Vivre et laisser vivre. Un manifestre contre l’ostracisation des femmes.

En fin de semaine dernière on est allés camper à Pointe-Taillon et c’était super cool.

Sur la route du retour, grand classique, nous nous sommes arrêtés à L’Étape. L’Étape est au Lac ce que la traverse de Tadoussac est à Baie-Comeau; le lieu d’arrêt nécessaire, mérité, overpriced, où on rencontre toujours quelqu’un qu’on connaît, et où la file d’attente pour les toilettes des femmes s’étire à l’infini.

J’avais vraiment envie de pisser, et devant moi se trouvait un groupe de jeunes femmes de peut-être seize ans, habillées à la mode, le genre joueuses de volleyball; elles étaient cinq, elles déconnaient ensemble, bref, elles avaient seize ans. Sort des cabines une autre jeune femme, peut-être un peu plus vieille, vêtue d’un petit tube top jaune, pas de brassière, avec un macaron FEQ épinglé dessus et d’un jean moulant. Une festivaleuse, quoi.

Les cinq adolescentes de la regarder passer en silence, puis se lancer des regards moqueurs et lancer leurs commentaires. « Pas de classe » est revenu souvent, mais celui qui m’a le plus choqué, c’est:

Petite pute.

Je n’ai rien dit, parce que, ben, je n’ai pas de bonne excuse, je n’ai juste rien dit. J’étais estomaquée. Et très mal à l’aise. Je n’ai rien dit. Je suis allée pisser. Entre-temps une madame, genre leur chaperon, est venue les voir, leur a jasé un peu, et j’avais le goût de lui dire: madame, saviez-vous que celle-ci a pensé d’une autre femme qu’elle était une prostituée de petite taille et de petite vertue (sous-entendue)?

Je n’ai rien dit, et je suis toujours mal à l’aise cinq jours plus tard. Petite pute. Petite pute à top jaune qui va au festival d’été. Petite pute.

Pourquoi?

Pourquoi on se juge de même? Pourquoi, en voyant cette femme-là, je n’ai absolument rien pensé d’autre que « je me demande si elle va au FEQ ou si elle en revient »? Pourquoi est-ce qu’elle n’aurait pas le droit de s’habiller de la foutue manière qu’elle veut sans recevoir de commentaires? Pourquoi? Pourquoi?

Je ne comprends pas.

Dans le même ordre d’idées, j’ai jasé avec un collègue masculin cette semaine de la foule plus jeune du FEQ. Il n’en revenait pas de la façon dont les ados étaient habillées. Seulement les filles, évidemment, parce que c’est tellement sexuel, un corps de femme. Il m’a lâché qu’il capoterait d’être père et de voir sa propre fille partir habillée de même pour aller à un festival de musique.

Je l’ai obstiné, là, j’ai osé parler, parce qu’on se connaît. Si t’avais un gars, tu penserais jamais de même, hein? Pourquoi ta fille c’est grave, mais ton gars peut se montrer comme il veut?

Sa réponse était classique – « ben, parce que c’est pas la même affaire ».

Pourquoi? Pourquoi?

Petite pute. Je l’aimais bien, moi, son top jaune, j’aimerais ça être capable de porter des tops-tube et la couleur jaune, mais je trouve pas ça beau sur moi.

Je suis chanceuse, j’ai gagné des passes VIP OR pour aller voir Lorde sur les plaines ce soir, précédée de Cyndi Lauper (holy shit).

Ce matin, je suis partie précipitamment de chez nous, je n’ai pas rasé mes aisselles depuis plusieurs jours et je suis poilue. Et je porte un vêtement assez ouvert, genre coupe chauve-souris. Au bureau, je ne lève pas vraiment les bras, mais au FEQ, je vais les lever, mes bras, et les gens vont voir mes poils, les gens vont voir que je ne me suis pas rasée.

Au secondaire, quand on avait piscine en éduc, j’apportais mon rasoir dans mon sac pour me raser une minute avant d’entrer dans la piscine, de peur qu’une racine d’un demi-milimètre puisse apparaître.

Là, je m’en câlice pas mal, ou j’essaye de m’en câlicer. À soir, tout le monde va voir mes poils. Mes jambes ne sont pas plus faites et j’ai retroussé mes jeans un peu.

Petite pute.

Malpropre? Over-the-top féministe? Qu’est-ce qu’elles vont dire, les volleyballeuses de seize ans? Lesbienne?

C’est difficile de s’en foutre quand on sent les regards, quand on voit les gens chuchoter.

Je finirai sur cette note: quand j’ai vu Deadpool 2 au cinéma et que j’ai vu que le personnage de Domino (la fille hyper chanceuse) avait les aisselles poilues, j’ai quasiment joui. J’étais tellement heureuse de voir ça au cinéma que j’en aurais pleuré. J’y pense souvent, depuis le temps. Je l’aime bien, l’année 2018.

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Boucliers imaginaires

Je suis le Québec, quand je neige, je neige en christ. Je suis le Nord-du-Québec, je neige tout le temps, je ne connais pas l’été. D’ailleurs je n’y suis jamais allée, mais je sais que je suis là, je suis ça.

Parlant du christ, il doit être découragé de me voir aller.

Mon deux et demi ne me contient plus. Difficile de tourner en rond dans seulement deux pièces. La demie, c’est un placard qui contient une toilette. Alors je vais tourner en rond dehors, mon coeur goutte-à-goutte sous le soleil sans jamais fondre complètement. S’il neige, s’il pleut, j’attends la presque-engelure avant de retourner à la clémente humidité de l’appartement. Je sèche à l’air libre.

