le Paradis sur Terre.

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Politique de cours de récré

Quand j’étais jeune ado, je suis tombée dans le même piège que la majorité des jeunes ados: la politique m’emmerdait, je l’ignorais royalement et je répétais à qui mieux-mieux que « anyway, c’est toute des crosseurs », ce grand classique québécois.

Heureusement j’avais quatorze ans et pas encore le droit de vote.

J’ai voté pour la première fois aux provinciales de 2008. Pendant plusieurs années, j’ai systématiquement voté PQ et BQ, en indépendantiste passionnée mais mal pas du tout informée. J’ai voté aux fédérales en Saskatchewan en 2015. À vingt-cinq ans, c’était la première année où je prenais vraiment la peine de faire mes recherches. Parce que je ne pouvais pas voter BQ. Non seulement ils n’avaient plus vraiment rapport, mais j’avais trois choix de candidats: libéraux, conservateurs et NPD. (Comme toujours, les conservateurs sont entrés en force à Langenburg, ma petite commune fermière de mille âmes.)

Avec le temps, mes priorités et mes valeurs ont changé. Je ne peux pas me vanter de lire l’entièreté des programmes électoraux de chaque parti, alors je mise sur ce qui m’interpelle le plus: l’environnement, les enjeux sociaux et l’art. Je suis une irréductible gauchiste, j’ai la foi.

Par contre, avec chaque élection qui passe, avec chaque année, chaque Tweet, chaque article dans Le Soleil, je me sens m’enliser doucement dans une spirale de négativisme et de défaitisme. Dans le « anyway, c’est toute des crosseurs ». Ça me fait de la peine.

Cette année ne fait pas différence. Les candidats s’insultent les uns les autres sur Facebook et Twitter. Je n’ai presque pas entendu parler des mesures de chaque parti – juste de qui a tenu les propos les plus racistes et qui s’est à moitié excusé. C’est désolant, parce que c’est comme l’huile sur l’eau: ça flotte sur le dessus et c’est juste ça qu’on voit. Je n’y échappe pas, peu importe à quel point je Unfollow tout sur Facebook, peu importe à quel point j’ignore le journal dans la cafétéria du bureau, peu importe à quel fréquence je change le poste de radio dans l’auto.

Le vote est un devoir citoyen, mais les gens n’aiment pas faire leurs devoirs. Je ne peux pas vraiment les blâmer. On me considère comme assez crinquée de prendre de mon temps personnel pour faire des recherches et décider pour qui voter au lieu de toujours aller vers le même parti sans trop me demander pourquoi. Même si au final, ça doit prendre peut-être trois ou quatre heures de mon temps, sur quoi, deux mois? Mettons que j’écoute un peu moins la télé et que je lis quelques articles de blogue en moins, c’est pas cher payé pour ce que ça donne.

Imaginez si tout le monde faisait ça. On n’aurait sûrement pas les gouvernements qu’on a présentement.

C’est dommage que ce qui soit couvert, lancé à tous vents et étendu sur la corde à linge ne soit presque jamais pertinent. C’est sûr que j’aime ça être informée quand un candidat potentiel, qui pourrait se ramasser à nous représenter officiellement, tient des propos racistes contre les autochtones. Mais ça ne devrait pas être juste ça, une campagne électorale. Okay, je ne voterai pas pour celui qui est raciste. Mais qu’en est-il des trois ou quatre autres choix? Vous me promettez quoi, à moi?

Pour le savoir, faut que j’aille creuser loin. C’est pas en lisant le Soleil ou mon fil Facebook que je vais le savoir, cette année.

Qu’en pensez-vous?

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Altruisme hypocrite

En tant que bouddhiste (et pas obligée d’être bouddhiste pour ça, évidemment), l’altruisme fait partie intégrante de ma vie. C’est l’une de mes principales valeurs et je m’efforce de l’appliquer dans tous mes gestes, toutes mes paroles. J’y médite, j’y réfléchis et j’en discute. Je m’intéresse particulièrement à la psychologie de l’altruisme.