Le soir, je me couche en cuillère avec mon chat, dans un lit trop grand pour notre couple interracial d’amour chaste. Quand je suis incapable de me contenir moi-même, j’écrase mon visage dans sa douce fourrure et je crie. Ça étouffe les sons. Il n’aime pas trop, mais il n’a pas trop le choix non plus. Il a probablement le cancer, à force que je lui crie dedans. C’est normal, il est à moitié Homme, et tous les Hommes meurent du cancer un jour ou l’autre.

Il n’y a rien d’autre, que lui et moi, et les milliards d’étrangers tenus à distance par mes boucliers imaginaires.


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Chaque geste compte, ou comment combattre la défaite

Le changement, c’est difficile.

Je ne vous apprends rien. Changer nos habitudes, mentalités, préjugés, philosophies de vie, changer de carrière, de chum… ça prend toujours une bonne dose de résilience, voire de résignation. Ça prend de la volonté, particulièrement quand nous faisons un choix conscient.

Devenir végétarienne, minimaliste, vivre quatre séparations et une quinzaine de déménagements… commencer à méditer, intégrer les Lean Habits et faire du sport… c’est quasiment done deal maintenant mais, dans le temps, il a fallu que je commence quelque part.

Comme en février dernier, quand j’ai décidé de prendre le virage Zéro Déchet. Comme d’habitude, je me suis garrochée à 150% dans l’aventure, avec l’envie d’aller le plus rapidement possible. Mais il y avait tant à faire, j’étais si loin du but. Le découragement s’est rapidement pointé le nez.

À l’époque je m’étais donc bâti un espèce d’aide-mémoire avec des idées de changements à apporter. Sur le coup, mon fichier Google Drive d’une dizaine d’onglets (oui, je suis organisée à ce point-là) me donnait des vertiges. Maintenant, il m’inspire. J’ai changé ma perspective et je me donne des mini-buts à atteindre chaque semaine. Parfois je fais de grands bons, parfois des changements très minimes. Mais ça avance.

Je vous partage donc ici tous les petits changements que j’ai faits depuis mars, donc en presque quatre mois. Un excellent début selon moi!

Nourriture

Ce que je faisais déjà avant: utiliser le plus possible les légumes. Par exemple, je ne pèle jamais mes carottes ni mes patates (oui, même si je fais des patates pilées, je sais, c’est bizarre). On fait aussi l’épicerie avec une liste, on achète très peu de produits transformés (qui forcément génèrent plus de déchets avec les emballages) et on jette très rarement de la nourriture à la poubelle.

Ce que j’ai implanté: le vermicompostage, depuis le 15 juin. La majorité des déchets de table peuvent être compostés, à l’exception des agrumes, de la viande et du poisson (qu’on produit très peu chez nous de toute manière) et de ce qui est vinaigré, trop salé ou trop gras. J’ai aussi acheté une capsule réutilisable pour notre Keurig (le marc de café se composte) et on n’a presque plus de capsules à passer.

Prochaine étape: c’est facile de se concentrer sur nos propres poubelles, mais on oublie souvent ce qui est généré hors de la maison. Ma prochaine étape sera donc mes habitudes de consommation au restaurant; non seulement y aller moins fréquemment, mais aussi refuser les pailles, amener ma propre serviette en tissu et amener mes contenants pour le takeout.

Épicerie & cuisine

Ce que je faisais déjà avant: je réutilisais mes sacs Ziploc en les lavant entre chaque utilisation jusqu’à-ce qu’ils soient troués ou trop usés.

Ce que j’ai implanté: au lieu de les recycler, je conserve les contenants de yogourt et de fromage cottage pour en faire don aux banques alimentaires et aux épiceries zéro déchet. J’ai cousu des serviettes de table que nous lavons après utilisation.

Prochaines étapes: les déchets de la cuisine (j’inclus les contenants recyclés) représentent presque toujours le plus gros volume des poubelles d’un foyer. J’ai  deux volets à ma prochaine étape: les contenants et les outils. Pour les contenants, je veux amener mes propres bocaux à l’épicerie (il y en a plusieurs à Québec qui les acceptent, dont trois entièrement zéro déchet) et acheter en vrac. Pour les outils, je veux trouver des alternatives au papier parchemin, au papier d’aluminium et à la pellicule de plastique.

Entretien

Ce que je faisais déjà avant: j’utilise toujours des guenilles que je lave après utilisation, peu importe le type de ménage à faire, même pour la peinture.

Ce que j’ai implanté: en ce moment, j’attends que nous finissions la panoplie de produits ménagers que nous avons en stock. Je conserve quelques contenants-spray vides pour faire mes propres recettes.

Prochaine étape: ne plus acheter de produits commerciaux pour faire l’entretien, que ce soit laver les planchers, la salle de bain ou la cuisine, faire le lavage, ou laver la vaisselle.

Hygiène

Ce que je faisais déjà avant: j’utilise une coupe menstruelle depuis 2014 (plus de tampons ni serviettes hygiéniques, seulement des protèges-dessous).

Ce que j’ai implanté: j’ai fait l’achat de sous-vêtements Mme l’Ovary (pas encore testés par contre!). J’ai cousu mes propres tampons démaquillants que je lave après utilisation. J’utilise un seul savon en barre (Madame Tignasse) pour me laver les cheveux et le corps et aucun autre produit dans la douche.

Prochaines étapes: je me bats sur plusieurs fronts dans la salle de bain! Toilettes: installer un bidet amovible et acheter du papier de toilette 100% recyclé emballé dans du papier. Je pense faire le saut vers le papier de toilette réutilisable un jour. Maquillage, crème hydratante, shampoing sec et déodorant: utiliser mes recettes maison seulement. Soie dentaire et cure-oreilles: trouver des alternatives.

Courrier & papier

Ce que je faisais déjà avant: recevoir toute ma correspondance par courriel, lorsque l’option était facile à activer.

Ce que j’ai implanté: j’ai demandé l’autocollant de Publisac pour arrêter d’en recevoir (il est collé au-dessus de la poignée de porte et depuis, pas un seul!). J’ai également demandé l’autocollant de Postes Canada pour ne plus recevoir de publicité dans notre boîte aux lettres. Je me bats avec quelques-uns qui nous envoient du courrier semi-adressé, dont l’intempestif Bell, le pire de tous. Par exemple, Costco ne m’envoie plus leur magazine trimestriel, ni les coupons papier, mais il a fallu que je parle à trois personnes avant que ce soit mis en place.

Prochaines étapes: réutiliser au maximum le papier avant de le recycler. Par exemple, utiliser une enveloppe pour faire ma liste d’épicerie. Dans le fond – ne plus jamais acheter de papier!

Eau

Ce que je faisais déjà avant: pour la conservation de l’eau, je n’ai jamais été super on point… au moins je ne laissais pas couler l’eau du robinet quand je me brossais les dents 🙂 et je n’achète presque jamais de bouteille d’eau en plastique. J’amène ma gourde en métal lorsque j’y pense!

Ce que j’ai implanté: j’arrose mes plantes avec l’eau du déshumidificateur. J’arrête la douche lorsque je me savonne.

Prochaines étapes: diminuer le volume d’eau dans le réservoir des toilettes (avec une bouteille d’eau pleine ou une brique par exemple) et acheter un pichet pour le réfrigérateur (lorsqu’on utilise de l’eau chaude dans la cuisine, c’est très long avant qu’elle redevienne froide, on en gaspille pas mal à cause de ça).

Vêtements

Ce que je faisais déjà avant: j’achetais rarement neuf; le vêtement le plus écolo est le vêtement de seconde main.

Ce que j’ai implanté: je porte plus attention aux tissus utilisés et à la provenance du vêtement. Si j’achète neuf, j’achète de préférence (dans cet ordre) québécois, canadien ou américain, et je choisis des tissus naturels comme le coton biologique, ou bien du polyester recyclé pour les vêtements de sport.

Prochaines étapes: éventuellement, j’aimerais bien coudre mes propres vêtements et me constituer un « uniforme personnel » pour simplifier encore davantage cet aspect de ma vie.

Au travail

Ce que je faisais déjà: j’utilise le transport en commun pour aller travailler. Je n’imprime presque rien.

Ce que j’ai implanté: j’ai suggéré plusieurs modifications à nos processus pour produire moins de papier (ils ont tous été acceptés). À bas le status quo!

Prochaines étapes: informatiser à 100% le département des finances. Pourquoi pas!


J’espère que cette liste vous a inspirés. La morale de cette histoire, c’est qu’il faut commencer quelque part, et que le mouvement entraîne le mouvement, comme l’inertie entraîne l’inertie… c’était difficile au début, ce l’est encore. Une chance que j’adore les défis, et que celui-là est particulièrement motivant parce qu’il a un but autre que lui-même: la conservation de la planète. C’est pas rien. Et chaque petit geste compte.

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Hey what’s up

Ça fait longtemps, les amis.

Le printemps est arrivé, entre autres. Okay, il était là fin avril, mais pas tant. Pas tant.

C’est l’été aujourd’hui, il fait beau et je suis de bonne humeur. Qu’est-ce qui s’est passé en deux mois? Pas mal de choses.

  • J’ai fait mon spectacle de baladi. Quand j’ai vu le vidéo j’ai passé une mauvaise journée parce que je me trouvais vraiment grosse et laide. Genre sentiment profond de haine de soi. J’en ai pleuré le soir. Le lendemain je l’ai réécouté et j’ai décidé que j’étais vraiment bonne et belle et que je m’ennuyais déjà des cours.
  • Parlant de baladi, j’ai torché en couture en faisant moi-même la jupe que j’ai porté pour deux numéros, un projet d’une douzaine d’heures.
  • J’ai commencé (enfin criss) mon vermicompostage. J’adore mes petits vers, je les chouchoute. En ce moment ils dévorent des feuilles mortes de plantes d’intérieur, de l’écorce d’ananas, des coeurs de pomme, des pieds de brocoli, des épluchures d’oignon et d’autres délicatesses. Je ne leur ai pas (encore) donné de noms (ils sont difficiles à distinguer les uns des autres).
  • J’ai intégré une application de méditation à ma routine matinale. J’avais vraiment de la misère à méditer dix minutes toute seule. J’ai essayé Headspace, mais après dix sessions ça devient payant, alors depuis j’utilise Let’s Meditate. C’est cool, quand j’ai un peu plus de temps j’en fais d’une vingtaine de minutes, sinon je vais entre cinq et douze, mettons.
  • J’ai commencé à courir plus régulièrement (lire: une fois semaine). J’ai décidé cette année de faire de la course de plaisir. C’est-à-dire que je n’ai aucun objectif, aucune métrique, que je fais juste courir une fois par semaine au parc en allant selon ce qui me tente et en marchant quand je veux une pause. Courir pour me dépasser, ce n’est pas pour moi (je vais au gym pour ça).
  • Parlant de gym, je suis en feu et je suis en train de battre tous mes records de levée de poids, autant au deadlift qu’au chest press. Je suis la reine des squats.
  • J’ai reçu la confirmation de mon bail de villégiature pour me bâtir un chalet au nord de Baie-Comeau. Ô joie! J’ai déjà trouvé un nom pour mon chalet, mais il sera révélé à la pendaison de crémaillère dans deux ans, le temps que je change d’idée seize fois.
  • Mon processus Zéro Déchet avance régulièrement. J’ai suivi une formation pour fabriquer ses propres déodorant et crème solaire et je me prépare aux épiceries en vrac. Plus sur ce sujet dans un prochain article.
  • J’ai envie de créer sans barrières. J’ai envie d’écrire juste pour moi. Je me retiens souvent d’aborder des sujets trop souvent dans mon blogue parce que je me dis que le monde va s’écoeurer. Entre-temps j’ai décidé de m’en câlicer. C’est moi qui paye le nom de domaine après tout. (C’est vraiment pas cher pour vrai c’est même pas un argument)
  • Je suis allée en Irlande. Cimonaque j’avais oublié que ça s’était passé depuis mon dernier article. Pas drôle. Mais le voyage était malade. Je suis pas du genre à faire un article là-dessus mais en résumé c’était beaucoup de moutons, des paysages à couper le souffle, des gens sympathiques et un puissant sentiment de liberté.
  • Je ne vais pas au FEQ.
  • J’ai un gros été qui s’en vient, j’ai hâte à tout et en même temps ça va passer trop vite, comme d’habitude.
  • J’ai pimpé ma page À Propos si ça vous tente d’aller rire de ma gueule.
  • Mes cheveux s’en viennent longs, presque aux épaules, mais c’est tellement humide ces temps-ci que ça paraît pas tellement. D’ailleurs j’ai switché à un shampoing en barre, je le recommande, j’en parlerai dans un prochain article.
  • Je me suis acheté des vêtements la semaine dernière pour la première fois depuis début mars (quand j’ai remplacé ma paire de jeans avec un énorme trou au genou). Deux hauts au Village des Valeurs pour quatorze dollars. Par la suite j’en ai sorti quatre de mon garde-robe parce que je ne les portais plus vraiment. Total de morceaux dans ma garde-robe: 22 (2 blazers, un coton ouaté, 2 robes, 3 camisoles, 6 t-shirts, 1 blouse, 2 pantalons, 1 short, 2 jupes, 1 legging).
  • J’ai trois nouvelles plantes à la maison pour un total de onze plantes ce qui commence à faire beaucoup dans le condo (moyenne de 2.2 plantes par pièce).