Pendant longtemps, j’ai cru que j’étais une altruiste hypocrite parce que, quand je faisais du bien aux autres, j’en ressentais moi-même. Non pas que je voulais nécessairement souffrir pour que les autres ne souffrent pas, mais parce qu’il me semblait que pour qu’un acte soit véritablement altruiste, ses effets ne devaient être positifs que pour autrui. Tout au plus je devais demeurer neutre dans mes sentiments.

J’ai lu un nouvel article de Matthieu Ricard ce matin dans lequel il explique que ce que je ressentais est normal, commun, mais erronné; que de ressentir du bien-être après un acte altruiste était positif, voire souhaitable.

Dans le fond, comme on dit quand on reçoit un cadeau poche, c’est l’intention qui compte.

Si je nourris des sans-abris parce que je veux que mon nom circule sur les réseaux sociaux, le résultat peut être sympathique, mais l’acte en tant que tel n’est pas vraiment altruiste. Devrait-on alors s’empêcher de nourrir des sans-abris?

Je n’ai pas tendance à partager à grande échelle mes actions qu’on pourrait dire « de charité ». Je les partage seulement quand le bénéficiaire me tient à coeur; et jamais à grand public, mais plutôt à mes amis et à ma famille. Pas pour augmenter ma quote sociale, mais plutôt pour donner de la visibilité à un organisme que je trouve intéressant. Même écrire ça, ça me fait bizarre, parce que je m’affiche publiquement comme étant quelqu’un qui donne.

Pourtant, je ne me considère pas comme étant très généreuse. Monétairement, je ne contribue que très rarement à quoi que ce soit; je ne fais aucun don récurrent, et je donne quand je suis sollicitée et que la cause me paraît juste (récemment, à Back on my Feet, Humans of New York et Ô Village). Matériellement, je fais régulièrement des purges à la maison (mon petit côté minimaliste fatigant) et je préfère donner que vendre (récemment, à la bouquinerie de Limoilou, aux Anges du Bal, à la Friperie de St-Roch et à Vide ta Sacoche). C’est surtout du temps que je donne, parce que je n’ai pas de vie (récemment, à l’Espace Éphémère de la Marina St-Roch et à la Foire Écosphère).

Dans le passé, parce que je me sentais bien quand je faisais du bien, je me suis empêchée d’agir. Quelque chose clochait. Et c’est vrai qu’il y a plusieurs années, je faisais tout pour les mauvaises raisons. J’avais absolument envie de me faire raser la tête pour le cancer parce que je voulais être sur la première page du journal. Oui, l’argent pour la recherche sur le cancer, c’était cool, mais ce n’était pas mon but principal. Heureusement?, je ne suis jamais arrivée à bon port. La vérité c’est que de faire tous ces efforts pour amasser des fonds ne me tentait pas du tout. J’imagine que ma motivation super égoïste a eu raison de mes moyens.

Alors, collectivement, qu’est-ce qui nous empêche d’agir? La paresse, le manque de ressources, l’aveuglement social, le nihilisme? Le Ice Bucket Challenge était sensé amasser des fonds pour la sclérose latérale amyotrophique, mais les gens se sont mis à se faire des Ice Bucket Challenge sans amasser d’argent. Même chose pour les barbes de novembre, les « donner au suivant » filmés et partagés sur Facebook… est-ce qu’on a absolument besoin d’une récompense, d’une carotte au bout du fil pour faire acte d’altruisme? Ou est-ce que j’ai cette impression parce que les véritables altruistes ne disent rien?

Gagnerait-on à ce qu’ils s’expriment, à ce qu’ils partagent leurs actions, ou est-ce qu’on tomberait forcément dans le même cercle de visibilité sociale?

C’est difficile de trouver l’équilibre entre « je veux inspirer les gens à faire le bien » et « je lance un discours moralisateur qui me place au-dessus du commun des mortels », comme j’ai l’impression de le faire dans cet article. Est-ce que je me vante? Est-ce que je pousse mon altruisme dans le fond de la gorge des gens? Est-ce que je n’aurais pas dû nommer mes dons récents, est-ce que j’ai l’air de m’acheter le chemin du paradis?