C’est pas mal ça, la vie est belle et tout va bien. Je suis hyper zen.

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Renracinements

À ma mort, enterrez-moi les pieds orientés vers le Nord,

Je m’y renracinerai enfin.

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Pensées de la Journée de la Femme

Je célèbre la Journée de la Femme parce que (sans ordre particulier):

  • Je veux sourire seulement quand ça me tente.
  • Je veux me sentir bien dans ma peau.
  • Je veux parler de menstruations sans susciter le dégoût.
  • Je veux voyager seule sans avoir peur.
  • Je veux pouvoir décider de ce que je fais avec mon corps.
  • Je veux avoir accès aux mêmes opportunités que les hommes.
  • Je veux qu’on me prenne au sérieux.
  • Je veux porter des vêtements qui me plaisent.
  • Je veux me faire juger pour mes actions, pas pour mon apparence.
  • Je veux pouvoir choisir la famille ET la carrière.
  • Je veux qu’on arrête de blâmer mon SPM pour mes humeurs.
  • Je veux être plus qu’une paire de boules et un gros cul.
  • Je veux être la seule à avoir une opinion sur mon corps.
  • Je veux être confortable au gym.
  • Je veux décider de me maquiller, ou pas.
  • Je veux décider de porter des talons hauts, ou pas.
  • Je veux qu’on arrête de sexualiser mon corps.
  • Je veux que les produits de consommation ne soient pas genrés.
  • Je veux que toutes les femmes soient les égales des hommes, partout, tout le temps.
  • Je veux transmettre mon nom à mes futurs enfants.
  • Je veux que ceux-ci fassent leurs propres choix, qu’on ne leur impose rien.
  • Je veux apprendre à conduire une auto manuelle.
  • Je veux combattre les clichés.
  • Je veux m’exprimer.
  • Je veux que ce genre de choses n’arrive plus.
  • Je veux que la langue française devienne équitable.
  • Je veux être plus qu’une Femme. Je veux être Moi.
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J’ai réduit ma consommation d’alcool et je n’en souffre pas

Un des chapitres de Lean Habits traite des « gâteries » alimentaires, soit les aliments frits, sucrés et l’alcool.

En règle général, à l’exception de mes deux-trois jours de SPM, je n’ai pas de problème avec les aliments frits ou sucrés. J’en mange très rarement à la maison, et je ne les choisis pas systématiquement au restaurant. L’alcool, par contre…

Je tombe dans une espèce de catégorie hybride bizarre d’alcoolique pas alcoolique. Quand je ne bois pas, je n’ai pas vraiment envie de boire. Ça m’arrive parfois quand je vais moins bien ou que je veux décompresser, mais en règle générale, je gère très bien. Par contre, quand je commence à boire, ça devient exponentiellement plus difficile d’arrêter. Surtout quand c’est gratuit et disponible en grande quantité. Avoir trois bouteilles de vin à la maison, ou des tickets-boisson illimités au party de job.

Parlant de ces partys, ils sont fréquents et bien arrosés par tradition; je me suis donc rapidement bâti, comme d’habitude, une solide réputation de fêtarde. Réputation qui me faisait honte. Mais je faisais honneur à mes origines. Tout le monde sait que les nord-côtières savent boire comme cinq (j’étais rendue à six, je ne savais plus boire, mais c’est un détail).

Pendant longtemps j’ai repoussé l’idée de réduire ma consommation. J’ai bien fait quelques défis du genre trente jours sans alcool, et j’avais effectivement réduit, consciemment ou pas, la fréquence de ma consommation; mais les quantités demeuraient les mêmes, soit trop. Toujours trop.

Lorsque je me suis remise de ma chirurgie de janvier dernier, j’ai décidé de faire quelques recherches et de trouver un système qui fonctionnerait pour moi. Je n’avais pas envie de rendre mon chum/amis/collègues responsables de ma consommation en leur demandant de me watcher à tout bout de champ. Je voulais me responsabiliser.

Alors je me suis imposé une limite de deux consommations par semaine.