Bref, j’essaie juste de démarrer une discussion.

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L’opinion à tout prix

Yelp. TripAdvisor. Google Maps. Facebook. Foursquare. Glassdoor. Sondages par courriel, dans la rue, dans le journal. Les opinions, partout, tout le temps. On vit dans l’âge du partage, du Tout-Dit, des plaintes publiques, de l’anonymat.

Tellement qu’on se sent obligés de constamment partager notre avis sur absolument tout.

C’est parfois nécessaire, ça lance des conversations et des débats intéressants, ça influence l’opinion publique, ça apporte des changements positifs.

Mais me semble que dans la majorité des cas, ça sert à sweet fuckall.

  • Une nouvelle mode fait son entrée, que ce soit une coiffure, un style, un vêtement, un maquillage? On doit absolument s’exprimer: j’aime, je n’aime pas.
  • Un scandale éclate? On doit absolument s’exprimer: de MON point de vue, voici pourquoi c’est un scandale, voici pourquoi ce n’en est pas un, voici qui a raison et qui a tort.
  • Quelqu’un fait un choix différent de celui qu’on aurait fait? On doit absolument s’exprimer: voici ce que j’aurais fait et pourquoi, mais je respecte ton choix, là, c’est juste que je n’aurais pas fait le même et que tu dois absolument le savoir.
  • Une personnalité connue s’affiche sur les réseaux sociaux? On doit absolument s’exprimer: je n’aime pas son look, je n’aime pas sa personnalité, je la trouve vaine et insipide, je trouve que c’est un mauvais acteur et en plus il est laid.
  • On entend une conversation dans la rue, l’autobus, les toilettes publiques? On doit absolument s’exprimer: ayoye, les flos d’aujourd’hui n’ont pas d’allure, leurs conversations sont tellement insignifiantes, les vieux boomers sont tellement dans le champ, la fille est clairement bipolaire, le gars était un macho cave.
  • Etc.

Pourquoi ressent-on le besoin de lancer à tous vents notre avis sur absolument tout ce qui ne nous concerne pas vraiment? L’habillement de la fille qui attend l’autobus ou la chanson qui passe à la radio? La grossesse d’une telle ou le voyage de l’autre? Qu’est-ce que ça nous apporte? Est-ce que ça nous fait du bien, est-ce que ça nous valide en tant qu’Humain que d’avoir une opinion sur tout?

Ça me gosse. Ça m’énerve. Parce que ce que porte la fille qui attend l’autobus, que ce soit des shorts et un crop top ou une maxi robe jaune, je m’en câlice pas mal. Qu’elle soit bien ou pas, que je la trouve belle ou pas, ça ne change absolument rien à quoi que ce soit. Je ne la connais pas, elle n’a pas besoin de mon opinion, peu importe ce qu’elle pense ou si elle veut plaire; à la fin de ma journée, si j’exprime mon avis à quelqu’un d’autre, que ce soit ladite fille qui attend l’autobus, l’amie avec qui je marche ou mon chum assis dans l’auto, personne ne s’en sort gagnant. On vient juste de gaspiller quelques-unes des mille quatre cent quarante minutes de notre journée à donner notre avis sur des shorts et un crop top.

On aurait pu jaser de notre journée, des programmes électoraux, de nos plans de vie à moyen terme, de nos projets, de joies éphémères, de joies profondes; de quelque chose de drôle ou de quelque chose de triste; on aurait pu parler de notre enfance, se vider le coeur d’une frustration personnelle, ou chanter à tue-tête, mais à la place, on a passé deux minutes à dire si, oui ou non, ce que portait la fille qui attendait l’autobus était beau, pratique, approprié selon nos critères personnels.

Quelqu’un peut m’expliquer? Parce que plus j’essaye de comprendre, moins je comprends.

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Lâche ton foutu cellulaire

Ton cell sonne, clignote, vibre, s’éclaire, pogne en feu. Il veut ton attention. Et il réussit à l’avoir.

Tu viens de te lever? Lâche ton cell. Fais des étirements, prépare un bon petit-déjeuner, prends ta douche, starte le café, va marcher.

Tu es au restaurant avec des amis? Lâche ton cell. Entretiens la conversation, déguste chaque bouchée, ressers du vin, admire la décoration, jase.

Tu es au gym? Lâche ton cell. Fais une rép de plus, cours, track ton progrès, sue, ramasse tes haltères.

Tu visites ta famille? Lâche ton cell. Demande-leur de leurs nouvelles, parle de ton nouveau projet, rappelle-toi des souvenirs d’enfance, aide à préparer le souper.

Tu conduis? Lâche ton cell. C’est illégal et dangereux, tu le sais. Si tu veux t’estropier, fais-le dont sans mettre les autres en danger. Concentre-toi sur la route et écoute de la musique. Le texto peut attendre. Le courriel aussi.

Tu travailles? Lâche ton cell. Donne 100% de ton attention à la tâche à accomplir. Range-le dans un tiroir. Oublie-le. Prive-toi des amplifiants TDA. Travaille.

Tu te couches pour la nuit? Lâche ton cell. Fais du yoga, écoute ta respiration, monte le bilan de ta journée, fais l’amour, dors.


Ça m’insulte tellement quand je suis avec quelqu’un qui préfère son cellulaire à moi. Une conversation en textos plutôt qu’une face-à-face. Des courriels au lieu d’une discussion et de rires complices. Des non-urgences quand même plus urgentes que d’être avec moi, simplement.

Lâche ton criss de cell. Ou je vais te lâcher.

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Testé et approuvé: bobettes Mme L’Ovary

(Je n’ai évidemment reçu aucune rémunération ni compensation pour cet article et les opinions présentées sont 100% les miennes. J’ai payé mes bobettes fullprice et telle un prophète de la Semaine Rouge, je répand la bonne nouvelle.)

J’aime vraiment le mot ‘bobettes’ 🙂

J’ai acheté deux paires Mme L’Ovary à leur kiosque à la Foire Écosphère de juin dernier. Malheureusement, quand j’ai eu mes règles quelques semaines plus tard, j’ai réalisé que j’avais reçu deux paires Medium au lieu de X-Large. Nooonnn! J’avais tellement hâte… j’ai écrit à la compagnie et ils m’ont rapidement envoyé ce que j’avais payé (une paire de nuit et une paire de jour, modèle bikini, taille XL) et une étiquette prépayée pour que je leur envoie celles que j’avais en main. Service efficace, courtois et rapide. On aime ça!

J’ai eu mes règles mardi et j’avais dont, dont hâte d’essayer mes nouveaux sous-vêtements. Ma pire journée est la deuxième, donc mercredi; je voulais commencer doucement. J’ai donc essayé le modèle de nuit dans la nuit de mercredi à jeudi et le modèle de jour, hier (jeudi).

C’est quoi des bobettes menstruelle?

Ce sont des sous-vêtements conçus pour accueillir le flot menstruel (comme une serviette hygiénique intégrée); ils peuvent aussi être utilisés en combinaison avec une coupe menstruelle. Leur popularité a explosé il y a quelques années et les publicités pour THINX et autres compagnies similaires ont fait leur apparition à la télévision et sur les réseaux sociaux.

J’utilise une coupe menstruelle depuis le printemps 2014 et je suis tombée en amour. Par contre, ça a fait augmenter la fréquence de mes crampes, particulièrement cette année. Dans la perspective zéro déchet, j’ai décidé de me lancer, mais j’hésitais entre les nombreuses offres sur le marché. Quand j’ai rencontré les femmes de Mme L’Ovary à leur kiosque, elles m’ont convaincu.

Alors, pourquoi cette compagnie?