Et… c’est ça. Ça fonctionne. Je pensais que j’allais me rebeller contre la « règle », que ce serait invivable dans les partys. Mais je l’ai commencé en plein milieu de la Revengeance des duchesses, dont la majorité des activités se déroulent dans des débits de boisson, et je n’ai pas eu moins de plaisir.

Le truc, c’est que je planifie d’avance. Comme je suis une personne très peu sociable, je prévois généralement mes sorties à l’avance. Donc, quand l’occasion de boire se présente, je passe par deux réflexions:

1- Arrêter l’automatisme de disponibilité: est-ce que ça me tente de boire? Si oui, passer au deux:

2- Planifier: est-ce que j’ai prévu de boire une autre fois cette semaine? Si oui, je décide de soit ne pas boire du tout, soit seulement une consommation et d’en garder une « en réserve » pour l’autre événement.

Par exemple, je sortais prendre un verre avec un ami vendredi dernier (ce qui a fini en repas au resto à la place). Ça été prévu une semaine à l’avance. Le mercredi d’avant, je soupais au 47e Parallèle avec une amie pour son anniversaire, avant d’aller au théâtre. Ça, c’était prévu depuis genre novembre. Résultat, mercredi soir, une seule coupe de vin en soupant, et vendredi soir, une autre seule coupe de vin en soupant.

Est-ce que j’ai eu moins de plaisir? Non. Est-ce que je me suis sentie privée? Non. Est-ce que je vous ordonne de faire la même affaire? Si c’est ce que tu penses, tu me comprends mal en tabarouette depuis plusieurs années.

C’est comme une réalisation trop tardive que plus d’alcool ne signifie pas nécessairement plus de plaisir. Et même si l’alcool m’aide en situation sociale, je ne veux pas non plus qu’il devienne une béquille sans laquelle je suis incapable de parler aux gens ou d’être drôle. Je ne veux pas associer impérativement l’alcool avec la détente ou le plaisir. J’ai trouvé d’autres moyens de relaxer le vendredi soir, et j’ai décidé que je n’étais pas obligée de boire du vin avec mes sushi, ou de prendre deux pintes quand je sors à la micro.

Peut-être que cette ligne de conduite ne tiendra pas. Pour le moment, elle me convient… et je suis bien contente de me débarasser de l’étiquette de grande buveuse qui finit toujours ses soirées malades et/ou à brailler toute seule dans les rues sombres de Saint-Roch.

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Zéro Déchet: le début de l’aventure

Depuis quelques années, le premier janvier, au lieu de faire des résolutions que je ne suivrai pas de toute manière, je réfléchis à quelques buts que j’aimerais atteindre dans l’année et aux moyens d’y arriver. Cette année, un de mes buts était de produire moins de déchets.

En 2014, j’ai acheté le livre Zéro Déchet de Bea Johnson, dans une virée Costco, sur un coup de tête. Dans le temps où j’achetais beaucoup de livres (et beaucoup de tout). C’est la lecture de ce petit guide pratique qui a complètement changé ma vision de la consommation, de l’écologie et de mes habitudes en général. À l’époque, j’ai un peu réduit ma production de déchets, mais j’ai surtout mis le focus sur la simplification et le minimalisme.

Aujourd’hui, je consomme beaucoup moins et je ne possède pas grand-chose. C’est devenu mon mode de vie et j’en suis assez fière. Grâce à ces changements, j’ai pu complètement éliminer ma dette, réduire mon stress et même mettre de l’argent de côté pour me payer un voyage en Irlande, la construction d’un chalet dans le nord et enfin gâter mes proches (j’amène ma mère et ma soeur au spa bientôt!). Mes REER et CÉLI sont également contents du changement 🙂

L’été dernier, je suis déménagée dans le condo à mon chum et je trouvais que je sortais les poubelles vraiment souvent. Il me semblait que, pour un foyer de deux humains et un chat, on remplissait des sacs trop vite. En plus, il y a une poubelle dans chaque pièce du condo, moi qui avait l’habitude d’une seule poubelle pour tout l’appartement… et le bac à recyclage est tout le temps plein!

C’est de là que vient mon désir de réduire ma production cette année. Non seulement pour l’aspect pratique de ne plus avoir à sortir des foutues poubelles au container chaque semaine, mais également pour des raisons éthiques, écologiques, minimalistes… et pour relever le défi.

Ça fonctionne comment?

En suivant le principe des 5 R, et ce, dans cet ordre de priorité: refuser (ce dont on n’a pas besoin), réduire (ce dont on a besoin), réutiliser (ce que l’on a déjà), recycler et composter (« rot » en anglais).

Les deux premiers R sont devenus une seconde nature pour moi, grâce au minimalisme. Je consomme très peu de biens matériels, j’ai mis au courant famille et amis de mon désir de ne pas recevoir de biens matériels en cadeaux, etc. Pour ce qui est de réutiliser, cette pratique implique un nouveau changement d’habitudes, ainsi que le recyclage (prioriser les matériaux recyclables à l’infini comme le verre et l’aluminium) et le compostage (oui, même en condo c’est possible – et vraiment facile au final).

Une seule personne (ou deux en l’occurence) ne va pas changer grand-chose. À quoi ça sert?

Okay, c’est ton opinion. 🙂 c’est certain que si je m’asseois sur mes lauriers en ne changeant absolument rien… forcément, rien ne changera jamais.

Quand je suis devenue végétarienne, tout le monde me disait que ça ne durerait pas; pourtant, ça fait bientôt sept ans et demi et, bizarre! Je le suis encore. Même chose pour le minimalisme: on disait que c’était une passe, une mode. Mais depuis deux ans et demi, c’est devenu mon mode de vie et je n’ai vraiment pas l’intention d’en changer.