  1. Chaque culotte de jour vient avec trois serviettes amovibles. D’après mes recherches, la majorité des autres compagnies offrent un modèle tout intégré. Donc, si j’ai un flot abondant, je devrais changer de bobettes au lieu de simplement changer la serviette amovible. Pas pratique au bureau…
  2. La compagnie est québécoise mais la fabrication se fait en Colombie. Ils gèrent eux-mêmes les travailleuses (donc pas de sous-traitants louches) et offrent des conditions de travail fantastiques. La qualité est là!
  3. Ils ont maximisé l’utilisation du coton bio (préférable pour l’environnement) en gardant en considération le prix final du produit. (Mais l’offre 100% bio s’en vient.)

Résultats du test

Je ne pensais pas aimer ça tant que ça. J’envisage même d’utiliser seulement des bobettes menstruelles quand j’en aurai suffisamment pour les cinq jours que durent mes règles.

Le seul inconvénient, c’est l’habitude! C’était bizarre de laisser tout ça « couler librement ». D’habitude, ça veut dire que je suis dûe pour vider ma coupe, ou que je l’ai mal placée. Mais j’ai aimé la sensation plus naturelle et l’abandon de contrôle que ça me procurait. Après tout, les menstruations sont naturelles et normales.

Mes plus grosses inquiétudes étaient le confort et les odeurs. Niveau confort, c’était parfait après m’être habituée. Je ne porte plus de serviettes hygiéniques depuis plusieurs années, donc de sentir une certaine épaisseur dans mes sous-vêtements, c’était un peu bizarre les premières heures, mais j’ai fini par m’y faire. Pour les odeurs – rien du tout. Il paraît que les menstruations dégagent seulement des odeurs lorsqu’elles entrent en contact avec des matières synthétiques. Comme les tissus utilisés dans la fabrication sont naturels, ça ne sentait rien du tout. Woohoo!

J’ai utilisé une seule serviette pour toute la journée, mais à ma pire journée, je pense devoir en utiliser deux, voire même les trois. Les bobettes viennent dans un petit sac imperméable discret, où on peut placer notre serviette souillée jusqu’au retour à la maison. (Je ne voulais pas me lancer là-dedans avant de tester pour les odeurs. Pas envie que ma sacoche sente la patch…)

Pour laver, rien de plus simple. J’ai fait tremper quinze minutes dans l’eau froide, puis j’ai essoré et je laisse sécher jusqu’à ma lessive et je vais les faire sécher à l’air. J’ai utilisé l’eau de rinçage pour arroser mes plantes d’intérieur – le sang menstruel est méga nourrissant. Même si mon chum trouvait ça dégueulasse. (Oui, l’eau était rouge et elle sentait légèrement le fer. Je préfère de loin utiliser mes menstruations à bon essient que de tout flusher dans la toilette… toujours dans l’optique zéro déchet!)

Je suis revenue à mon duo coupe + protège-dessous aujourd’hui et je m’ennuie déjà de la sensation de liberté que j’avais hier 🙁 je trouvais que c’était particulièrement pratique au bureau, où c’est plus difficile avec une coupe; il faut tout faire dans la cabine, on n’a pas accès à un lavabo à soi, c’est moins plaisant.

Bref, je vous les recommande fortement. Si vous êtes capables d’aller les voir dans un kiosque, vous économisez les frais de livraison (ce que j’ai fait). Elles sont aussi disponibles dans quelques boutiques (pas à Québec) et évidemment en ligne sur leur site web.

Bonne Semaine Rouge!

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Le découragement écologique

Tout le monde est dont vert et éco, tout le monde recycle. Ma génération est dont conscientisée. On fait dont notre possible.

Oui et non, en fait. Collectivement, on est vraiment loin d’en faire assez. On tombe facilement dans le piège du découragement et de la déresponsabilisation. Ce n’est pas notre faute. C’est au gouvernement d’agir. Blâmons les grosses corporations. Ça ne changera rien, de toute manière. Il est trop tard.

Dans cette optique, arrêtons de faire des enfants et attendons de mourir.

Cette semaine j’ai lu Lettres à mes petits-enfants de David Suzuki. Mardi soir, après avoir lu une lettre particulièrement déprimante qui faisait état de tous les problèmes écologiques de la planète, je me suis sentie impuissante, démunie et extrêmement démoralisée. Hier soir, j’ai regardé la télé pendant deux heures. Pas très productif. Je suis allée me coucher en me sentant poche. Parce qu’au lieu de chercher ce que je pouvais faire, moi, j’ai regardé la télé pendant deux heures.

J’ai donc fait quelques recherches aujourd’hui. Je connaissais déjà le Global Footprint Network (j’en parle un peu plus loin), mais je suis retournée sur le site pour me rafraîchir la mémoire. Ensuite j’ai visité le site web de la Fondation David Suzuki: la section « Passez à l’action » est assez intéressante. J’ai décidé de réfléchir à ce que je faisais déjà et à ce que je pouvais faire. C’est certain que mon virage zéro déchet aide. Pratiquer les cinq R. Le minimalisme. Le transport en commun. Partager le mouvement le plus positivement possible. J’ai récemment décidé de me reconvertir au végétalisme (je suis pescétarienne depuis environ un an) pour des raisons d’éthique et d’écologisme.

Mais je tombe souvent et facilement dans le découragement. Dans le fond, qu’est-ce que ça change? Je me sens seule, malgré les commentaires positifs et les appuis de ma famille, mes amis et mes collègues. Quand on ne voit pas le résultat concret de ses actions individuelles, à part un tas de compost et un bac de recyclage moins plein, c’est difficile de conserver sa motivation.

C’est la raison pour laquelle je dois parfois me donner une petite claque en lisant des livres comme celui de David Suzuki, en regardant des documentaires, en réfléchissant à la question et à l’impact de notre société sur la Terre. Je n’exagère même pas en affirmant pleurer quand je pense aux images des coupes à blanc. Ça me fend le coeur, ça me traumatise. On devrait tous se sentir extrêmement responsables. Ensemble, on peut agir. Un tout est tellement plus important que la somme de ses parties. Un citoyen qui s’engage, c’est bien. Dix mille citoyens qui s’engagent, ça fait changer les choses en tabarnak.

Qu’est-ce qu’on peut faire? Voici quelques pistes de solutions proposées par le Earth Overshoot Day. Qu’est-ce que c’est? Cette date, calculée chaque année, représente la date à laquelle la demande humaine pour les ressources et services écologiques dans une année donnée excède ce que la Terre peut regénérer cette même année. En 2018, cette date est le 1er août. Donc, en sept mois, on utilise ce que la Terre peut regénérer en un an. Ouch, pas super efficient, l’Homme…

Les villes

Le transport personnel représente 14% de l’empreinte écologique de l’humanité. Sur le plan individuel, favoriser l’utilisation du transport en commun et les déplacements verts (la marche, le vélo, etc) sont d’excellentes initiatives. Sur le plan sociétal, le développement urbain joue un grand rôle. Regardez Neufchâtel, quartier super récent dans lequel j’habite: il est conçu pour favoriser l’utilisation de l’automobile. Le tracé des rues est inefficace (on doit en emprunter trois pour arriver à destination, par exemple), ça été pensé à la méthode tourbillon, où chaque ilot d’habitations est isolé des autres. Regardez Limoilou; ses rues en quadrilatère facilitent grandement les déplacements en transport en commun et à pied.

L’énergie

En gros: fuck le carbone. C’est prouvé (pas désolée, sceptiques du changement climatique), les émissions de gaz à effet de serre sont extrêmement nocifs pour la couche d’ozone et pour l’environnement. L’utilisation des énergies carbones contribuent pour 60% de l’empreinte écologique de l’humanité. Sur le plan individuel, il faut impérativement réduire notre utilisation de ces énergies (pétrole, charbon, tourbe et gaz naturel). Sur le plan sociétal, la demande, et donc l’offre, pour les produits de consommation qui utilisent des énergies vertes-renouvelables (par exemple, les véhicules électriques) doit augmenter; l’information concernant ces produits doit être facilement accessible; et les compagnies doivent constamment améliorer leur efficacité énergétique et diminuer leur impact environnemental.