Même petite, j’étais inconfortable quand je pensais aux décharges municipales. Un immense terrain plein de déchets qu’on enterre et qui… restent là, à prendre de la place, immuables et éternels. Même les déchets organiques ne peuvent se composter en décharge, parce qu’ils n’ont pas l’apport en oxygène nécessaire pour le faire, étant enterrés sous des tonnes de déchets non-compostables. Au lieu de ça, ils se décomposent et produisent du méthane, un gaz beaucoup plus nocif que le dioxyde de carbone.

C’est évident que le changement est inconfortable. C’est beaucoup plus facile pour moi d’aller chez Maxi comme d’habitude et d’acheter des aliments suremballés, de commander sur Amazon et de jeter l’emballage plastique à la poubelle, de ne pas réfléchir et de continuer comme je l’ai toujours fait. Comme ça été difficile de changer mon alimentation au début, et mes habitudes de consommation. J’ai dû trouver des alternatives à la viande, sans sacrifier le goût ni l’apport nutritionnel; j’ai dû trouver d’autres moyens de me faire plaisir que de magasiner sans compter. J’ai réussi, et le résultat final est beaucoup plus satisfaisant que la situation initiale.

Je vois le Zéro Déchet comme un défi vraiment motivant à relever, pas une contrainte.

C’est vraiment trop, je ne serais pas capable.

Okay… c’est ton opinion! (Je me répète.) Pour ma part, j’ai décidé d’être proactive dans le processus, de chercher des solutions au lieu de me concentrer sur les problèmes, et d’y aller à mon rythme. Pour le moment c’est assez difficile de trouver l’équilibre entre « en faire trop à la fois » et « ne rien faire parce que c’est difficile ».

J’ai identifié trois étapes pour mon processus: premièrement, composter, parce que la majorité des déchets que nous produisons sont alimentaires. Deuxièmement, trouver des alternatives zéro déchet aux emballages alimentaires (épiceries en vrac, par exemple, et magasiner avec des sacs et bocaux réutilisables). Troisièmement, m’attaquer à tous les autres déchets de la maison, comme les emballages des produits non-alimentaires (produits de beauté, étiquettes de vêtements, factures…).

Je recycle déjà, c’est bien assez.

J’aimerais vous dire que oui mais, malheureusement, non.

Seulement le verre et certains métaux sont recyclables à l’infini; les autres produits ont une durée de vie limitée. Dans la majorité des cas, le plastique sera décyclé, c’est-à-dire transformé en un produit non-recyclable. Le papier peut être recyclé entre cinq et sept fois seulement. De plus, le recyclage nécessite beaucoup d’énergie, pour le transport des matériaux et la transformation. C’est une bonne alternative au gaspillage pur et simple, mais ce n’est pas l’unique solution au problème. D’où sa quatrième position dans les 5 R.

C’est déprimant; je ne sais pas par où commencer; c’est trop compliqué.

J’ai eu la même réaction, quand j’ai lu Zéro Déchet pour la première fois en 2014. Quand Bea Johnson parlait d’aller à la boulangerie avec sa taie d’oreiller pour transporter le pain, j’ai eu une espèce de convulsion de rage intérieure. Je me disais qu’elle était folle, que c’était trop intense, que si j’essayais ça, j’allais me faire regarder de travers. Trois ans et demi plus tard, je veux la copier.

Les quatre changements les plus faciles à faire sont: utiliser une bouteille d’eau réutilisable (de préférence en inox, le plastique peut être nocif) au lieu de bouteilles en plastique à usage unique; amener son thermos pour le café au lieu de verres en carton; traîner vos sacs réutilisables à l’épicerie; et arrêter d’utiliser des pailles pour boire (ou acheter une paille en inox réutilisable). Des changements super faciles qui font déjà une grosse différence.

J’ai déjà implanté d’autres changements depuis plusieurs années. J’utilise une coupe menstruelle au lieu des serviettes et tampons, par exemple. (Pour les non-fans, il existe aussi des sous-vêtements qui remplacent carrément la serviette sanitaire – testé et approuvé!) J’achète des vêtements d’occasion lorsque c’est possible. Je favorise les aliments locaux.

D’autres petits gestes faciles sont d’utiliser un filtre réutilisable pour la Keurig au lieu de capsules qui finissent à la poubelle. Garder des ustensiles dans l’auto et refuser ceux de plastique avec sa commande à l’auto. Préférer le tissu au papier pour les mouchoirs, serviettes de table et essuie-tout. Acheter du papier de toilette fait de papier 100% recyclé et non blanchi.

Composter est également une autre belle solution et j’écrirai davantage sur le sujet lorsque je serai lancée. (J’attends de recevoir une formation sur le vermicompostage en mars.)

En résumé…

Quand je consomme, je vote.

Donc, quand j’achète de la laitue lavée, coupée et doublement emballée dans du plastique, je dis: produisez plus de laitue lavée, coupée et doublement emballée dans du plastique.

De même, si je choisir de visiter les épiceries de vrac avec mes contenants et sacs réutilisables, je dis: continuez à fournir des aliments en vrac et à accepter mes contenants et sacs réutilisables.

C’est tellement facile de se sentir impuissant. Mais, au final, ce sont les consommateurs qui ont le gros bout du bâton. C’est facile de ne pas réfléchir, de ne pas changer, de fermer les yeux. Avez-vous déjà vu une décharge, une vraie dans la vraie vie? Moi, oui. Très décourageant, comme expérience. Ce qui est encourageant, c’est que je suis encore maître de mes décisions.

Le mouvement Zéro Déchet gagne en popularité et c’est tant mieux. Il existe plusieurs groupes de soutien sur Facebook, de nombreux blogues et une tonne de livres sur le sujet: je vous invite à plonger!

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Ma vie, post-Revengeance

Au cas où vous n’étiez pas au courant, je participais à la Revengeance des Duchesses cette année en tant que duchesse de Neufchâtel. Le couronnement était vendredi dernier, Anouchka (Aéroport) a gagné, et là, c’est fini.