La nourriture

Soit 26% de notre empreinte écologique. Ici, il y a des choix à faire, et de l’information à distribuer. La production de calories animales nécessite beaucoup plus de ressources que les calories végétales. Le gaspillage alimentaire contribue également au problème – un tier de la nourriture produite pour la consommation humaine sur Terre est gaspillé. Sur le plan individuel, favoriser un régime végétalien (heureusement de plus en plus accessible) ou du moins réduire sa consommation de produits du règne animal est un pas dans la bonne direction, comme l’achat local et le compostage. Sur le plan sociétal, les mentalités doivent changer et nous devons enrayer le gaspillage alimentaire du début à la fin de la chaîne de production en améliorant les processus en place.

La population

C’est un sujet délicat. Y a trop de monde sur la Terre. Personne ne veut se faire dire de faire moins d’enfants, et les gouvernements occidentaux capotent parce que leur population est en déclin. Faut faire autant de flos que les autres, ça l’air. En ce moment, il n’y a littéralement pas assez de Terre pour le nombre d’habitants qui s’y trouvent. Tout le monde a sa responsabilité. Si on diminuait la taille moyenne des familles de seulement ½ enfant, ça aiderait déjà. Sur le plan sociétal, les féministes doivent continuer à se battre pour que les filles et les femmes de partout aient plus d’opportunités et de possibilités; qu’elles aient d’autres options que de seulement faire des enfants. Nécessairement, il y en a qui vont tout de même faire ce choix; mais je vous garantis qu’elles ne le feront pas toutes, loin de là.


Malheureusement, leur site web est seulement en anglais, mais si ça vous intéresse, leur section Steps to MoveTheDate est très complète et concrète. J’aime beaucoup le Calculateur d’Empreinte (disponible en français!) et j’ai obtenu 1.4 planètes – ma date est le 24 septembre. Le test prend en compte les impacts personnels et sociétaux. Il me permet d’identifier deux catégories dans lesquelles je peux grandement m’améliorer: le transport et les services (les impacts sociétaux).

Les petits graphiques sont bien cool, mais il ne suffit pas d’absorber l’information – il faut y réfléchir et prendre action. C’est pourquoi je vous reviendrai avec un autre article sur le sujet.

Quels sont vos résultats?

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Testé et approuvé: le déo maison

J’ai entendu parler du déo maison pour la première fois en 2014, quand j’ai lu Zéro Déchet de Béa Johnson. Je trouvais ça ridicule.

Beaucoup d’eau a coulé sous les ponts et le mot aluminium a commencé à apparaître un peu trop souvent à mon goût dans des polémiques anti-déo. Puis je me suis lancée dans le zéro déchet cette année, ce qui implique pas mal de DIY et de changements d’habitude.

J’utilise le même déodorant depuis littéralement toujours. J’ai changé de parfum 3 fois, chaque fois parce que le mien était discontinué. Je suis une femme d’habitude.

Vers la fin du printemps, j’ai décidé d’essayer de passer une journée sans déodorant, juste pour voir, en me disant: le pire qui va arriver, c’est que tu vas puer un petit peu au bureau une fois, tant pis. À mon grand étonnement, ça s’est super bien passé. C’était une journée super tranquille, pas de gym le matin, je suis allée prendre une marche au parc à la place, et après la douche, pas de déo. J’ai une job de bureau, je ne bouge pas beaucoup, pourtant j’ai tendance à suer quand même naturellement, mais je n’ai pas pué cette journée-là.

Ni les suivantes.

J’ai donc adopté une politique initiale de mettre du déodorant seulement pour aller au gym. Même si je suis presque toujours seule là-bas le matin, au cas où. Puis l’été est arrivé et j’ai recommencé à mettre un peu de déo pour les journées chaudes, surtout si je prévoyais aller dîner au parc ou prendre une marche sur l’heure du lunch.