En théorie, en fait. Parce que ça ne finit pas vraiment. Je ne savais pas trop à quoi m’attendre en m’embarquant dans ce projet-là – quelque chose que je ne fais jamais, un coup de tête irréfléchi, qui a changé ma vie.

Maintenant, il y a Joannie pré-Revengeance et Joannie post-Revengeance, et je l’adore, celle-là. Elle s’exprime, elle créé, elle explore. Elle participe et s’implique. Elle est enfin sortie de sa léthargie.

Depuis mon retour à Québec en juillet 2016, j’ai l’impression d’hiberner. En fait, pas les premiers mois. Je rédécouvrais une ville que j’avais abandonnée pendant un an et demi, un quartier en constante ébullition, une vie renouvelée. Mais j’ai recommencé à travailler, puis je suis tombée dans une routine boulot-dodo, ponctuée de virages de brosse malsains et de fins de semaine dépressives. J’avais encore une certaine envie sous-jacente de changer le monde, de participer à ma communauté et de partager avec tout le monde, mais c’était enterré, loin, sous dix pieds de gravier. Déménager à Neufchâtel n’a pas aidé, pas parce que c’est Neufchâtel, mais parce que c’est loin, parce que je vivais maintenant à distance du bouillonnement de Saint-Roch, qui était la seule chose qui me gardait vraiment groundée à la vraie vie.

La Revengeance a été un gros coup de pied au cul bizarrement agréable, et j’en ressors changée.

Premièrement, je viens tout juste de m’acheter un ordinateur portable (merci bonus de fin d’année), parce que je veux écrire davantage, que ce soit sur mon blogue ou pour moi-même. (Oui-oui, ça fait un an et demi que je suis sans ordinateur à la maison!)

Deuxièmement, je vais modifier Wumpa.Net et enfin oser explorer des sujets sur lesquels je me retenais d’écrire, entre autres le Zéro Déchet, le féminisme et l’implication citoyenne.

Troisièmement, parlant de Zéro Déchet, suivant une de mes résolutions 2018 (cachée – je l’avoue – je n’en ai pas parlé ici, seulement dans mon journal personnel, parce que je ne voulais pas de commentaires), je prends le virage cette année et j’en parlerai davantage dans un prochain article.

Quatrièmement, j’ai reçu ma machine à coudre, il me reste juste à… coudre. Je réfléchis au premier projet que je veux faire, et comme je n’ai pas fait de couture depuis genre dix ans, ça doit être simple. (Probablement des serviettes de table, aka napkins en tissu). Mon but d’ici à la fin de l’année est de porter une de mes créations. Donc, techniquement, je n’achète plus de vêtements. 😉 *insert intense pressure*

Cinquièmement, je sens que j’ai franchi une espèce de frontière invisible auto-imposée, et j’ai arrêté de m’excuser, ce qui m’a aussi donné le goût de lancer des discussions/débats/causeries sur toutes sortes de choses, d’y participer, et de faire évoluer les mentalités sans baisser les bras. C’est bien vague tout ça, mais bon, vous verrez bien.

Il fait beau aujourd’hui, un gros trois degrés, c’est bizarre, et je suis toute excitée à l’idée que ma vie prend un sens… qui a du sens. Ça fait-tu du sens?

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Récit de la journée où je suis tombée en amour avec Montréal contre toutes attentes

Lundi, le 15 janvier 2018.

C’est la journée où je devais me rendre à Montréal pour suivre une formation sur les fonctions VBA dans Excel. C’était réservé et payé depuis octobre, les billets de train, depuis un mois. L’horaire était serré, mais j’étais prête. J’avais hâte.

Comme d’habitude, j’étais hyper stressée la veille. Quand je dois respecter un horaire hors de l’ordinaire, comme de prendre un vol tôt le matin, je ne dors pas. Je me tourne et retourne dans mon lit en suant comme une truie en imaginant les pires scénarios, et je vérifie deux-trois-quatre-neuf fois que mon cadran a bien été réglé, à la bonne heure.

Je devais me lever à l’heure impie de quatre heures quarante-cinq. Un seul mot: arke. (Même si c’est pas un mot.) Et donc hier, à dix heures, je suis couchée dans mon lit, à me tourner et me retourner en imaginant les pires horreurs. Et si je mourrais dans mon sommeil? Etc.

J’ai trouvé une bonne technique, par contre: imaginer le pire scénario possible, et la solution au problème. Dans mon cas, c’était de ne pas me lever à temps et de rater mon train ultramatinal. Solution: les taxis offrent un prix fixe pour l’aller Québec-Montréal, ça aurait été ça.

Comme d’habitude, je me suis levée à l’heure. En quinze minutes j’étais douchée, habillée et à peu près présentable, hormis les cernes de six pouces qui soulignaient mes yeux avec pas vraiment de grâce. Le taxi est arrivé à l’heure prévue de cinq heures quinze. Sympathique chauffeur, qui était fasciné par les volutes de brume blanche qui flottaient sur le fleuve.

Minuscule gare de Sainte-Foy, passagers pressés, à l’air pas du tout endormis. On embarque, on part. C’est la première fois de ma vie que je prends le train. J’essaie de dormir, sans résultat. Je lis un peu, je travaille, je mange mon bagel en foutant du yogourt partout. Je regarde le beau lever de soleil sur les champs enneigés. Je m’impatiente du retard.

Parce que les trains, ça va de soit, c’est toujours en retard. On arrive à Montréal quinze minutes plus tard que prévu. Fuck. Je sors, aucun taxi en vue. Je me gèle les mains à essayer de comprendre où m’en aller, Google Maps toujours aussi lent sur mon cellulaire fossilisé de trois ans et demi. Je vais dans la mauvaise direction, je finis par trouver la station de métro, enfin. Je me perds dedans, comme toujours. Quand il est question des autobus de la ville de Québec, je suis une championne. Mais ne me parlez pas de métro. Je perds cent points de quotient intellectuel quand je passe les portes bizarres des stations qui sentent l’urine et la tristesse.

Je m’achète un billet, je l’insère, ça débloque. Non, en fait, ça me dit oui, okay, vas-y, mais la petite barrière en métal ne débloque pas. Ça y est, pensai-je, j’essaie d’entrer par une sortie, tout le monde se moque de moi, j’ai vraiment l’air touriste. Mais pourquoi est-ce que ça dirait « ok accepté go go go » alors que c’est une sortie?

Trop tard. Mon temps est écoulé, mon billet est utilisé et je suis encore du mauvais côté de la barrière.

Re-achat de billet. Re-essai de franchir la barrière. Je pousse comme une déchainée. Puis je comprends, je dois retirer mon billet de la petite fente. Ensuite ça débloque. Je me sens tellement stupide que j’en pleurerais.

Je déboule, j’attends le métro pendant qu’un monsieur aux quatre cheveux enduits de gel hurle à mes côtés (je ne saurai jamais pourquoi il beuglait). Le métro arrive, j’entre. Je compte les stations. Une-deux-trois. Quatrième, je sors. Je débouche sur Sainte-Catherine. Je pars encore dans la mauvaise direction. Montréal, pour moi, c’est partir constamment dans la mauvaise direction. Je finis par me rattraper. J’arrive enfin à l’édifice Pierre-whatever, rue Panet, à côté d’une vieille église. J’entre. Je demande la salle deux cent quatre.

Ah mais madame, cette salle n’est pas louée.

Comment, pas louée? je m’insurge en lui glissant ma feuille pliée en quatre sur le comptoir. J’ai une formation là à neuf heures ce matin, je suis juste un peu en retard.

Ah, [nom de la compagnie]? Pas mal sûrs qu’ils ont annulé…

Il prend son téléphone, confirme. Me regarde avec un sourire tout penaud. Les larmes me montent aux yeux.

Mais je suis montée de Québec pour ça, que je lui dis, comme si ça pouvait changer quelque chose. Comme si c’était de sa faute que je me sois levée à quatre heures quarante-cinq ce matin.

Il est désolé, je pars, j’appelle ma boss, je cours au Second Cup, my salvation. Commande un espresso double-court, m’installe dans le coin fauteuils, bois le liquide des dieux à petites gorgées, pas le meilleur moyen d’arrêter de trembler. Je suis, comme qui dirait, en tabarnak. Je change mon billet de train, pas question que je reste à Montréal jusqu’à six heures cinquante ce soir-là, mon ordi portable encombrant en tow, pour magasiner ou perdre neuf heures de ma vie. Non monsieur.

Heureusement, je me calme rapidement. Je travaille, je commence à rire de la situation. Je me tag dans un statut Facebook. Je reçois un courriel d’excuses de la compagnie, problème informatique ou whatever. Je people-watch les clients typiques de ce café du quartier gai, hommes soixantenaires bavards qui se font des accolades bourrues et jeunes étudiantes en communication avec Mac et cahiers de notes trendy.

J’ai toujours détesté Montréal. Je ne sais pas pourquoi mais, quand j’entre dans cette ville-là, je deviens agressive. Hors de question d’aller y vivre, où d’y passer plus de deux jours. Mais là, dans le Second Cup coin Sainte-Catherine et Panet, pendant les deux heures que j’y ai passées, je me suis mise à m’adoucir et à vouloir que Québec possède également un Second Cup dans un quartier gai et la clientèle cool qui va avec.

Je suis partie vers onze heures et quart. J’ai eu l’excellente idée de marcher jusqu’à la gare centrale. L’exercice me fera du bien, je me suis dit. Sauf qu’il faisait moins huit mille et que mon cellulaire, complètement gelé, m’a lâché à mi-chemin. Pas grave, j’avais juste à suivre De La Gauchetière à travers le quartier chinois, jusqu’aux gros bâtiments de briques brunes laittes du début de centre-ville. Heureusement, j’allais dans la bonne direction.

Gare Centrale. Je ne me sens plus les cuisses. Je finis par trouver le comptoir ViaRail, je paye mon nouveau billet, je vais chez McDo parce que fuck. Je commande à la borne parce que fuck. L’imprimante ne fonctionne pas et je dois retenir mon numéro de commande par coeur. Fuck. Vingt treize. Vingt treize. Quand le gars call treize-vingt, et que je vois la bouteille d’eau dans le plateau (y a juste moi qui boit de l’eau chez McDo), je m’élance. (Ben oui, j’ai des tendances dyslexiques en cas de gros stress.) Un gros filet-o-fish double tout poisseux de gras, yes. Juste ce qu’il me fallait pour me remettre de mes émotions. Je suis dég. J’enfourne les frites comme si je n’avais pas mangé depuis quatre jours.

Je me dépêche en vain de rejoindre les quatorze mille personnes en ligne pour l’embarcadère, puisque le train prend quinze minutes de retard (lire plus haut, re: habitudes de retard des trains). Je finis par m’écraser dans un siège. Je constate avec joie que je suis équipée d’une plogue. Je vais pouvoir utiliser mon portable sans angoisser de tuer ma batterie. Et y a personne assis à côté de moi. Et le soleil me tape dessus. Bon.

Je me demande ce qui m’attend à mon arrivée à Québec. Ou peut-être que le train va dérailler entre-temps. Ou que la Gare du Palais est en feu. Ou que les chauffeurs d’autobus font la grève. Je m’attends à tout.

Dans le fond, j’aurais dû rater mon cadran et ne pas me pointer, ça m’aurait sauvé une journée de sueurs.

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