Le 20 juin, j’ai suivi une formation avec Craque-Bitume pour fabrication de déodorant et de crème solaire maison. Je connaissais déjà les recettes (faciles à trouver en ligne), mais je n’étais pas game d’essayer ça chez nous toute seule. J’ai une peur atroce de l’échec. En plus on repartait avec un échantillon de ce qu’on avait fabriqué, les ingrédients étaient fournis, ça me rassurait. Ça été une super soirée et j’ai placé mon petit pot mason avec 2-3 cuillères à soupe de déodorant beige dans mon armoire de salle de bain.

J’en ai mis le lendemain, en suivant les conseils de la prof, j’ai passé une belle journée sans puer (et j’ai beaucoup marché ce jour-là, dans des températures d’environ trente degrés) et c’était super cool.

Depuis une semaine, j’ai abandonné le déo pour le gym. Je n’y suis qu’une demi-heure, et je me suis rendue compte que je sentais à peine la sueur quand j’allais prendre ma douche (pourtant, j’ai tellement, tellement chaud, j’ai des coulisses à grandeur du corps).

Considérations pour le déodorant maison

  1. C’est un déodorant, pas un antisudorifique; il ne bloque donc pas la transpiration, il élimine juste l’odeur aigre. Si vous utilisez présentement un antisudorifique, il faut s’habituer à sentir une certaine moiteur sous les aisselles quand on change pour un déodorant.
  2. Je conseille fortement l’application au doigt, car l’application au bâton, même si elle est possible, en utilise beaucoup trop. Je mets environ une demi cuillerée à thé sur chaque aisselle, avec un doigt, je l’étends ensuite sur toute la surface (là où les poils poussent) avec ma main.
  3. Apparemment que la cire d’abeille peut tacher les vêtements pâles (blancs) et l’huile de coco peut faire des taches de gras. Je n’ai jamais eu ce problème (mais je ne porte pas de blanc), par contre beaucoup de gens croient c’est surtout lié à une trop grande quantité d’application.
  4. Assurez-vous d’utiliser un contenant bien propre et hermétique (j’utilise un mini pot Mason).
  5. Même pendant la canicule, il a gardé une bonne texture crémeuse (la température est montée à 32*C dans le condo). Par contre, comme pour tous les produits corporels, on le range dans une armoire et on évite de le laisser exposé au soleil.

Peux-tu nous donner la foutue recette? (en italique les options d’ingrédients que nous n’avons pas utilisé pour notre recette du 20 juin)

  • 6 c. à soupe (90 ml) d’huile de noix de coco
  • 1/4 tasse (60 ml) de bicarbonate de soude sans alun ou d’argile blanche
  • 1/4 tasse (60 ml) de fécule de maïs ou d’amarante
  • 20 g. (1 c. à soupe) de cire d’abeille râpée
  • 36 à 45 gouttes d’huiles essentielles au choix (facultatif) – ratio: 2 à 3 gouttes par 5ml d’huile*
  1. Dans un chaudron ou au bain-marie, faire fondre l’huile de noix de coco et la cire d’abeille à feu doux.
  2. Éteindre le feu, ajouter le bicarbonate de soude et la fécule de maïs en tamisant pour éviter la formation de grumeaux.
  3. Retirer du feu et ajouter les huiles essentielles.*
  4. Mettre dans un contenant, étiqueter et utiliser!

*Les huiles essentielles conseillées pour la fabrication de déodorant: ces huiles ont des propriétés antibactériennes et antiseptiques, en plus de diminuer les odeurs:

  • Lavande
  • Tea tree (arbre à thé)
  • Sapin
  • Palmarosa
  • Sauge sclarée
  • Bergamote (utilisée pour la recette du 20 juin)

Renseignez-vous bien avant d’utiliser n’importe quelle huile essentielle, car elles ne vont pas toutes sur la peau. Passeport Santé offre un excellent guide.


Pour ma part, j’utilise encore mon bâton de déodorant normal de temps en temps, histoire de le terminer (je suis cheap). Mais neuf fois sur dix, j’utilise mon déodorant maison. Je l’ai testé: au bureau; chez moi; dans la canicule (plus de 40 degrés Celcius); au gym; en courant à l’extérieur… et il a passé le test, chaque fois.

Bon déodorisage!

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